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Joël de Rosnay* consacre son temps à trois activités complémentaires : recherche, industrie, vulgarisation scientifique. À travers ses livres et ses conférences, il expose comment la cybernétique et la systémique peuvent aider à mieux comprendre le management des systèmes complexes. Il vulgarise auprès du public les nouvelles technologies, les découvertes et les innovations, promeut la culture scientifique et technique, et cherche à favoriser les convergences entre secteurs scientifiques et techniques. Il est fondateur d'Educavox et membre du conseil scientifique de l'An@é. Ce grand scientifique, pratiquant de surf est aussi trés sensible aux questions de santé. Je ne citerai là que son ouvrage de 2018 "La symphonie du vivant"...Nous lui avons posé quelques questions.

Quelle est votre perception de cette période Covid ? Qu'avez-vous ressenti ? Peur ... Addiction à l'information...

C’était une période de mobilisation générale avec la mise en œuvre des gestes barrières, la responsabilité, la solidarité, le respect d’une forme de discipline sociétale que l’on n’a pas l’habitude de mettre en œuvre, et de pratiques et qui sont excellentes pour lutter ensemble contre un danger.

Plutôt que de la peur, j’ai ressenti un sentiment de participation à quelque chose qui nous mettait en danger et contre laquelle nous devions lutter. C’est plutôt le sentiment de partage, de respect des autres que j’ai ressenti, la volonté de sortir de son égoïsme pour appliquer ce qui est bénéfique pour tout le monde. C’est plutôt le « tous pour un » plutôt que le « chacun pour soi ».

L’information était très importante pendant cette période. L’accès à l’information en temps réel pour savoir vraiment qu’elle était la propagation du virus et le nombre de personnes atteintes et surtout quels étaient les meilleurs moyens de lutter contre lui. C’était donc important de se tenir au courant des dernières innovations médicales en ce domaine et plutôt qu’une « addiction » à l’information c’était la nécessité. Surtout de rendre pertinentes dans ce Big Data d’informations celles qui étaient les plus importantes pour préserver sa santé et protéger celle des autres

Quelles sont les modifications  que vous avez mises en œuvre et celles qui vous semblent devoir perdurer ?

Les modifications que j’ai mises en œuvre sont évidemment les gestes barrières, beaucoup plus fréquents que ce que je pratiquais habituellement. Les précautions dans les rapprochements avec d’autres personnes, le port du masque le plus souvent possible et d’éviter les rassemblements, les réunions publiques, les salles de spectacle, les événements sportifs. Tous d’ailleurs interdits.

Les modifications qui ont perduré sont évidemment la poursuite de gestes barrière car on ne sait pas si le virus ne risque pas de revenir. Les précautions permanentes doivent être la règle et devenir une habitude. Certes c’est contraignant mais c’est le moyen principal d’éviter le retour de la pandémie et de se préparer à l’arrivée éventuelle d’autres virus.

Et enfin quelles urgences faudrait-il prendre en compte ? 

Parmi les urgences à prendre en compte il me semble que l’information à donner aux enfants, surtout quand ils vont à l’école et dans leurs relations avec leurs amis, sportives ou de loisirs, ce sont des informations précises sur les moyens de se protéger contre les virus. Et aussi leur donner des règles d’hygiène, le comportement et le style de vie en général.

Une protection généralisée passe par l’information des parents et on sait le rôle important que les enfants jouent vis-à-vis de leurs parents pour les informer de risques ou d’actions à entreprendre. On le voit pour l’environnement quand les enfants critiquent leurs parents lorsqu’ils jettent des déchets ou ne vont pas attention aux économies d’énergie.  La même attitude peut s’appliquer vis-à-vis de la santé et des protections antivirales ou antibactériennes.

Il s'agit donc de sensibiliser les enfants à l'école ...

Plus que jamais, l’école est l’endroit idéal pour former et informer aux gestes quotidiens qui permet de maintenir une bonne santé, ou d’éviter les risques de contamination lors de pandémies qui ne manqueront pas de revenir. Jadis, dans les petites classes il existait des cours d’hygiène. Malheureusement ces cours ont disparu et c’est bien dommage quand c’était le moyen de former les enfants très tôt dans la vie à des gestes essentiels au maintien d’une bonne santé.

J’ai créé un terme à côté de la biologie, c’est celui de bionomie. Il vient de bios, le vivant et nomos, la règle. La bionomie c’est le management de la vie, de sa propre vie mais aussi de la vie en général sur la planète.  Apprenons très tôt à nos enfants à être bionomes, comme on leur apprend à être économes.

*Joël de Rosnay sur wikipédia

https://www.carrefour-du-futur.com/

Dernière modification le mercredi, 24 juin 2020
Desvergne Marcel

Citoyen numérique mobile, vice-président de l’An@é, responsable associatif accompagnant le développement numérique. Directeur du CREPAC d'Aquitaine,  Délégué général du Réseau international des universités d'été de la communication de 1980 à 2004, Délégué général du CI’NUM -Entretiens des civilisations numériques de 2005 à 2007, Président d’Aquitaine Europe Communication jusqu’en 2012. Président ALIMSO jusqu’en 2017, Secrétaire général de l’Institut du Goût de la Nouvelle-Aquitaine.

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