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Antoine Chotard, Chef de projets Transformation numérique chez ADI,  Aquitaine Développement Innovation,  intervenait sur les tendances de l’économie numérique, sur la façon dont elles impactent les filières traditionnelles encore et toujours en conclusion du 1er forum régional de la Transformation numérique, le 28 janvier 2016 à l’ENSEIRB MATMECA de Talence. Il est peut-être intéressant d'essayer d’appliquer quelques uns de ses propos au monde de l’éducation.

Romain Béteille d’Aqui.fr a interrogé Éric Culnaert, chef de projet numérique et commerce connecté à l'ADI, pour présenter la rencontre  : " La transformation numérique, un enjeu régional aqui.fr "

Ce qui est certain, " l'adaptation au monde qui devient numérique " est lente pour les entreprises comme pour l'école et demande des accompagnements.

Mais reprenons les termes génériques de l’intervention d’Antoine Chotard lors de son intervention : " 60 minutes d'innattendus numériques "

Ce qu'il a exprimé tout d'abord : ne pas appliquer le déni de la réalité,  prendre conscience de la libération de l’individu par les usages, intégrer l’effet de l’entrainement digital, prendre conscience que ce n’est plus la technique qui compte, mais le service, l’usage.

Bien sûr il indique la nécessité d’investir dans les stars-ups (biotechnologie, économie, santé, finances,...), d’accepter le fait que le numérique est plus une transformation réelle qu’une révolution silencieuse et qu’il faut se concentrer sur l’interface mobile, intuitive, fluide avant tout. Bref il faut s’adapter ou mourir.

Il insiste sur le fait qu’il s’agit de proposer des valeurs simples et claires, d’investir dans la relation autant que dans le contenu, et d’assurer la convergence des secteurs plus que des approches verticales.

Il fait confiance à l’intelligence artificielle, non contradictoire avec l’intelligence humaine... 

Faut-il appliquer tout cela dans le monde de l’éducation ?

Très certainement, sans oublier que l’Ecole est un lieu d’apprentissage des valeurs de la République et sans nier, ni les spécificités de la formation, ni celles de l’apprentissage.

En ce qui concerne les constats, en effet le numérique exerce une transformation réelle.

Les usages sociaux déterminent une manière différente d’apprendre et de créer, modifient les métiers, permettent une relation directe à l’expression publique par les réseaux sociaux et donc en conséquence, modifient les espaces et les temps, les formations, les contenus, les supports et les méthodes d’apprentissage.

L’Ecole n’est pas une entreprise. La gestion, l’organisation, la prise en compte des évolutions, l’évaluation exigent cependant des approches identiques une réflexion d'équipe en termes de stratégie. Mais voilà : il s’agit d’élèves, d’étudiants et là …tout est différent. Les investissements et les  bénéfices matériels, l’organisation ne servent que le contexte éducatif pour « produire de l’intelligence »…construire des apprentissages…. Reprenons les interventions de Philippe Meirieu, d’André Tricot, et celle de Joël de Rosnay. Rien n’est simple. (*Liens en fin d’article)

Investir dans la relation ? Tout enseignant le sait bien. On apprend en interaction avec les autres, avec les parents, les éducateurs, les professeurs. On apprend avec la culture et les contenus interactifs. On apprend en agissant et en construisant des projets. D’où la nécessité de s’interroger sur la société que nous voulons, sur les pratiques culturelles, sur les contenus éditoriaux offerts, sur les images que nous renvoyons, sur les projets que nous proposons.

Les échanges, les productions, les réseaux sociaux augmentent les interactions et peuvent lorsqu’ils sont employés dans le cadre éducatif apporter de « l’intelligence connective » un terme emprunté à Joël de Rosnay. Le numérique peut aussi permettre d’inventer de nouvelles relations « passerelles » nécessaires à l’écosystème éducatif actuel. La convergence des acteurs est à rechercher afin d’harmoniser les valeurs ainsi que  les approches d’outils, de ressources, d’usages, de formation, de projets, de relations.

C’est dans ces axes que l’An@é propose diverses actions, « Passerelles numériques », « Education en scène » où nous vous invitons à nous rejoindre !

*Poursuivre avec quelques articles sur les apprentissages à l'ère du numérique et sur l'évolution du métier d'enseignant.

Philippe Meirieu : http://www.educavox.fr/innovation/pedagogie/conference-inaugurale-pour-que-le-numerique-fasse-ecole-p-meirieu

André Tricot : http://www.educavox.fr/formation/conference/quelles-pedagogies-pour-quels-apprentissages-a-l-ere-du-numerique

Joël de Rosnay : vidéo : http://www.educavox.fr/accueil/reportages/joel-de-rosnay-interview-en-ouverture-boussoles3

et encore une réflexion de Carine Davancens & Mélanie Stouff, Professeurs-documentalistes stagiaires (2015), étudiantes en M2 MEEF à l'ESPE d'Aquitaine : Eduquer en 2035 : vers un “networked teacher”?

Dernière modification le lundi, 23 mai 2016
Laurissergues Michelle

Tout d’abord enseignante en école maternelle, directrice d’école, maitre formateur, directrice du centre Départemental de documentation pédagogique en Lot-et-Garonne, longtemps responsable associative au niveau des écoles maternelles et depuis 1996, présidente nationale de l’An@é, Association Nationale des Acteurs de l’Ecole et co-fondatrice du site Educavox.

Site internet : www.acteurs-ecoles.fr/

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