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par An@é (son site) mardi 25 juin 2013 -

La sérendipité ou comment trouver ce qu’on ne cherche pas


Publié par Etienne Thierry-Aymé 

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Trouver ce que l’on ne cherche pas et par là même faire des découvertes inattendues : c’est ce que signifie serendipity, mot anglais qui éclaire aujourd’hui la navigation sur Internet.

 

Ce terme est issu du titre d’un conte écrit au début du XVIIIe siècle, Les Aventures des trois princes de Serendip, qui connait alors assez vite le succès et inspire notamment le Zadig de Voltaire. Ce mot désigne des « découvertes inattendues, faites grâce au hasard et à l’intelligence » comme la découverte fortuite de l’Amérique par Christophe Colomb parti sur la route des Indes et, bien plus tard, l’invention accidentelle de la pénicilline par Alexandre Fleming.

 

Navigation intuitive

L’étrange mot sérendipité éclaire aujourd’hui notre pratique du web. En effet, sur Internet, le système hypertexte (lien permettant d’accéder à une information de manière associative) et le mode d’indexation par mots clés présentés parfois sous forme de nuages, pousse l’Internaute à une navigation intuitive, un butinage le conduisant de liens en liens et le poussant, de facto, à des découvertes fortuites. Ce qui conduit certains observateurs comme l’américain Steven Berlin Johnson à dire que le web serait par essence « le plus grand moteur de sérendipité de la culture » jamais inventé.

 

Hasard créatif

Mais qui dit sérendipité ne dit pas simple fruit du « hasard ». L’expression désigne plutôt la convergence d’un accident heureux et la faculté de celui qui le découvre à savoir quoi en faire. « Si on n’est pas préparé, on ne voit pas » explique Danièle Bourcier, directrice de recherche en sciences sociales au CNRS. « Plus on connait, plus on travaille, plus on possède une vision, plus on a de chance découvrir une fleur au bas côté de la rue » estime ainsi Pek van Andel.

 

Logique

La sérendipité relèverait de la même logique que celle du médecin ou du détective : l’abduction, par opposition à l’induction – qui consiste à déduire de grands principes à partir d’une série d’observations – et à la déduction qui, à partir d’une loi avérée, permet de tirer des conséquences. A contrario, l’abduction élabore des hypothèses à partir de faits qui ne leurs sont a priori pas reliés. Un phénomène éprouvé par tout Internaute parti à la pêche à l’info, perdu, et qui finalement tombera sur bien mieux que ce à quoi il s’attendait.

 

Cercle vertueux

On line ou off line, on ne peut bien sûr maîtriser un tel phénomène, mais au moins peut-on le favoriser. Pek van Andel explique ainsi qu’aux Pays-Bas, une tradition permet aux chercheurs de disposer de leur vendredi après-midi comme bon leur semble, notamment pour accomplir des recherches personnelles ou échanger avec des collègues venus d’autres horizons, sans justifier de leur emploi du temps à leur hiérarchie. Une pratique que l’on retrouve aussi à l’œuvre chez Google où 20% du temps de travail des ingénieurs et des développeurs leur est offert pour qu’ils puissent se consacrer à leurs propres projets. De l’art de s’exercer au temps libre afin de mieux favoriser les découvertes, petites ou grandes. Un cercle vertueux, en somme.
 
Crédit photo : Affordance.info

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