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Conférence de presse de rentrée des Régions du 6 septembre 2016.

Neuf mois après la réforme et la mise en place des nouvelles régions, Philippe Richert, président de l’ARF, présente un état des priorités, des objectifs et des obstacles liés aux vastes chantiers entrepris en cette rentrée d’application de la loi « NOTRE » (loi du 7 août 2015 portant Nouvelle organisation territoriale de la République).

Tous les dossiers présentés ne concernent pas l’Education, sujet privilégié pour Educavox, tant, la question du modèle économique et financier des Régions reste prégnante. L’énergie semble en effet largement absorbée par les questions liées à la gestion du nouveau périmètre régional et à la mise en œuvre des importants transferts de compétences des départements, sans toujours les moyens financiers permettant de les mettre en œuvre (il manque 600 millions €).

« La première priorité de l’ARF pour 2016-2017 est d’intensifier la présence et les usages du numérique dans les lycées ».

Cependant  peu de mesures concrètes sont annoncées pour accompagner la « révolution numérique » dans l’éducation dont on affirme qu’elle est portée à l’ordre des défis majeurs pour les lycées, « dans un contexte sécuritaire difficile ». L’objectif prioritaire est l’intensification des usages du numérique, qui doit être un élément constitutif de l’enseignement dans les lycées, alors que la politique de l’État a été très nettement tournée vers les collèges. La question pour les lycées n’est pas tant celle des équipements, que celle des usages pédagogiques garants de l’efficience des efforts consentis par les régions.

Trois conditions sont nécessaires au développement des usages pédagogiques du numérique : le développement des ENT (Espaces numériques de travail) et leur harmonisation dans les régions fusionnées, ou avec les Départements pour favoriser la continuité collège-lycée ; la création de ressources numériques et leur mise à disposition pour les enseignants, la maintenance efficace des systèmes en collaboration entre les collectivités et les services de l’État.

François Bonneau, président délégué de l’ARF synthétise les priorités pour l’éducation en ces termes :

« Nous sommes à un moment d'affirmation majeur du fait régional. La région est un pivot dans l'élaboration des stratégies et pour leur mise en œuvre en convergence d'acteurs. Nous avons une responsabilité plus grande sur la formation professionnelle initiale par la carte des formations professionnelles que nous voulons piloter par le développement économique et les emplois : nous ne voulons pas d’une carte pilotée par l'offre. La révolution numérique passe par des équipements qui soient supports d’une pédagogie véritablement numérique permettant une réelle interactivité (il ne s’agit pas de manuels papier numérisés). Nous insistons auprès de l’État sur la formation initiale et continue des enseignants afin que celle-ci permette une réelle efficacité de nos investissements. »

Pour Gérard Cherpion, président de la commission Emploi, Formation professionnelle et Apprentissage, l’Orientation est un sujet majeur :

« Nous avons un gros problème avec l'orientation qu'il faut réorganiser aussi bien à l'initiale qu'en continu dans des services régionaux efficaces (…) il faut développer dans ce domaine de nouveaux liens avec l'entreprise, avec les startup présentes dans les régions ». La lutte contre le décrochage scolaire est également au cœur des préoccupations, « c’est la pire des choses », sachant par ailleurs que la réinsertion est difficile et coûte beaucoup plus cher.

La plate-forme d’engagements réciproques État-Régions dans les domaines consacrés à l’Education fait une large place au développement de l’apprentissage en articulation avec l’enseignement scolaire professionnel qui doit permettre d'aller plus loin, notamment pour les publics de moins de 30 ans. La poursuite d’études après le Bac Pro est aussi à l’ordre des priorités.

La formation des 500 000 chômeurs est également un chantier important : les branches professionnelles ont permis de définir les secteurs porteurs d'emploi (60% de l'objectif est atteint). Ces formations se développent dans les métiers émergents, les filières industrielles porteuses d'emploi (la transition énergétique, l’équipement fibre etc.). Avec un regret pour la place laissée par le gouvernement à la commande de formation qui devrait être dérogatoire, mais ne l'est pas.

A l’ordre du jour également la transformation de l'AFPA en Épic (Etablissement industriel à caractère économique et commercial), avec transfert du patrimoine immobilier de l’État. La formation professionnelle d’adultes est un système concurrentiel : il y a encore des points à éclaircir.

Dans le domaine universitaire, Anne Besnier présidente de la commission Enseignement supérieur et Recherche rappelle que ce domaine concerne à la fois l’État, les universités, les villes et les régions.

Dans un cadre général qui est celui de l’augmentation du nombre d'étudiants, il convient de travailler avec les universités, car le mode d'enseignement est en train de changer, avec un développement majeur de l’enseignement par alternance et l’arrivée du numérique.

La France n'est pas en avance dans ce domaine où on constate notamment un retard sur les MOOC (Massive Online Open Courses). Un axe important pour la Recherche doit faire qu’elle soit appliquée en lien avec le développement économique. Il y a un grand chantier pour les universités. La question des constructions et du mobilier n’est pas mentionnée.

On le voit, le chantier Education, Formation, Recherche est conséquent pour l’ARF dans une période « disruptive » où l’on ne peut pas se permettre de « passer à côté » des changements majeurs qu’il faudra opérer dans des délais raisonnables.

Michel Perez

Dernière modification le vendredi, 09 septembre 2016
Pérez Michel

Président national de l'An@é. Inspecteur général honoraire de l’éducation nationale (spécialiste en langues vivantes). Ancien conseiller Tice du recteur de Bordeaux, auteur de nombreux articles et rapports sur les usages pédagogiques du numérique et sur la place des outils numériques dans la politique éducative.

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