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par Pierre Frackowiak mercredi 24 août 2011 - 14 réactions |

Marre des devoirs !


 

Il y a les parents qui, comme vous peut-être, s’exclament : « M. Duboulot est un bon prof. Il donne des devoirs. Il fait travailler ses élèves ».

 

Il y a les parents qui comme Anne Roumanoff, dans l’un de ses excellents sketchs pédagogiques, s’emportent : « Elle nous fait un peu ch … ta maîtresse, Madame Leglodin ! ». Et parfois ce sont les mêmes parents qui se réjouissent et qui protestent !

 

Il y a des enseignants qui donnent des devoirs parce qu’ils pensent qu’il faut mémoriser, appliquer, s’entraîner.

Il y en a, au collège, qui en donnent sans se préoccuper de ceux que donnent leurs collègues aux mêmes élèves. Il y en a qui en donnent parce que des parents en veulent.

 

Il y en a aussi qui n’en donnent pas, bravant les critiques des uns et des autres, considérant que cela ne sert à rien. Il y en a qui n’en donnent pas parce que le problème n’a fait l’objet d’aucune réflexion collective ni en formation ni en réunion dans l’établissement.

 

Il faudra bien oser dire la vérité sur cette affaire qui alimente régulièrement les discussions de café du commerce, des sorties d’école, des réunions diverses. Sans généraliser abusivement, sans caricaturer, il faut bien évoquer

 

  • Les devoirs inutiles : faire des exercices supplémentaires, les mêmes pour tous, que les élèves aient compris ou non. Dans le meilleur des cas, ils ne manquent pas de maugréer : « Pourquoi on m’oblige à faire ça, j’ai compris et ça m’ennuie »

 

  • Les devoirs « occupationnels obligatoires »  : faire des travaux qui n’ont pas de rapport avec la notion elle-même mais qui constituent une charge énorme de travail ennuyeux et ennuyant. Exemple : tracer les symétriques d’une dizaine de figures compliquées, cela n’aide en rien la construction de la notion, c’est un travail graphomoteur avec un peu de mesure. Il exaspère les élèves : « J’en ai marre, ça me barbe, je suis fatigué. »

 

  • Les devoirs non corrigés ou simplement vus. « Le prof a même pas regardé ». Il faut dire que le cours suivant est prêt et que le temps presse si l’on veut « faire le programme ».

 

  • Les devoirs faits pas les parents ou les grands frères. Avec toutes les légendes sur les mauvaises notes obtenues par les parents, parfois intellectuels de haut niveau. Un parent à un autre parent : « j’ai eu 3/20 et toi ? ». Tout le monde est passé par là, même les parents/enseignants qui donnent les devoirs aux enfants des autres mais peinent avec les devoirs des leurs.

 

  • Les devoirs que les enfants ne comprennent pas et que les parents ne peuvent pas leur expliquer. Il ne s’agit pas que des familles socio culturellement défavorisées. Il arrive que certains exercices de manuels ne soient compris que par leurs auteurs et leurs confrères.

 

D’une manière générale, il vaudrait mieux admettre, ce qui n’est pas le cas actuellement, que l’on ne peut pas demander à des personnes extérieures à l’école, les parents ou les « professionnels de l’aide aux devoirs », de faire hors temps scolaire ce que l’école et les enseignants n’ont pas su faire pendant le temps scolaire.

C’est même assez dévalorisant pour l’école de considérer que, si un enfant ne réussit pas, c’est qu’il ne travaille pas assez chez lui.

Cette remarque est pourtant fréquemment entendue dans les conseils de classe de collège.

 

Dans la perspective d’un nouveau projet éducatif, il faudra bien que la question soit traitée en formation des enseignants quand elle sera rétablie, en termes de réflexion et de savoirs sur les processus d’apprentissage, qu’elle soit inscrite dans les ordres du jours des instances d’administration et d’animation des établissements, que l’avis et la vie des élèves soient pris en considération.

