Dans le Nouvel Observateur du 3 mai 2012 sous le titre : Ecole : « Vous avez le droit d’échouer », l’auteur de l’ article commente l’étude de deux chercheurs français en psychologie sociale ( Frédérique Autin et Jean-Claude Croizet) qui ont soumis des groupes d’élèves à un travail difficile , pour l’un ils ont été encouragés en leur donnant le droit à l’erreur que justifie tout apprentissage « Apprendre n’est pas facile, il est normal que vous vous trompiez. Mais à la longue, vous réussirez de toute façon », pour l’autre aucun encouragement n’a été formulé. Les résultats ont prouvé que le premier groupe a été plus performant que le second. Cette expérience a été renouvelée à de multiples reprises en modifiant la forme mais les résultats ont toujours été confirmés en faveur du groupe préparé à la difficulté et autorisé à échouer. Le sentiment d’incompétence bloque les élèves.
Un autre article du Monde.fr du 17 Mai 2012 d’Isabelle Rey-Lefebvre sous le titre « Les secrets d’Harvard, la première des universités », décrit le parcours d’une professeure de sociologie française ayant enseigné dans cette prestigieuse école, la formation et les exigences requises, notamment l’attitude toujours positive et constructive face à l’échec. Le professeur ne peut écrire : « Non c’est faux » mais plutôt « Voici une erreur intéressante, essayons de comprendre d’où vient la confusion pour ne pas la rééditer ». Les professeurs peuvent voir leur contrat non renouvelé s’ils se montrent trop piquants envers leurs élèves.
La réussite des élèves est le but de tout enseignant, et de ce fait il n’exige que celle-ci. Mais chacun sait que lors de tout apprentissage du plus loin que l’être humain vient, celui-ci a dû tomber, rater, oublier, manquer … pour construire ses connaissances, ses savoir-faire. Comment réussir sans avoir essayé et essayé encore ? Or le discours n’est pas celui-ci. L’enseignant donne sa leçon, l’élève fait l’exercice et doit immédiatement réussir. Jamais ( disons pas trés souvent) il ne lui est dit qu’il est normal qu’il échoue et que c’est intéressant pour le professeur de se confronter à ce défi, celui d’aider son élève à le surmonter.
Cette approche est pourtant différente selon les pays, l’erreur peut être valorisée, elle fait partie du processus d’acquisition.
Notre système éducatif a choisi l’élitisme, mettre en avant ceux qui réussissent, il s’avère que contrairement à l’émulation qu’il est censé développer, cela engendre un stress qui provoque un sentiment trouble d’infériorité. La plupart des parents ont de l’inquiétude pour l’avenir professionnel de leurs enfants et ne peuvent pas atténuer ce stress mais à l’opposé l’amplifient.
Par ailleurs, leur relation à l’école étant très dépendante du jugement porté sur leur enfant est donc plutôt de l’ordre de la distance quand celui-ci est négatif. Le cercle est donc vicieux, plus les parents s’éloignent de l’école et plus les enfants se sentent démunis face à leur échec.
D’ où le titre de cet article : « Interrogeons-nous sur l’erreur », il est inutile de vouloir tout bousculer et tout jeter, mais n’y a-t-il pas des petits changements à opérer dans le quotidien de la classe qui fassent que chemin faisant l’erreur soit accueillie ?
Comment sortir de cette attitude qui sanctionne l’échec et détruit le sentiment de pouvoir des élèves ?
La théorie permet la réflexion mais la pratique exige du concret et il semble important d’explorer des situations qui pourraient être modifiées à la faveur de ce changement d’état d’esprit.
Comment voyez-vous cela possible ? Qu’est-ce qui dans votre pratique répond à cette question ou bien que pourriez vous changer ? Quelles difficultés soulèvent ce positionnement ?
Interrogeons nous sur l’erreur !
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