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En prenant l'exemple de l'expérience du « Trou dans le mur » menée en 1999 par Sugata Mitra visant à démontrer que les enfants pouvaient apprendre à l'aide d'un ordinateur très facilement sans formation formelle, certains théoriciens font valoir qu'on pourrait supprimer les enseignants, les salles de classe, les manuels scolaires.
Des idées qui remettent en question le système éducatif traditionnel, basé sur la transmission du savoir entre enseignant et élève et qui posent la question : l'école serait-elle devenue inutile ? A-t-elle encore un avenir à l'heure de l'internet et de Google ?

En donnant à leur étude publiée chez Puf en 2014, La fin de l'Ecole, l'ère du savoir relation François DURPAIRE Maitre de conférence en Sciences de l'Education à l'Universite de Cergy Pontoise et la sociologue Béatrice MABILON-BONFILS interpellent le monde de l'Education et la société sur le risque d'une réelle révolution postscolaire.
La révolution numérique, à l'œuvre dans tous les pans de la société en « ubérisant » ici grâce à des plateformes qui ne respectent pas les lois des pays, « robotisant » là en marginalisant des emplois appelés à disparaître, permet à la technique de prendre en charge la simple instruction.

Comme les banques qui ferment progressivement leurs agences ouvertes au public, les « murs » de l'Ecole vont-ils tomber ?

Pour les auteurs qui militent pour une révolution transcolaire, il s'agit au contraire de favoriser le développement d'une l'Ecole, lieu de socialisation et de construction d'une identité collective, en lui donnant de nouvelles fonctions et de nouvelles missions.

En faisant évoluer la forme scolaire « de la mono-forme scolaire monopolistique qui est celle d'aujourd'hui à une créolisation éducative, du triptyque « maître-savoir-manuel » au savoir-relation », l' « école extensive » qui s'ouvre à d'autres lieux et d'autres temps d'apprendre, doit se substituer à une « école ancien régime ».

La question n'est donc pas de savoir si, mais bien de savoir quand, cette forme scolaire traditionnelle va disparaître, comme un moment particulier de l'histoire de l'éducation.
Pour que l'Ecole puisse continuer à exister il faut substituer « la créolisation éducative en lieu et place de l'école traditionnelle. »

Le titre laissait entrevoir un livre pessimiste et alarmiste ; les auteurs portent en fait un message d'espoir en imaginant que cette « fin de l'École » serait « une opportunité pour créer de nouveaux espaces, instaurer de nouvelles relations enseignants/enseignés, réconcilier les partenaires, enseigner autrement et recréer le bonheur d'apprendre, en bref, refonder vraiment notre rapport au savoir. »

Les enseignants, en rentrant dans « l'arène numérique » pourront y apporter et transmettre l'esprit critique.
En élargissant le cadre au-delà de la Nation, vers l'Europe voire le monde comment redynamiser l'école ?

 Dans cet entretien François DURPAIRE lance un appel à la « réunion de tous les acteurs de l'Education au niveau mondial »

« Imaginons tous les enseignants du monde, investissant dans les réseaux sociaux pour diffuser des messages de citoyenneté critique, pour diffuser la connaissance ; ce serait la force éducative la plus puissante de toute l'histoire de l'Ecole. »

En prenant l'exemple de la prise de conscience mondiale de la nécessité de réunir tous les acteurs du climat où qu'ils soient pour « sauver la planète face au progrès de la technologie et de la course matérielle », il pose la question :
Pourquoi ne pas faire la même chose avec les acteurs de l'Education ?

« Créons un socle éducatif mondial, respectueux de la diversalité , mais avec un dénominateur commun à tous les citoyens du monde », l'éducation à la relation.
C'est de ce concept de savoir-relation qui désigne tout autant « la relation à soi, la relation à l'autre, la relation à l'outil, la relation à la planète, la relation à l'inconnu.. » que pourrait naître le socle d'éducation mondial.
Qui permettrait de passer de l'école pour tous à l'éducation pour tous

François Durpaire est l'invité des Boussoles du numérique

Claude TRAN

Dernière modification le vendredi, 08 décembre 2017
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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