 

Et si les élèves devenaient des faiseurs, des producteurs, des diffuseurs de savoirs ?

Et s’ils étaient appelés à utiliser et à renforcer leurs compétences dans des situations ayant du sens ?

 

Les mouvements pédagogiques ont des idées fortes sur ces idées.

 

Mais vous n’êtes pas obligé d’être d’accord.

Réactions à la vidéo
  • par Sylvain BOCQUET (xxx.xxx.xxx.89) 24 août 2011 09:12

    La principale remarque de certains parents de CM2 est de dire : "Ma fille est arrivée au collège et ils sont submergés de devoirs !!! Alors que vous n’en donnez que très peu (des leçons à relire...) Il y a un gros décalage pour lesquels les enfants ne sont pas préparés !!! Vous devriez en donner plus.
    Remarque à laquelle je réponds généralement : " le problème n’est pas la quantité, mais la façon de s’organiser tout au long de sa semaine et de gérer son "hors temps scolaire" .
    Mes devoirs sont avant tout méthodologiques :" préparer son autodictée donnée le Lundi pour le lundi suivant", apprendre sa leçon d’histoire pour la séance suivante, ...
    Pour ma part, je considère également les exercices d’entrainement inutiles pour les mêmes raisons : ils creusent encore un peu plus les inégalités : les enfants "suivis " à la maison et qui n’ont généralement pas de difficultés progresseront encore plus, alors que les enfants qui se préoccupent pas des devoirs car en rentrant l’enfant pose son cartable et sort jouer ... lui n’aura pas l’avance des premiers... Ou encore les devoirs fait par le grand frère...

  • par Pierre Frackowiak (xxx.xxx.xxx.147) 24 août 2011 10:48
    Pierre Frackowiak

    Message de Georges Gauzente : D’accord avec ton texte. Trop rares études sur ce phénomène qui s’autorise des angoisses et des valeurs sociétales conservatrices et ne veut rien savoir des processus d’apprentissage. Bayrou, me semble-t-il, avait ouvert la voie avec ses "études dirigées" qui s’incluaient dans le temps scolaire, mais nous étions qu’une poignée à saisir l’occasion. J’avais traité la question en animation et, chose curieuse, c’était les écoles privées qui s’étaient emparées de nos travaux, se donnant les moyens de lier apprentissages et études. j’avais produit une brochure, et déploré que les chercheurs n’aient guère abordé la question.

  • par Pierre Frackowiak (xxx.xxx.xxx.147) 24 août 2011 10:50
    Pierre Frackowiak

    Message de Tremeur Denigot

    Au lycée, le travail hebdomadaire peut dépasser allégrement les 50 heures, et très fréquemment les 40, entre cours et devoirs à la maison. Le tout exige concentration, attention, et participation (au mieux). Combien de parents travaillent autant ? Pouquoi accepte-t-on pour nos enfants ce que nous refusons pour nous mêmes ? :

  • par Pierre Frackowiak (xxx.xxx.xxx.147) 24 août 2011 10:52
    Pierre Frackowiak

    Message de Fabien Cregut :

    J’ai appris réccemment que je n’étais pas un prof sérieux... en effet je ne donne pas de travail en dehors du collège et lors des vacances je dis à mes élèves, si vous avez travaillé régulièrement avec implication, les vacances sont faites pour faire respirer votre cerveau...

  • (xxx.xxx.xxx.217) 24 août 2011 12:45

    J’ai aidé une fois mon fils, en 4è, à faire un devoir : il a eu 3/20 !!! Je m’en suis voulu......

  • par Dominique Momiron (xxx.xxx.xxx.169) 24 août 2011 14:10

    Eh bien moi, je suis d’accord avec ton propos de la semaine.


