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Des savoirs ou des compétences pour l’école ?


Les TICE dans notre monde
 
Les bouleversements enregistrés par les nouvelles technologies de l’information et de la communication remettent en cause le processus d’apprentissage. De nombreux experts réfléchissent sur ces changements, sur les nouvelles méthodes à utiliser pour faire face à la diversité des sources d’information. Internet, en particulier, est au centre de cette réflexion et son introduction progressive dans les établissements scolaires change les voies d’appropriation des savoirs. La production éditoriale est abondante sur ces sujets et certains auteurs s’intéressent au processus d’acquisition des connaissances, notamment, Philippe Perrenoud, professeur à l’Université de Genève (Quand l’école prétend préparer à la vie… Développer des compétences ou enseigner d’autres savoirs ?). Son approche des problèmes permet de confronter deux notions essentielles : le savoir ou les compétences
Nous nous intéresserons au processus de construction des savoirs en nous posant certaines questions. Quels sont les savoirs qu’il faut transmettre pour s’adapter aux évolutions de la société ? Comment les mutations actuelles influencent-elles les méthodes d’apprentissage ? Pour répondre à ces questions, nous ferons d’abord un constat concernant l’acquisition des savoirs puis nous nous intéresserons ensuite aux nouveaux modèles qui répondent aux évolutions de la société, enfin nous nous attacherons à définir la notion de compétences.
 
Pourquoi transmettre des savoirs ?
 
Le problème de l’apprentissage et de la transmission des connaissances se pose en fonction des bouleversements technologiques que connaissent nos sociétés. L’enseignement ne répond pas aux besoins des sociétés. « Transmettre des savoirs mais pour quoi faire ? »… Doit-on acquérir un savoir parce que la science constitue un prétexte comme ce fut le cas du latin, pour développer des qualités intellectuelles…. « Quelles connaissances sont donc nécessaires à notre époque ? ». Ce constat analyse les savoirs pour faire face aux changements rapides que nous connaissons. L’informatique, mais aussi internet et les réseaux, sont au centre de cette remise en cause des savoirs et constituent des bouleversements extérieurs à l’institution scolaire qui remettent en question non seulement les processus d’apprentissage des savoirs mais aussi les savoirs eux-mêmes.
Phillippe Perrenoud oppose savoir et compétences et montre que l’enseignement des savoirs est inadapté ou non démocratique. En s’intéressant à la formation des enseignants, il montre que les connaissances transmises aux professeurs constitueront la base des notions à transmettre à leurs futurs élèves. Il écrit même « la maîtrise des savoirs est donc constitutive de l’identité et du système de valeurs des futurs enseignants ». De plus, d’après lui, il est plus facile de transmettre des connaissances ou des savoirs que des compétences.
 
Savoirs ou compétences ?
 
C’est plus facile d’un point de vue didactique et ce sont des savoirs qui sont légitimés par la société. L’analyse se situe dans cette confrontation entre savoirs et compétences. Elle montre que l’enseignement des savoirs ne peut plus répondre aux exigences d’une société démocratique, se basant sur un constat dans notre société contemporaine. La transmission des savoirs n’est plus adaptée, il faut plutôt favoriser un apprentissage des compétences. André Giordan et Gérard de Vecchi montrent, eux aussi, mais pour des raisons différentes que cet enseignement n’est plus adapté à notre société. Ils font aussi le constat négatif de la transmission des connaissances face aux bouleversements technologiques que nous connaissons. De nombreux modèles peuvent-ils répondre aux évolutions de la société ?
 
De nouveaux modèles à adopter...
 
L’institution scolaire doit donc s’adapter aux changements actuels. L’école doit être novatrice. Il faut créer des apprentissages qui permettent de traiter les informations. Il faut aussi donner du sens aux apprentissages et ne plus transmettre un savoir décontextualisé. Le savoir doit être un moyen d’action et non une récitation ou une répétition des connaissances transmises par le professeur. Il faut construire des modèles avec un savoir qui ne doit plus être cloisonné mais multiple, provenant de sources différentes. Il faut trouver une « utilité » au savoir. Leur analyse remet en cause le contenu même des savoirs, sans approfondir les moyens de la transmission. Il faut adapter les savoirs à la société. Le savoir doit être en relation avec le monde qui l’entoure.
Par contre, Philippe Perrenoud, analyse les compétences face aux savoirs et montre que les premières sont plus aptes à enrichir la formation des élèves. En effet, en prenant l’exemple des étudiants à l’université, il montre que ce qui leur manque ce ne sont pas des savoirs mais des compétences. L’enseignement des compétences n’est pas dispensé dans les universités et ceux qui ont des compétences n’en ont pas forcément conscience. Son analyse montre bien que les exigences dans le processus de construction des savoirs doit s’intéresser à la notion de compétences. Ces compétences se substitueraient aux savoirs pour mieux répondre, en particulier, aux exigences de démocratie de notre société.
 
Les compétences en recherche documentaire
 
Cette notion de compétence doit être au centre des préoccupations des professeurs documentalistes. C’est moins la transmission d’un savoir qui les préoccupe que les compétences nécessaires à la recherche documentaire. Avec le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication, il faut transmettre des compétences pour maîtriser le flux d’information qui dépasse largement la transmission d’un savoir.
 
S’adapter...
 
Ce sont les changements technologiques actuels qui rendent les savoirs dépassés. Il faut adapter les savoirs aux exigences de la société et la construction des savoirs doit se faire sur cette base d’évolution. Mais aussi, ce sont des compétences qui manquent aux élèves ou sont absentes chez certains d’entre eux. Il faut axer le processus d’apprentissage sur la notion de compétences et non sur celle des savoirs. Cela faciliterait les exigences démocratiques du monde actuel. Il serait peut-être aussi intéressant de confronter les expériences dans ces domaines en fonction des différents pays européens. 
Réactions à la vidéo
  • par Jean Agnès (xxx.xxx.xxx.42) 29 octobre 2012 15:29

    Voici un bien étrange texte, passéiste. Cette distinction est scolastique.

    M. Perrenoud ne montre rien du tout, c’est une évidence. Laissons cela.

    Quant à la théorie de la transmission il serait temps de nous y intéresser : on ne transmet ni des savoirs, ni des compétences. La transmission n’est pas de cet ordre visible ; vraiment trop néo-positiviste, d’un autre âge La transmission est d’un tout autre ordre.

    Restant à votre disposition, notamment sur la philosophie de la transmission, JA

  • (xxx.xxx.xxx.173) 29 novembre 2012 20:53

    Entre le tout et le rien, le noir et le blanc, il y a une infinité de nuances. Vous êtes sans doute de bonne foi mais votre texte et son titre sont un exemple-type de paralogisme. Votre questionnement ("Savoirs ou compétences") correspond exactement à la définition du faux dilemme tel que l’explique par exemple N. Baillargeon, philosophe de l’éducation québécois (http://fondhum.org/textes/paralogis...)

    Ce faux dilemme, donc un faux problème, vous enferme dans une impasse conceptuelle qui vous contraint à adopter un ton prescriptif, voire autoritaire. Pour les seules formules "doit" et "il faut", on compte une vingtaine d’occurrences en moins de 30 lignes. Ce lexique, qui appartient au registre de l’injonction et de la soumission, nie la pensée dialectique, écarte la nuance, interdit tout contre-argument. Cette posture est incompatible avec les "exigences de la démocratie" auxquelles vous vous référez à quatre reprises.
    Bernard Martin


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