Accueil du site > ACTUALITE > Interview > 20 MILLIONS D’INTERNAUTES DE PLUS EN 3 MOIS : LA REVOLUTION NUMERIQUE EN (...)
par Claude TRAN mercredi 8 juin 2011 -

20 MILLIONS D’INTERNAUTES DE PLUS EN 3 MOIS : LA REVOLUTION NUMERIQUE EN CHINE


Bonjour Alain VEYRET vous êtes Directeur de l’Unité Développement de l’IDATE qui, depuis 1977, s’est imposé comme l’un des premiers centres d’études et de conseil en Europe dont la mission est d’accompagner les décisions stratégiques de ses clients sur les secteurs Télécoms, Internet, Médias. Vous avez avec AEC organisé une mission d’études baptisée « la révolution numérique chinoise », qui s’est rendue en Chine du 6 au 14 mai 2011 ; sa restitution a fait l’objet lundi 6 juin au siège d’AEC d’une rencontre avec de nombreux partenaires aquitains, élus, entrepreneurs, universitaires.

 

L’économie en Chine dont on connaît l’hypercentralisation c’est la symbiose d’un plan quinquennal et d’un capitalisme à outrance dans un territoire 17 fois plus grand que la France où vivent 1.3 milliards d’habitants. Est ce suffisant pour expliquer un développement du PIB de 8.1% par an en moyenne depuis 47 ans ?

 

Certainement pas car il existe une multitude de raisons objectives qui, prises sous forme de briques, s’assemblent les unes aux autres pour structurer cette croissance formidable.

 

Cependant il est clair que le plan quinquennal est un instrument d’une grande efficacité à la fois pour fixer les grandes orientations socio-économiques du pays et donner des directives qui peuvent ensuite être suivies et évaluées à chaque strate du pouvoir, depuis le Comité permanent du Bureau politique jusqu’au comité de quartier ou de district dans les métropoles.

 

Dès lors que les projets et actions se mettent en place dans le cadre prédéfini, les entreprises bénéficient alors d’un formidable soutien de la part des entités publiques, qu’elles soient financières ou logistiques pour développer leur énergie créatrice.

 

Enfin un point reste essentiel dans ce schéma qui peut paraître obsolète ou trop contraint vue de l’Europe, c’est cette faculté de s’inscrire dans une démarché prospective ce qui permet d’anticiper les risques et les opportunités.

 

 

La Chine était l’atelier du monde, elle est devenue le marché du monde et semble vouloir devenir le laboratoire du monde. Que fait elle pour y parvenir et y a t il des secteurs qu’elle privilégie ?

 

Elle se donne les moyens d’implémenter dans un même lieu une constellation d’acteurs – entreprises, centres et laboratoires de recherche, universités, incubateurs, capitaux risqueurs, … - qui créent les conditions propres au développement de leur écosystème et qui dépasse le numérique pour aller vers les biotechs, les sciences du vivants, les technologies vertes, etc.

 

Leurs parcs scientifiques sont à la dimension des objectifs ambitieux poursuivis, c’est à dire énormes. Les grandes entreprises côtoient les start up et les recherches doivent aboutir à la création de spin-off du fait d’une coopération étroite avec les industriels et les universités.

 

Pour exemple, le budget d’un seul incubateur est estimé à 50 millions d’euros en 2011, ce qui montre la mesure de l’ambition poursuivie. La filière numérique est bien sûr privilégiée de part le marché couvert de près de 480 millions d’internautes et 860 millions d’abonnés mobile. Notons que 160 millions d’utilisateurs ont réalisés des achats en commerce électronique en 2010 ! Par exemple, les trois opérateurs de mobile chinois figurent parmi les dix entreprises les plus capitalisées au monde.

 

La Chine compte aujourd’hui près de 500 millions d’internautes et parmi eux 60% se connectent depuis leur mobile. Quels sont aujourd’hui les besoins des chinois ? Comment l’écosystème numérique se développe-t-il ?

 

Les besoins des chinois sont quasi identiques à ceux des autres nations. Le gens ont de plus en plus besoin de communiquer, de rechercher de l’information et les portails web assurent cette fonction : 77% des internautes chinois utilisent BAIDU considéré aujourd’hui comme le plus grand moteur de recherche au monde. SINA.COM est quant à lui le premier portail internet de Chine et son microblog WEIBO affiche 100 millions d’utilisateurs.

 

Chaque jour 10 millions de microblogs sont affichés et les contenus les plus utilisés sont le divertissement, le sport, les média, la finance, …

 

Au-delà des réseaux sociaux, les sites de commerce électronique ont le vent en poupe avec une croissance supérieure à 50% de 2009 à 2010 ! ALIBABA atteint un CAHT de 600 millions d’euros en 2010 et toutes les petites entreprises se tournent vers le e-commerce pour se développer et elles ne sont pas les seules car les sites sont aussi utilisés par les entreprises étrangères.

 

 

Quel rôle joue l’université dans ce développement et quelle est sa relation avec les autres partenaires économiques ?

 

Les Universités jouent un rôle quasi équivalent à celles que l’on rencontre aux Etats-Unis. Elles sont décomplexées et se lancent elles-aussi dans l’aventure du numérique : essaimage, capital risques, fort niveau de compétence, … elles attirent sans cesse de nouveaux talents et participent activement au développement des écosystèmes numériques aux côtés des entreprises et des labos de recherche.

 

Beaucoup de professeurs montent d’ailleurs leur propre start-up en complément de leurs cours.

 

Des opportunités de partenariats sont possibles avec des échanges d’étudiants car les chinois sont très francophiles et souhaitent développer des liens avec nos universités en particulier dans la recherche fondamentale et appliquée afin de monter en capacité d’expertise et d’innovation.

 

Je vous remercie

 

Alain VEYRET, Directeur Unité développement – IDATE – Juin 2011- a.veyret@idate.org

http://www.idate.org/fr/Consulting/...


Un message, un commentaire ?
  • (Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.)

Qui êtes-vous ? (optionnel)
  • [Se connecter]

Charte éditoriale   Foire aux Questions   Qui sommes-nous ?   Nous contacter


Conformément à la loi « Informatique et Libertés » du 6 janvier 1978, le présent site a fait l'objet d'une déclaration à la CNIL sous le n° 1561042 v0.