    Une remarque de détail pour les puristes : contrairement à ce que l’on avance fréquemment, il n’y a plus de texte officiel en vigueur proscrivant les devoirs à l’école primaire. La circulaire du 23 novembre 1956 relative à la suppression des devoirs à la maison avait été prise en application de l’arrêté du 23 novembre 1956 modifiant « les horaires dans les cours élémentaire, moyen et supérieur des Écoles primaires élémentaires ». Or, elle a été abrogée par la circulaire nº 94-226 du 6 septembre 1994. Cette circulaire-là était consacrée aux études dirigées incluses dans le temps scolaire et reprenait le principe selon lequel « les élèves n’ont pas de devoirs écrits en dehors du temps scolaire ». Ce qui revenait à garder le principe officiel de proscription des devoirs.

    Mais voilà que l’affaire capote : les programmes et les horaires actuellement en vigueur (arrêtés du 9 juin 2008) ne définissent plus un temps scolaire consacré aux études dirigées. Conséquemment, la circulaire du 6 septembre 1994 n’a formellement plus d’application dans la mesure où elle concernait un dispositif qui n’est plus présent dans l’organisation de l’école primaire. De plus, d’autres dispositifs nouveaux (Programme personnalisé de réussite éducative, aide personnalisée) incluent officiellement la possibilité de travaux écrits après le temps de classe. 


    Bref, il n’y a plus d’interdiction légale des devoirs à l’école primaire. De toute façon, cette interdiction était massivement transgressée pour les raisons que tu évoques dans ton billet.
  • par Christiane Allain (xxx.xxx.xxx.199) 24 août 2011 19:33

    les devoirs alourdissent une journée déjà bien chargée et augmentent d’autant le temps de travail des enfants et des adolescents. 

    Ils sont surtout une source d’inégalité scolaire inadmissible, entre ceux dont les parents savent et qui trouvent chez eux tout le matériel nécessaire(bibliothèque, ordinateur etc....) et ceux qui ,sur un coin de table devant la télé que les petits frères regardent, se débrouillent seuls parceque ses parents ne parlent pas français, parce qu’ils ne savent pas lire ou qu’ils sont au travail à cette heure et que les enfants sont seuls(une nounou ça coûte cher) ces enfants ne sont évidemment pas dans des conditions optimales pour travailler. 
    Le travail personnel, si tant est qu’il soit utile et nécessaire (cela reste à prouver !) doit avoir lieu en classe sur le temps scolaire avec l’enseignant. 
  • par Nora (xxx.xxx.xxx.214) 25 août 2011 01:09

    J’avoue avoir été assez souvent Mme Duboulot dans mes classes et sans aucun doute, Mme Leglodin par rapport à mes élèves.J’avoue aussi avoir été cette enseignante qui donne des devoirs parce qu’elle pense qu’il faut mémoriser, appliquer, s’entraîner, toutefois sans jamais compromettre mes autres collègues et en prenant bien soin de m’inquiéter du "trop c’est trop" auprès de mes élèves.Si un jour je n’en ai pas donnés, ce n’est nullement pour braver les critiques, en Dartagnan de l’estrade, mais par manque de temps et pour ne pas les laisser sans correction, car ils n’auraient aucune valeur pédagogique.
    Je ne suis pas non plus une adepte des devoirs inutiles, des devoirs obligatoires occupationnels,ni des devoirs non corrigés ou simplement vus, encore moins de ceux qu’on donne aux aînés ou aux parents, ni enfin de ces devoirs où l’enseignant se mesure à ses élèves...
    je crois, avec la meilleure des intentions, avoir donné périodiquement des devoirs à la maison en extension de ce qui a été vu en classe, dans le but de fixer définitivement certaines notions complexes.Je pense avoir de tout temps déclaré la guerre aux prothèses et privilégier les devoirs en classe sous forme de production orale ou écrite de phrases ou de corpus...Enfin je crois avoir inscrit ce genre d’activité dans une pédagogie de l’apprentissage.
    Maintenant, si "les mouvements pédagogiques ont des idées fortes sur ces idées", je ne demande qu’à apprendre, et j’accepterai volontier que l’on me donne des devoirs maison pour ça !
     Ryma (Nora)

