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Enseigner les mathématiques en îlots homogènes aux rythmes différenciés et avec des capsules vidéo pour les corrections : bienfaits et difficultés…

Tel est le libellé exact de l’atelier qu’ont  présenté Messieurs Jean Baptiste Crépin et Hervé Landagaray (professeurs de mathématiques, collège Irandatz d’Hendaye )au forum des pratiques numériques pour l’éducation ( EIDOS64 ) organisé à Bayonne le 27 janvier dernier par le département des Pyrénées atlantiques.

Cette communication est le fruit de cinq années d’un travail en équipe de quatre professeurs de mathématiques qui ont mis en place une organisation très structurée fondée sur une approche collaborative. Les deux représentants du groupe insistent sur les apports de cette méthode sans laquelle rien n’aurait été possible.

La présentation retrace les étapes du projet dont la conduite est empreinte de méthode expérimentale avec sans cesse analyses et réajustements. Le point de départ en est l’évaluation des acquis des élèves. Constatant  les défauts de l’évaluation traditionnelle et désireux de les  atténuer les  quatre professeurs se sont lancés dans l’évaluation par contrat de confiance (epcc) envisagée par André Antibi pour minimiser les effets de ce qu’il appelle dans un de ses ouvrages « la constante macabre ». Pour le dire rapidement, la fiche d’évaluation qui suit un cursus d’apprentissage d’une notion comporte 80% d’exercices pris dans une liste d’exercices qui ont été travaillés et corrigés au cours de l’apprentissage. Qui plus est, la séance d’évaluation est précédée d’une séance de questions réponses permettant a priori de lever les derniers obstacles.

Ne trouvant pas dans le manuel à leur disposition, matière à élaborer de telles fiches d’exercices, les enseignants se sont résolus à se séparer de celui-ci et de rédiger fiches de cours et fiches d’exercices et en particuliers fiches d’exercices de type problèmes.

La deuxième étape de la démarche est la différenciation pédagogique dont le travail sur l’évaluation a fait apparaître la nécessité. La première expérimentation sur ce thème a consisté à fabriquer des groupes homogènes en mettant en barrettes, durant une heure par semaine, les classes d’un même niveau pour les redistribuer. Le dispositif n’a pas donné satisfaction et a conduit  deux séances différenciées par mois en comptant la séance de révision avant évaluation : peu concluant là encore (car les élèves ne prennent pas ainsi des habitudes de travail en groupe) et  abandonné au profit d’une redistribution des élèves au sein même de la classe et la création d’îlots homogènes de quatre élèves.

Cette répartition en îlots est stable toute la semaine et durant tout l’horaire. Tous les îlots disposent de la même fiche de cours bien sûr mais aussi de la même fiche d’exercices. Ceux-ci sont de difficulté croissante dans la feuille et la différenciation se fait par le nombre d’exercices traités par chaque îlot, sachant que tous les exercices peuvent être abordés.  L’enseignant marque clairement deux temps du travail : l’un recherche individuelle, l’autre d’échange à l’intérieur du groupe pour arriver à une solution commune. Les élèves ont des rôles spécifiques attribués pour cette phase d’échange : un fait le relais avec le professeur qui sert de ressource, un autre est le modérateur et son rôle essentiel est de diminuer le bruit occasionné par les échanges, un troisième est coordonateur est organise la parole au moment de l’échange et fait appel au relais professeur si besoin, le dernier fait office de médiateur en cas de conflit. Les rôles tournent par permutation circulaire de semaine en semaine.

Le dispositif de travail donne là satisfaction à ceci près que les échanges sont chronophages et  qu’il n’est pas possible de faire une correction des exercices derrière. Pour pallier cette difficulté, les trois premiers exercices de chaque fiche sont l’objet d’une correction sous forme de capsules vidéo mises en ligne sur le site du collège*et à partir desquelles chaque élève doit rédiger sa propre solution. Le professeur fait, en classe sous forme « magistrale » la correction des deux exercices suivants.

Les apprentissages sont complétés par des moments « d’automatismes » deux fois par semaine ou sont travaillés le cours et les exercices de base « gammes » et l’évaluation par un devoir à la maison sur « labomep » dans le site de « Sésamath ».

Fidèles à la démarche qu’ils ont adoptée depuis le début les quatre professeurs tirent le bilan de l’état d’avancement de leur projet et pointent :

         Parmi les bienfaits :     

  •  les élèves sont habitués à cette configuration de classe et au travail en groupe                               
  •  les échanges à l’intérieur du groupe ;
  • une meilleure connaissance par l’enseignant de la réalité de la classe ;
  •  un gain de temps de correction en classe.

         Parmi les difficultés :  

  •   la place de l’enseignant dans la classe ;
  •   la vitesse d’avancement (cinq exercices par semaine) ;
  •   le peu d’ajustements possibles ;
  •   la nature et le contrôle du travail fait à la maison ;
  •   dynamiser les groupes ;
  •   lutter contre l’apprentissage par cœur des solutions.

         Parmi les pistes :  

  •   changer régulièrement la composition des groupes ;
  •   alterner deux modes de composition des groupes :  homogènes et hétérogènes ( pour permettre l’entraide);
  •   enrichir le dispositif par de la remédiation après évaluation ;

*Les capsules sont visibles à la rubrique mathématique du site du collège Irandatz en accès libre.

Jacques Puyou

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Dernière modification le lundi, 23 mai 2016
Puyou Jacques

Professeur agrégé de mathématiques - Secrétaire national de l’An@é

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