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L’Italie vers 1610. Galiléo Galiléi, scientifique reconnu, découvre les satellites de Jupiter infirmant de ce fait le système géocentrique de l’Univers (la Terre au centre du système) énoncé au II ème siècle par Ptolémée et défendu par l’Église depuis le Moyen-Age. Admiratif des travaux du savant, le cardinal Barberini, bientôt pape Urbain VIII, l’encourage vivement à rendre publique cette nouvelle astronomie tout en veillant à ne pas soutenir la conception héliocentrique de Copernic (le Soleil au centre de l’univers). En ces temps "d’hérésie protestante", l’église romaine étant particulièrement frileuse à ce sujet, le cardinal l’assure de son soutien et de celui des jésuites...
Vingt-quatre ans plus tard, à près de 70 ans, Galilée est accusé d’hérésie pour son ouvrage "Le dialogue sur les deux plus grands systèmes du monde", qui expose et confronte les théories opposées de Ptolémée et de Copernic. Or ces dernières ont été mises à l’index en 1616 et l’Inquisition soupçonne l’auteur de les cautionner. L’instruction du procès qui s’ouvre en 1633 est confiée au Grand Inquisiteur assisté de deux théologiens, un jésuite et un dominicain. Le procès aboutit finalement à l’abjuration de Galilée, celui-ci acceptant de renoncer officiellement et publiquement à l’héliocentrisme de Copernic afin d’échapper à une condamnation pour hérésie et au bûcher.

Scénarisé par le scientifique Claude Allègre et réalisé par Jean-Daniel de Verhaegue ("La Controverse de Valladolid"), le film intitulé "Galilée ou l’amour de Dieu !" évoque donc avec brio ce moment clé des relations entre la Science et l’Eglise.

Didactique, le film cherche notamment à rompre avec le poncif abondamment répandu représentant Galilée comme un scientifique athée et solitaire, opposé à une Église obscurantiste et ennemi du progrès et des sciences. Or la réalité historique est plus nuancée. La fiction met en avant un Galilée profondément épris de religion, qui cherche sincèrement à concilier l’Eglise, la Science et la Croyance (Galilée voit dans la démarche scientifique une façon de "mieux comprendre la pensée de Dieu") ; l’Église n’est pas foncièrement "hostile à la Science" comme en témoigne notamment l’attitude bienveillante et protectrice des cardinaux Bellarmin et Barberini, tous deux érudits, amateurs de sciences et d’astronomie, curieux des travaux de Galilée.

La fiction est portée par une prestigieuse distribution : Claude Rich incarne à la perfection le scientifique italien écartelé entre sa foi profonde et le désir impérieux de poursuivre ses investigations ; Jean-Pierre Marielle campe l’étonnant pape Urbain VIII et Danièle Prévost joue avec délectation un redoutable inquisiteur !
A l’instar du film "Le Souper" de Brisville (confrontation entre Fouché et Talleyrand), j’ai conçu une image interactive multimédia rendant plus aisée la compréhension de ce passionnant épisode historique et scientifique. N’hésitez donc point à réviser ou parfaire votre culture scientifique en consultant les différentes ressources documentaires soigneusement sélectionnées, commentées, organisées et mises à disposition ! ;o)

Remarque : Réalisation d’une chronologie multimédia "L’affaire Galilée" (Dipity) et d’un pearltrees "Galilée".