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Les émissions de télé-réalité sont en opposition frontale avec les Valeurs de la République affirme Sophie JEHEL dans son intervention à la conférence Cultures Numériques Education aux Médias et à l'Information organisée à l'ENS de Lyon.

Sophie JEHEL est Maîtresse de conférences en Science de l'Information et de la Communication à l'UFR Culture et Communication de l'Université Paris 8.

Elle est membre du conseil d'administration du Centre d'Etude sur les Médias, les technologies et l'internationalisation ; ses recherches portent sur les enjeux éthiques et sociétaux liés au rôle central des industries médiatiques dans les sociétés contemporaines.

Elle intervient dans la première table ronde lors de la conférence Cultures Numériques Education aux médias et à l'Information organisée à l'IFE-ENS de Lyon portant sur les « Contributions de l'éducation aux médias et à l'information à l'adhésion aux valeurs de la République ».

Elle aborde ce sujet au travers d'un de ses thèmes de Recherche : l'éthique des émissions de télé-réalité.

Dans cet entretien Sophie JEHEL définit d'abord ce qu'est une émission de télé-réalité avant de développer l'idée selon laquelle ces émissions sont en opposition frontale avec les valeurs de la République .

« Elles valorisent la compétition généralisée, y compris des corps et de l'intimité, elles éduquent au consentement à la surveillance, elles reposent sur la construction de clans fondés sur l'inégalité et les stéréotypes, et la réussite d'un seul qui instrumentalise à son profit le travail de l'équipe...dit-elle. Et tous les coups sont permis pour triompher des autres ! »

Ces émissions sont au coeur de la culture des jeunes et très regardées. Cela « rend leur critique plus ardue pour les jeunes. Le sentiment de défiance envers des conditions de production de ces émissions et le soupçon de manipulation sont loin de venir à bout d'une croyance dans une vérité du programme en tant que fenêtre sur le social . »

Cependant, écrit Sophie JEHEL, la démarche d'éducation aux médias et à l'information a permis, en favorisant l'investissement des élèves sur des aspects les dispositifs numériques pour les jeunes pratiques culturelles et médiatiques à l'heure du numérique qu'ils choisissaient de construire, des postures argumentées qui représentent une avancée dans la conquête de l'esprit critique. Elle a permis également à l'enquête de réception de s'enrichir d'une connaissance plus fine des capacités de distanciation des jeunes et des difficultés que leur posent ces programmes.

Mais la réalisation de cet objectif requiert des conditions particulières et notamment la mise à disposition de ressources critiques encore peu nombreuses, et une formation des enseignants.

Claude TRAN
Vice Président de l'An@é

Dernière modification le vendredi, 31 mars 2017
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'association Inversons la classe, consultant.