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Une révolution se produit sous nos yeux sans que nous ne prenions encore conscience des bouleversements qu’elle va apporter à notre manière de produire, de consommer, de financer des projets ou, tout simplement, d’apprendre.

Article publié par : Delphine Masset et  Eric Luycky - Sur le site : http://www.etopia.be/spip.php?article2645

Du logement à l’utilisation de la voiture en passant par la musique ou l’épargne, il n’y a pas un seul domaine de notre vie qui échappera au potentiel de nouveautés que cette révolution porte. Elle part dans tellement de directions qu’il paraît difficile de prévoir où elle s’arrêtera et comment elle nous transformera. Cette révolution, c’est l’économie collaborative.

Un modèle en croissance fulgurante

Une récente étude réalisée pour La Poste en France relève qu’un Français sur deux pratique déjà l’économie collaborative (essentiellement la consommation collaborative). Cela recoupe une autre étude récente faite aux Etats-Unis. Plus impressionnant encore, les courbes d’évolution du phénomène (qui feraient plus d’un envieu du côté de l’économie classique) montrent un bon doublement d’échelle à chaque année. Le crowfunding a soulevé 2,7 milliards de dollards en 2012 et plus de 5 en 2013 ; l’économie collaborative représente une trentaine de milliards en 2013. Ceux qui connaisent l’histoire des grains de riz dont le nombre double sur de case en case sur un échiquier (ou la métaphore du nénuphar) ont compris que très rapidement, cette nouvelle économie va disputer une part non négligeable à l’économie classique (51% des Français pensent que ces pratiques seront amenées à se développer).

Même si certaines pratiques qui impliquent plus sont plus timides en pourcentage absolu de la population, leur progression est toute aussi prometteuse (pour la cohabitation, 6% des populations française et américaine en 2013, avec une perspective de doublement en 2014 - chiffres US).
La cohérence des motivations de cette population pionière est très parlante aussi. Les motifs premiers du recours à la consommation collaborative par exemple, sont directement liée à la question du pouvoir d’achat mais aussi au caractère alternatif que représente la démarche et ce essentiellement par méfiance du monde économique représenté par les banques et les grandes entreprises (qui accaparent la richesse au dépend de la redistribution, et donc du pouvoir d’achat) et par la faiblesse des perspectives et promesses de reprise économique.

Le potentiel d’influence positive sur le cadre de vie est énorme : comme le présente le Mémorendum d’une plateforme d’ONG flamandes (voir annexe), si un cinquième des logements sous-occupés pouvaient être partagés avec un occupant supplémentaire ou un petit ménage, cela règlerait le problème de pénurie de logement en Flandre (300000 logements à l’horizon 2030). Autre exemple, il y a déjà 7000 voitures en moins en Belgique grâce au covoiturage, et si chaque conducteur partageait sa voiture une fois par semaine, il y aurait 25% de files en moins sur les routes. Michel Bauwens pointe que si on équipe les écoles de matériel open-source, cela représente un huitième du coût d’un l’équipement classique de même qualité.

Pour les pratiquants de l’économie collaborative, la confiance dans l’avenir en général, dans celui des générations futures et dans la solidarité au sein de la société augmente de manière considérable (jusqu’à +30%). Ce qui recoupe les thèses de Wilkinson et de Jakson, le lien social, la coopération, le bien-être et la prospérité commune reprennent du sens face à la compétition, à l’individualisme.

Rapide présentation

L’économie collaborative recouvre quatre secteurs, la consommation collaborative, la production collaborative, le financement collaboratif et la « connaissance » collaborative.

La suite de l'article: http://www.etopia.be/spip.php?article2645

Auteurs : Delphine Masset et  Eric Luycky
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Dernière modification le jeudi, 01 octobre 2015
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