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Dans le cadre du salon Educatice,  la Mission Ecoter a organisé à cette occasion une table ronde, modérée par Sébastien BRULÉ, Conseiller à l'Education numérique de la Mission Ecoter avec Chantal BRAULT, Première Adjointe Au Maire De Sceaux, MAIRIE DE SCEAUX,  Michel PÉREZ, Président de l'An@é, ASSOCIATION DES ACTEURS DE L’ÉCOLE, Gérald PEYTAVIN, Ingénieur Usages Numériques et Données au SIPPEREC, Thierry VINÇON, Maire De Saint-Amand-Montrond, Président De La Communauté De Communes Cœur De France, Vice-Président De La Mission Ecoter, MISSION ECOTER *.

Chantal BRAULT : sa mission d’élu local lui permet d’avoir un rôle d’éco-éducatrice.

La démarche implique d’aider à enseigner une culture informatique et/ou accompagner toutes les dimensions du numérique. Un partenariat avec les enseignants est essentiel.

  • Il est nécessaire de toujours rester dans une logique d’une vision globale. ( technique – pédagogique – sociétal)
  • Il s'agit de déployer une formation des enseignants ET des élu(e)s.
  • Il faut accompagner et créer de nouveaux lieux de partage : Bibliothèque – Tiers lieux.

Elle appelle à un bilan, (lieux – matériels – compétences) car une iniquité des moyens existe.

Elle insiste sur le fait que les élus ne sont pas de simples prestataires de services mais des co- éducateurs. C’est un projet commun qui peut seul assurer une harmonisation des échanges et l’équité d’une école à l’autre.

 « Comment mettre en place une éducation et une formation au et par le numérique pour tous ? Pour une éducation active et inclusive ».

Michel PEREZ :

1. Les pratiques du numérique aujourd’hui :

  • 4 milliards d’humains sont connectés (55% de la population mondiale). Mais de nombreuses fractures existent : Fracture géographique, économique, sociale et générationnelle : 11 millions d’illettrés numériques en France. Alors que le gouvernement mise sur 100 % de services publics dématérialisés à horizon 2022, 11 millions de Français ne sont pas à l'aise avec les outils en ligne, voire ne les utilisent jamais.
  • 19 % des français ont déjà renoncé à effectuer certaines démarches parce qu’il leur fallait utiliser Internet. Il faut aussi compter, parmi les illettrés du numérique, les 2.5 millions d'illettrés en France : « À ce jour, 90 % du numérique, c'est du texte. Evidemment les personnes en situation d'illettrisme sont automatiquement en situation d'illectronisme », (Hervé Fernandez, directeur de l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme). De fait, les personnes situées dans les « zones grises » ou « blanches », où l'accès à internet est insuffisant voire inexistant, sont aussi les plus vulnérables à illettrisme numérique. Sans oublier les chômeurs qui cumulent les précarités, à l’heure où le Pôle Emploi est dématérialisé.

Cependant,  60% des 11-12 ans ont un compte sur un réseau social sans aucune conscience des dangers encourus sur le Web : hackers, mauvaises rencontres, captation d’identité, droit à l’image, protection des données personnelles, protection de son image, de celle de ses correspondants, de sa e-réputation. Les 16-17 ans passent sur la toile entre 4 h et 15 h par semaine. Il y a un besoin urgent de formation à la protection des données personnelles.

La fracture numérique est pérenne y compris à l’école (enquête Le Point du 5 novembre) :

Le numérique ne gomme pas les inégalités sociales, car le poids des facteurs socio-économiques demeure dans les résultats des études Pisa, le domaine des TIC n’est pas plus démocratique que les autres.

