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par An@é (son site) samedi 18 février 2012 -

Les outils numériques d’un enseignant


Publié par Mario ASSELIN sur son blog

 

 

Lorsque j’étais directeur d’école, je me souviens au début des années deux mille d’avoir été mal à l’aise lorsque des parents visitaient les lieux à l’occasion des portes ouvertes. Quelques parents avaient fréquenté l’école quand ils étaient gamins et ce sont ces parents qui causaient souvent mon inconfort. « Wow, c’est exactement comme dans mon temps », s’exclamait ce papa ou cette maman. « Rien n’a changé… c’est tellement rassurant de savoir que notre enfant va apprendre dans le même genre de classe qu’était la mienne » !

 

Je ne disais rien en écoutant ces témoignages, mais en mon for intérieur, j’étais gêné. J’imaginais les mêmes parents entrer à l’hôpital avec leur enfant devant subir une intervention chirurgicale. J’imaginais leurs réactions si à la visite de la salle d’opération, ils avaient eu la même réaction qu’à l’école : « Wow, c’est exactement comme c’était quand je m’étais fait enlever les amygdales à dix ans. Rien n’a changé… » Est-ce qu’on accepterait de se faire opérer dans le même genre d’environnement que voilà vingt-cinq ans ? Selon les mêmes méthodes que voilà vingt-cinq ans ? Pourtant, en éducation, on semble penser que rien ne doit changer…

 

Tout ça pour dire que j’en ai provoqué du changement (ordinateurs portables, sites Web de type blogue pour publier du contenu, etc.) et aujourd’hui, on m’aborde souvent pour me dire jusqu’à quel point on est heureux d’avoir vécu le virage numérique dans la petite école que je dirigeais.

Bien sûr, il ne s’agit pas que d’introduire des tableaux blancs à la place des verts – ou des noirs – pour que le changement se manifeste. Aussi, bien des pratiques du passé occupent une place prépondérante dans la pédagogie d’aujourd’hui et c’est bien ainsi ; on a qu’à penser au rôle d’une bonne dictée…

 

Qui travaille en éducation sait maintenant de plus en plus que le crayon d’hier c’est l’ordinateur d’aujourd’hui. Outil de recherche, d’écriture, de lecture ou calculatrice et bien d’autres choses, l’ordinateur est un support puissant aux apprentissages. Il ne remplacera jamais le professeur, mais il supporte déjà de bons résultats, entre autres parce qu’il permet de « faire ».

 

On n’apprend pas le soccer en dessinant un ballon.

 

Je suis de ceux qui croient qu’écrire souvent, pour être lu en particulier, favorise l’apprentissage de l’écriture. Notre belle langue est complexe et les règles de son orthographe autant que les éléments de sa syntaxe s’apprennent beaucoup mieux lorsque des contextes d’écriture motivants sont au menu.

 

Pour que l’organisation de la classe d’aujourd’hui puisse favoriser ce genre de contexte, le gouvernement a fait des choix lors du dernier budget et un an plus tard, je constate que le chemin sera long avant que les enseignants puissent disposer des outils dont il ont besoin dans le respect de leur autonomie pédagogique.

 

La bureaucratie ayant encore une fois pris le dessus sur la raison, voici qu’on apprend qu’un enseignant qui est habitué à travailler dans un environnement « MAC » devra se passer des sous ($$) du programme gouvernemental parce que l’endroit où les commissions scolaires ont le droit d’acheter n’offre pas ce type d’ordinateur. Aussi, il semble qu’il en coûtera plus cher de faire affaires avec le Centre de services partagés du Québec (CSPQ) – lieu choisi pour les achats – qu’à celui que privilégiaient certaines C.S. auparavant (le Centre collégial de services regroupés – CCSR – par exemple).

 

« Le programme École 2.0 prévoit l’achat d’un portable pour chaque enseignant et d’un tableau numérique interactif (TNI) par classe à travers tout le Québec, au cours des cinq prochaines années. Pour bénéficier des allocations du MELS, qui remboursera totalement ces dépenses, les commissions scolaires doivent toutefois se procurer les ordinateurs portables dans le cadre d’un achat regroupé auprès du Centre de services partagés du Québec (CSPQ), sans quoi elles ne toucheront pas un sou. »

 

Déjà que le choix d’équiper les classes de Tableau Blanc Interactif (TBI ou TNI, on parle du même bidule) est discutable, déjà que le virage numérique tarde dans les écoles, dans le contexte où le iPad arrive dans certains établissements scolaires et bouscule la notion de manuel scolaire, il faut se demander pourquoi le MELS rend les choses si compliquées pour les gens près de l’action qui veulent bouger ?

 

L’école, les enseignants et les élèves méritent mieux que ces manoeuvres qui complexifient la vie de ceux qui ont bien d’autres choses à faire que de se battre pour obtenir les outils de travail de leur choix.

 

 

Mario Asselin

ePortfolio : www.marioasselin.com

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