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L’école inclusive est une école ouverte à la différence, capable d’accueillir tous les élèves. Elle vise à garantir à chaque enfant un même accès à l’éducation en déployant, de façon complémentaire, toute une palette de solutions pour s’adapter au mieux aux différentes situations.

La différence peut, en effet, être multiple. Elle peut être physique, intellectuelle, culturelle, comportementale ou encore sociale.

L’école inclusive est le thème du forum des pratiques numériques pour l’éducation EIDOS64, dont la douzième édition vient de se tenir à Bayonne. 

C’est Madame Magdalena Kohout- Diaz* qui assure la  première et courte conférence  de cette journée d’échange intitulée   «  Vers une éducation globale et inclusive ». C’est-à-dire que le propos va d’emblée au-delà de l’école elle même pour élargir la problématique et la situer dans un contexte mondial.

Le concept est le fruit de l’évolution qui s’est produite au cours de ces cinquante dernières années :

Les années 70 ont vu se développer l’éducation spéciale ou enseignement spécialisé avec derrière une logique de discrimination et de ségrégation en fonction des différences.

Les années 80 sont celles d’une éducation intégrative dans une logique d’intégration, d’assimilation, les différences sont gommées pour rejoindre la norme.

Les années 90,2000 marquent les débuts de l’école inclusive avec une logique d’inclusion scolaire de tous les enfants sans distinctions mais avec respect des besoins d’éducation propres à chacun.

L’éducation inclusive est un élargissement hors de l’école qui nécessite partage, partenariats et collaboration pour s’adresser à tous et plus particulièrement à ceux qui vivent l’exclusion ou risquent de connaitre la marginalisation.

Aller vers ce mode d’éducation suppose de passer d’une approche normative (besoins éducatifs particuliers, troubles, différences, difficultés, handicaps, vulnérabilité…) à une compréhension non normative de la société (diversités, situations, scolarisation, réussites, équité, démocratie, participation, accessibilité…)

Et ce sont bien nos conceptions de la société qui sont interrogées dans ce cheminement.

Ainsi, fonder la notion d’égalité sur la ressemblance, conduit à donner les même moyens à tout un chacun et cela ne permet évidemment pas de combler les différences. Fonder l’égalité sur la différence, c’est au contraire donner des outils différents pour vaincre les obstacles.  Mais il y a une troisième façon d’appréhender la question, c’est l’accès universel qui s’attache à enlever les obstacles. Dans cette dernière démarche, l’école cherche à s’adapter a priori à la diversité des élèves dans leur ensemble.

Dans la pratique on peut alors distinguer l’inclusion scolaire et l’éducation inclusive.

« Dans les situations d’inclusion scolaire c’est plutôt l’école qui s’adapte à l’élève ayant des besoins particuliers pour  qu’il puisse participer pleinement aux activités d’apprentissage au sein d’une classe ordinaire dans laquelle on reconnait la différence et le fait que la réussite puisse se traduire différemment pour certains élèves. Dans les situations d’éducation inclusive, l’école cherche à s’adapter a priori à la diversité des élèves dans leur ensemble. En agissant sur les obstacles à l’apprentissage, l’école cherche à développer le plein potentiel de chacun selon ses aptitudes et ses champs d’intérêt, dans une perspective d’apprentissage tout au long et au large de la vie ».

Cette adaptation doit suivre quatre principes pour des gestes professionnels inclusifs :

-          Chaque professionnel est appelé à devenir inclusif ;

-          Un professionnel inclusif est un interprète de la diversité ;

-          Un professionnel inclusif a un nouveau rapport à l’expérience concrète ;

-          Un professionnel inclusif fait un travail continué sur sa fonction d’interprète.

C’est là le véritable défi de la  pédagogie inclusive ou pédagogie universelle. Pour cette pédagogie, chaque cas est unique et donc aussi chaque adaptation. Sa mise en œuvre convoque toutes les formes de coopération, inter catégorielle, interprofessionnelle et plus généralement entre tous les acteurs de l’éducation.

Magdalena Kohout-Diaz est professeure des universités en sciences de l’éducation à l’INSPE et chercheure à l’Université de Bordeaux. Elle est également auteure du livre « L’éducation inclusive un processus en cours » publié chez Eres.

Dernière modification le mardi, 11 février 2020
Puyou Jacques

Professeur agrégé de mathématiques - Secrétaire national de l’An@é

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