La fracture numérique est aussi territoriale et sociale : manque d’équipement individuel, absence de réseau, absence de haut débit, manque de solutions d’appui voire d’aide (tiers lieux, Fab labs, médiathèques)

2. Abolir les fractures numériques

Elles se caractérisent par l’illettrisme numérique, le manque d’équipement individuel, le manque de compétences, une culture numérique limitée, des réseaux inexistants ou déficients…

  • Instaurer un continuum éducatif : École, famille, associations, espaces numériques publics (tiers lieux, Médiathèques, Fab Labs etc.).
  • Etablir des priorités dans les territoires via des Comités Locaux de Partenaires.
  • Instaurer des lieux de concertation entre l’État, les Collectivités territoriales, les associations et les acteurs éducatifs afin d’établir un diagnostic des besoins et des moyens d’y remédier. (cf. aussi rapport de la Cour des Comptes). cf. Hubs France Connectée (prévus dans le Plan gouvernemental de lutte contre l’illettrisme numérique par Mounir Mahjoubi sept 2018).
  • Former et aider les acteurs : enseignants, animateurs, élus et fonctionnaires territoriaux.

ECOTER fait sa part. L’An@é et Educavox sont des vecteurs de cette action autour d’objectifs humains et sociaux pour développer les Humanités Numériques. L’An@é et Educavox organisent, au-delà des publications sur Educavox des commissions et journées de réflexion comme, par exemple le Forum Numérique et Ethique en juin dernier à Bordeaux.

3. Quelles compétences faut-il développer pour un numérique inclusif et responsable pour instituer le citoyen numérique ?

Gérard PEYTAVIN, représentant du SIPPEREC qui regroupe 327 adhérents en Ile de France (communes, départements, régions) insiste sur la liberté des collectivités dans cette mise en place de l’éducation au numérique. De fait l’action du SIPPEREC est d’aider à construire des marchés et en particulier un marché de SERVICES pour les collectivités, marchés conçus avec les responsables académiques, DANE en particulier car les services doivent s’adapter à toutes les collectivités pour tous les élèves.

Thierry VINÇON rappelle les relations fortes entre les élus et les entreprises et indique qu’elles doivent être plus importantes entre les élus et les enseignants. Si l’état des lieux est acquis, ce qui manque c’est son évaluation et l’impact sociétal.

Il indique que la connaissance doit être libre, pour que les citoyens soient libres ! Les maires sont au cœur du développement de la société. Comment transmettre en protègant les enfants ? Il faut prendre en compte que les frontières n’existent plus ! Le sujet de la sécurité ne doit pas être oublié.

En conclusion, suite aux questions les points suivants sont évoqués :

L’éducation est la meilleure réponse face à l’évolution de la société.

Il est nécessaire de formuler plus clairement les objectifs de cette éducation du numérique avec le numérique.

Le numérique est à la fois du social, de l’humanité et nous sommes à l’âge d’une humanité numérique.

Valeurs et sens doivent être au cœur de nos actions.

Marcel Desvergne

Les rencontres An@é/Ecoter

*La Mission Ecoter, Association loi 1901, regroupe, depuis 1997, collectivités territoriales et entreprises actrices dans le secteur des collectivités (Numérique, Santé, Education, Environnement, Transports, Finances locales...) pour :

  • Accompagner les collectivités dans leurs transformations.
  • Echanger sur les usages et les services numériques aux citoyens
  • Mettre en place une veille adaptée et efficace aux projets de transformations des collectivités.
  • Peser sur les décisions politiques et administratives pour les territoires.
  • Diffuser les informations les plus fiables dans un secteur innovant.
  • Former les élus, les cadres territoriaux et les acteurs d'entreprises à l'économie numérique, aux finances, aux ressources humaines.
Dernière modification le vendredi, 29 novembre 2019
Desvergne Marcel

Citoyen numérique mobile, vice-président de l’An@é, responsable associatif accompagnant le développement numérique. Directeur du CREPAC d'Aquitaine,  Délégué général du Réseau international des universités d'été de la communication de 1980 à 2004, Délégué général du CI’NUM -Entretiens des civilisations numériques de 2005 à 2007, Président d’Aquitaine Europe Communication jusqu’en 2012. Président ALIMSO jusqu’en 2017, Secrétaire général de l’Institut du Goût de la Nouvelle-Aquitaine.

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