  • (xxx.xxx.xxx.205) 25 août 2011 07:50

    je voudrais ajouter un des grands acteurs des signes extérieurs de scolarité : les cours particuliers, qui doublent l’Ecole à tous les sens du terme, en temps, en charge de travail, en qualité (combien de devoirs effectués par le précepteur...), en culpabilisation, et en discrimination (combien d’élèves même du primaire arrivent, dans les quartiers favorisés, avec une leçon d’avance, qui poussent la programmation de l’ensemble de la classe ?)
    ps:aller chercher en ligne une très bonne étude récente sur le développement de la "shadow education".

  • par Nora (xxx.xxx.xxx.214) 25 août 2011 11:59

    Tout à fait d’accord, pour croire que ce qui fait actuellement de l’ombre à l’école, c’est bel et bien les cours particuliers... ceux là ne sont jamais décriés par les parents qui , comme par hasard leur aménagent un temps assez important dans la vie de leurs enfants... vous trouverez une étude de Mark bray en ce sens en suivant le lien...http://educ2.hku.hk/ bray/A%20l’ombre%20du%20systeme%20educatif.pdf


  • (xxx.xxx.xxx.51) 21 septembre 2011 09:42

    Ma fille a été malade deux jours, à son retour son enseignant lui distribue une photocopie d’une leçon en lui demandant de la recopier sur son cahier à la maison, je m’oppose à cette absurdité, estimant qu’il lui suffisait de coller proprement la feuille dans son cahier.

    Il rétorque que la copie fait partie des compétences exigées en cm1. Personnellement je trouve que donner un travail supplémentaire écrit à la maison, de plus inutile et long, environ 1/2 h à un enfant qui a été malade est injuste. Qu’en pensez-vous ?

    • (xxx.xxx.xxx.100) 22 septembre 2011 08:56

      Vous avez raison. C’est idiot, cela n’aide en rien l’enfant à comprendre les notions traitées, cela aggrave son désintérêt, voire son opposition à l’école, etc Vous avez raison de vous opposer Mais il faut aller au-delà : solliciter le soutien de l’APE, demander l’inscription de la question des devoirs à l’ordre dujour du conseil d’école... et être attentive aux réactions éventuelles contre l’enfant lui-même Je soutiens les enseignants, voir des billets précédents, mais il y a des attitudes et des raisonnements inacceptables.

  • par Mena (xxx.xxx.xxx.216) 2 janvier 20:18

    Moi j en ai râle ponpon des devoir sa ne sert a rien : si l enfant finit a 17 H le lundi et mardi et il doit renter avec le bus pendant 1H ou 1H30 ou même 2H si il y a les bouchons. On sait qu il peut les faire dans le bus mais si il est malade quand il lit ou écrit puis il faut manger se laver ect c est au parent de les finirez devoirs. Puis si il oublie il va stresser pendant toute la nuit car au collège il sont capable de donner 1H de colle. Alors il est oblige de les faire pendant le WK pour lundi ,mardi et mercredi . Encore si c est vraiment oblige de donner des devoirs au moin qu ils les donnent pas pour le lendemain . Mon enfant fait toujours des crise pour faire ses devoirs moi je le soutien mais au bout je n en peux plus et je crie. Depuis le CP ils donnent des devoirs et maintenant il est en 6 eme et il en peut plus je trouve que c est un peu tôt mais bon c est vrai que tout se qu il a eu c est beaucoup . Au moin q ils en donnent que appartir de la 6 eme et pas dans les vacances comme en allemagne car il a un ami qui en a jamais mais jamais des devoirs pendant les vacances bon voilà quoi j ai encore plint de choses a dire mais si non sa prend trop de ligne bref voila


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