Imprimer cette page

Lorsque, au lendemain des attentats à Paris, nous avons dit « nous sommes tous Charlie » et « rien ne pourra plus être comme avant », on a tourné la page et rien n’a changé.

Lorsque la crise sanitaire a bousculé toutes nos pratiques avec l’exigence de solidarité, l’enseignement à distance, la lourdeur excessive des programmes, le rôle des parents, etc, nous avons dit « rien ne pourra plus être comme avant » et rien ne change.

On corrige un peu aux marges, on reparle des valeurs sans que jamais on ne dise comment on fait pour les construire, on fuit la question du sens du métier d’enseignant et la question du caractère naturellement global de l’éducation, on bavarde, on débat des techniques et des résultats apparents, et rien ne change.

Aujourd’hui 17 octobre, que va-t-on dire encore ?

Insister sur l’heure de cours d’instruction civique hebdomadaire ? Contester les méthodes alors que le métier d’enseignant a perdu son sens ?

Le jour où les progressistes auront le courage  de placer les apprentissages considérés comme « soft » ou secondaires, bien au-dessus des programmes scolaires segmentés, juxtaposés, figés, les débats réitérés depuis des dizaines d’années n’auront plus de sens. Il faudra bien faire autrement.

Donner la priorité aux finalités, présenter  les apprentissages comme n’étant plus depuis longtemps le domaine réservé de l’école, promouvoir l’éducation globale partagée, alors les discussions traditionnelles paraîtront bien dérisoires.

Les questions récurrentes comme celle de la notation et de l'évaluation des résultats scolaires sans savoir identifier les pratiques qui les produisent  se poseront de facto tout à fait autrement ou ne se poseront plus.

Dernière modification le samedi, 17 octobre 2020
Frackowiak Pierre

Inspecteur honoraire de l’Education nationale. Vice-président de la Ligue de l’Enseignement 62. Co-auteur avec Philippe Meirieu de "L’éducation peut-elle être encore au cœur d’un projet de société ?". Editions de l’Aube. 2008. Réédition en format de poche, 2009. Auteur de "Pour une école du futur. Du neuf et du courage." Préface de Philippe Meirieu. La Chronique Sociale. 2009. Auteur de "La place de l’élève à l’école". La Chronique Sociale. Lyon. Auteur de tribunes, analyses, sur les sites educavox, meirieu.com. Prochainement, une BD avec les dessins de J.Risso :"L"école, en rire, en pleurer, en rêver". Préface de A. Giordan. Postface de Ph. Meirieu. Chronique Sociale. 2012.

Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies.