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par An@é (son site) samedi 3 décembre 2011 -

Quelle place pour l’enseignant dans une formation collaborative ?


 

 

Si les étudiants travaillent en groupe, avec des méthodes actives, quels changements cela implique-t-il pour l’enseignant ? D’abord, une scénarisation du processus puis un suivi pertinent de l’activité et enfin une relecture personnelle et avec les étudiants. L’idée est alors de guider les étudiants sur le chemin de l’apprendre à apprendre. Nous nous appuierons sur le cycle d’apprentissage par l’expérience de Kolb. Enfin, il faut avouer que même si la théorie est satisfaisante, la concrétisation au quotidien est difficile …

 

Les précédents articles présentent un point de vue sur la formation à la collaboration et le développement des compétences transversales. Il est intéressant de voir maintenant le rôle de l’enseignant dans cette organisation. Il évolue au cours de la formation, prenons donc le temps d’en étudier différentes facettes.

 

1 – Avant la formation : l’organisation

 

L’enseignant doit organiser la formation à partir des objectifs définis précédemment. Ces objectifs permettent de clarifier la structure générale de la formation ainsi que les critères principaux de l’évaluation. Il est essentiel d’assurer une cohérence dans nos formations entre les objectifs, les activités, la production attendue et l’évaluation (alignement constructiviste de Biggs) Le schéma de M. Lebrun permet de bien définir les points clés à aborder (Information, Activité, Production, Motivation, Interaction) en gardant toujours en mémoire le souci d’alignement.

 

schéma présentant l’activité pédagogique selon Marcel Lebrun

 

A partir de ces choix, il va bien sûr falloir définir les outils à mettre en place et utiliser. Comme nous l’avons vu dans Former à la collaboration, il faut créer des situations ‘crédibles’ où les étudiants sont tenus de collaborer. Cela sous-entend que la production attendue ne doit pas être réalisable sans la participation de chacun.

 

Tout cela correspond à scénariser le cours en planifiant les différentes étapes, le rôle joué par chaque acteur, les différentes interventions, etc …

 

2 – Pendant la formation : le suivi

 

Ce suivi se situe à plusieurs niveaux. Tout d’abord, il paraît clair que l’enseignant doit soutenir les étudiants dans l’avancée de leur travail. Cela a un effet bénéfique sur leur motivation que l’on peut mesurer par une implication dans la durée et l’intensité de l’engagement cognitif. Cependant, il ne faut pas se limiter à une vision productiviste, l’objectif final n’est pas la production mais apprendre ! Le suivi doit donc aussi se situer au niveau cognitif (disciplinaire et/ou transdisciplinaire) et métacognitif (apprendre à apprendre).

 

On peut s’appuyer sur la théorie de l’experiential learning de Kolb et proposer que l’enseignant y tient un rôle de ‘guide’ dans ce cycle de l’apprentissage.

 

 

Cycle d’apprentissage par l’expérience selon Kolb

 

Une fois que la formation est lancée, les étudiants sont en situation de travail en groupe, ils sont dans la phase d’expérience concrète.

 

Pendant cette pratique, l’enseignant observe le fonctionnement des groupes et de chaque étudiant dans son groupe. Cette observation embrasse tous les aspects du travail : disciplinaire, relationnel, méthodologique, technologique, etc… Il constitue ainsi un recueil de situations qui seront étudiées lors de l’analyse réflexive. Celle-ci peut se mener en tête à tête, en groupe ou en classe entière. A charge pour l’enseignant de définir le cadre le plus favorable pour cette analyse.

Cette analyse doit aboutir à une généralisation qui permettra de faire évoluer les pratiques de chacun.

 

Ce travail de relecture et formalisation est essentiel et apparaît comme difficile pour les étudiants : d’où l’importance de les guider.

 

Enfin, il est alors de la responsabilité de l’étudiant de transférer ces pistes d’évolutions lors des prochaines mises en situations.

 

Nous positionnons ainsi l’enseignant délibérément dans une position d’initiateur à l’apprentissage tout au long de la vie. Petit à petit, l’enseignant devra chercher à se mettre en retrait afin de laisser les étudiants de plus en plus autonomes en prenant en charge leur apprentissage.

 

3 – Après la formation : l’évaluation

 

Cette évaluation porte entre autre sur les étudiants au regard des objectifs que l’on s’était fixés lors de la construction du dispositif. On peut aussi les évaluer de façon formative sur leur capacité à s’inscrire dans ce cycle d’apprentissage. Enfin, il est indispensable d’évaluer le cours. En ce sens, l’enseignant pourra faire une synthèse de sa perception du cours, de celle des étudiants, du travail des étudiants, des points qui lui semblent pertinents à retenir, des conclusions qu’il en tire, voire des évolutions envisagées pour une prochaine itération … Cette utilisation personnelle du cycle de Kolb peut apporter un exemple qui soutiendra les étudiants dans cette démarche.

 

4 – Et dans la réalité ?

 

Cette vision théorique me semble pertinente et pour l’instant, nous la vivons plus comme un objectif que comme une réalité vécue au quotidien. Avec le temps, on progresse sur un point ou l’autre, par ajustements successifs. Petit à petit, nous travaillons tous les fronts, par couches successives. La plus grosse difficulté que nous rencontrons se situe au niveau de l’analyse / formalisation par les étudiants. Si vous avez des idées à partager, nous sommes preneurs !

 

PS : Comme vous pouvez le constater, je suis en pleine phase de généralisation … en espérant bientôt transférer ! 

 

Les différents projets menés s’appuient sur les technologies d’internet. Les différents outils recensés sont présentés ici de façon structurée.

 

 

 

 

 

 


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