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Le programme Erasmus a 30 ans … déjà ! Erasmus[1], programme européen conçu pour rapprocher les jeunes citoyens européens, est né le 15 juin 1987 de la volonté du Conseil européen des chefs d’Etats ou de gouvernements réuni à Londres les 5 et 6 décembre 1986, décision prise, non sans mal,  à l’unanimité des 12 Etats membres de la Communauté européenne.

En ce lundi 9 janvier 2017, trois ministres et un Commissaire européen (Pierre Moscovici) étaient présents au Théâtre de l’Odéon (Théâtre de l’Europe) à Paris pour célébrer cet événement mémorable.

Depuis sa naissance, le programme Erasmus a bien grandi pour devenir Erasmus +, un programme pour l'éducation, la formation, la jeunesse et le sport dont s'est dotée dorénavant l'Union Européenne pour la période 2014-2020.

C’est l’âge de la maturité qui vient d’être célébré au cours d’un après-midi « de gala » animé par Emmanuel Davidenkoff, rédacteur en chef du Monde Campus.

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La jeunesse et la créativité à l’honneur

Assurément la jeunesse et la créativité étaient à l’honneur, une volonté manifeste dans le défilé de mode qui a ponctué l’après-midi avec les créations des élèves des écoles Duperrey et Esmod de Paris. Selon une formule bien rodée dans la forme Tedx, les participants invités sont venus témoigner de leurs expériences diverses dans les domaines des sports, de la formation professionnelle, de l’éducation,  qu’ils soient élèves, enseignants ou même enfants de l’école maternelle.

Tous ces témoignages personnels ont suscité une vive émotion tant était partagée la jubilation de tous au constat de l’épanouissement vécu à la découverte de ces mondes inconnus qui se sont ouverts à eux de manière inespérée. Aussi bien sur le plan professionnel (apprentis, adultes en perfectionnement, ou stages initiaux, rencontres d’enseignants) que dans des actions de type sportif, dont certains à vocation inclusive (personnes à besoins particuliers)  tous ont témoigné de l’impact inespéré de l’expérience. 

Patrick Kanner, ministre de la ville, de la  jeunesse et des sports, au vu de ces témoignages du domaine sportif, soulignait le fort pouvoir intégrateur et éducatif de ces actions en indiquant la nécessité d’inscrire dans notre pays un droit à la mobilité pour la jeunesse

L’une des participantes, a évoqué le bien être ressenti en découvrant sa capacité à acquérir autonomie et confiance en soi après les difficultés de départ qui l’ont amenée à « dépasser ses  limites, à sortir de sa zone de confort » pour découvrir le sentiment nouveau d’être « une citoyenne européenne ». Certains projets de grande envergure englobent plusieurs universités européennes, notamment pour l’inclusion par le sport.

Dans le domaine de la formation professionnelle et de l’apprentissage, la ministre Myriam  El Khomry a relevé l’intérêt des stages professionnels destinés aux demandeurs d'emploi qui développent leur «employabilité » grâce à la mobilité professionnelle en Europe. Il en va de même des actions permettant l’inclusion sociale des migrants.

Cependant, il conviendrait sans doute d’harmoniser au plan européen les cycles apprentissage et l’encadrement de l’emploi afin de lever certains freins administratifs.

Dans ce domaine, la France demande plus de financement  pour les demandeurs d’emploi et pour l’apprentissage des langues vivantes.

A signaler ici le succès du programme eTwinning (porté par Canopé). Celui-ci favorise le jumelage via Internet d’établissements scolaires qui réalisent des projets pédagogiques portés par le numérique grâce à la plateforme dédiée qui intègre toutes les fonctionnalités du réseau social.

Les données communiquées par Marie-Christine Bonhomme, responsable du Bureau d’Assistance National, dans le Cahier du Monde du 6 janvier 2017, révèlent les impressionnantes réalisations de ce programme : « La gigantesque base de données de la plateforme permet de mettre en relation 425000 enseignants, de 170000 établissements implantés dans 36 pays ».

Les enseignants du supérieur sont aussi mobilisés sur l’accueil d’étudiants européens, et l’envoi de chercheurs à l’étranger, souvent en partenariat avec des entreprises (témoignage de Technicolor, entreprise du secteur numérique).

Des bourses pour apprendre à se connaître et pour découvrir de nouvelles modalités de formation

L’enseignement scolaire n’était pas oublié, avec la présence de professeurs du secondaire ou du primaire qui ont fait l’éloge des échanges de pratiques entre enseignants de divers pays, confrontés à de nouvelles modalités pédagogiques actives grâce au jeu, au numérique ou par la découverte de nouveaux types de management éducatif.

La ministre de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche, Najat Vallaud-Belkacem a rappelé que la mobilité serait désormais prise en compte au baccalauréat professionnel pour l’obtention du diplôme. S’agissant des professeurs, elle a souhaité que la mobilité européenne devienne un passage obligé pour les enseignants, tant les bienfaits de ces échanges sont évidents.

A ce titre, l’éducation en Europe devrait prendre mieux en compte la citoyenneté européenne. Il serait notamment souhaitable d’améliorer l’apprentissage de la liberté d’expression et de la culture numérique citoyenne par l’ouverture sur les réalités européennes. La ministre a rappelé à cette occasion que la Loi de 2013 impose un séjour à l’étranger pour tous élèves notamment grâce aux fonds sociaux.

Le programme a gagné en force et en dynamisme, puisque pour la nouvelle période l’UE a consenti un gros effort en allouant un budget de 16,4 milliards d’euros (contre 3,1 milliards pour 2007-2013) dont 1,26 milliards d’euros pour la France.

Ce fut un véritable bain d’optimisme en ces temps troublés par les turbulences auxquelles la construction européenne est confrontée. Pour que vive l’Europe, il faut à l’évidence que vive Erasmus !

Michel Pérez


[1] L’origine du nom de ce programme européen est celui d’un moine humaniste néerlandais « Erasme » (1465 -1536). Erasmus est un acronyme de «EuRopean Action Scheme for the Mobility of University Students – « Programme d’action européen pour la mobilité des étudiants »

Dernière modification le mardi, 17 janvier 2017
PEREZ Michel

Inspecteur général honoraire de l’éducation nationale (spécialiste en langues vivantes). Ancien conseiller Tice du recteur de Bordeaux, auteur de nombreux articles et rapports sur les usages pédagogiques du numérique et sur la place des outils numériques dans la politique éducative. Président national de l'An@é.

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