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Marcel LEBRUN, docteur en sciences est professeur en technologies de l'éducation et conseiller pédagogique à l'Institut de Pédagogie Universitaire et des Multimédias de l'Université Catholique de Louvain.
Il accompagne en particulier les enseignants dans la mise en place de dispositifs techno-pédagogiques à valeur ajoutée pour l'apprentissage.

Auteur de plusieurs ouvrages sur les rapports entre technologies et pédagogies, il vient de publier avec Julie LECOQ un des ouvrages (Canope, 2015 )les plus exhaustifs disponibles aujourd'hui sur la pédagogie de la classe inversée dont chacun s'étonne de l'engouement remarquable qu'elle suscite parmi les enseignants qui innovent dans les pratiques pédagogiques à l'ère du numérique.
Les auteurs proposent une réflexion sur le statut du savoir et la modification de la relation entre enseignant et apprenant que la société numérique accélère.

Pour Marcel LEBRUN, le moment de la classe est essentiel : « il faut réserver cet espace-temps de l'enseignement, lieu de rencontre et de fraternité d'humains qui apprennent ensemble, à des activités de vrai apprentissage, de plus haut niveaux taxinomique, au-delà de mémorisation-compréhension-application pour aller vers analyse-synthèse-évaluation-création » en développant des études de cas, des situations-problèmes qui permettent de mettre en activité des élèves pour la construction des savoirs...

Dans cet entretien réalisé à la suite de la conférence qu'il donne dans le cadre de la CLISE2016 au séminaire académique organisé à l'atelier Canope du Val de Marne, il insiste avec force : il ne s'agit pas d'opposer « les cours traditionnels et la classe inversée. ».

Au contraire, une démarche hybride est souhaitable.

Mais comment passe-t-on de la physique théorique aux sciences de l'éducation ?
A quoi sert le professeur dans la classe renversée ?
Mais qu'est-ce que la classe renversée ?

Tous les niveaux sont concernés, de la maternelle à l'enseignement supérieur.

Les bouleversements que provoquent les innovations portées par le numérique ( MOOC , Classe inversée ) dans l'enseignement supérieur interrogent les responsables d'établissement et bien sûr les enseignants ; un atelier « comment passer à la classe inversée» était ouvert lors de la Think Education 2016 à l'université Paris Dauphine réunissant plus de 800 participants, enseignants et responsables de l'enseignement supérieur.

L'enseignement supérieur est d'autant plus interrogé que les établissements sont en concurrence pour attirer les étudiants qui aujourd'hui attendent davantage de l'enseignement. Les MOOC de plus en plus bien faits et médiatiquement identifiés rencontrent un grand succès malgré une forte « déperdition en ligne ».

Si le besoin de « présentiel" se fait sentir ce n'est pas pour un cours magistral en amphi qui ne permet que rarement une interaction avec l'enseignant. Par ailleurs on trouve et on trouvera de plus en plus cela sous forme de vidéos sur le web.

Nombre de professeurs s'interrogent d'ailleurs dans ces mêmes amphithéâtres quant à l'activité réelle des étudiants face à eux sur leurs ordinateurs ou leurs tablettes !
L'enseignant sur son estrade dans l'amphi sait qu'il n'est plus le seul porteur de savoirs.
Et nombre d'entre eux s'interrogent à raison : " j'enseigne mais apprennent-ils ?"
Afin que l'étudiant devienne un partenaire actif dans la construction du savoir, l'enseignant évolue vers un statut moins frontal, celui d'accompagnateur , de guide, de catalyseur ...

Les enseignants du premier degré y sont pour la grande majorité bien préparés : sensibles aux pédagogies actives et constructivistes ils innovent déjà dans leurs classes.
Le collège unique est un formidable lieu d'expérimentation où un nombre croissant d'enseignants s'interrogent, explorent les possibles et grâce aux réseaux sociaux qu'ils investissent partagent leurs pratiques pédagogiques qui de ce fait se répliquent rapidement. Nombre de médias associatifs participent de cette diffusion. Educavox est de ceux là.

La pédagogie de la classe inversée est encore relativement peu présente au lycée mais elle progresse rapidement en particulier en Sciences. Les TPE ont souvent été l'amorce pour beaucoup d'enseignants d'une expérimentation de la classe inversée car ils constituent un bon exercice de pratique de l'autonomie et de production pour les élèves et d'accompagnement pour les professeurs. La nature de la forme ultime de l'évaluation en fin de cycle devra être interrogée .

Catherine BECCHETTI BIZOT, Inspectrice générale de Lettres et précédemment Directrice du Numérique pour l'Education, a été chargée par la ministre d'une mission d'étude des « pratiques mobilisant des pédagogies actives liées à l'utilisation des outils et ressources numériques » . La pédagogie de la classe inversée est le parfait exemple de pratiques anciennes réinvesties par les enseignants qui s'interrogent « sur la façon dont les nouveaux outils qui sont le quotidien de leurs élèves changent la donne et modifient la façon d'apprendre et de vivre ensemble ».
On peut raisonnablement penser que son rapport s'appesantira pour les analyser sur les pratiques pédagogiques DES classes inversées.

Il faut former les enseignants, car c'est avant tout leur donner les compétences techniques et pédagogiques pour que leurs élèves, tous les élèves apprennent. L'association « Inversons la classe » souhaite que la pédagogie de la classe inversée fasse partie de la mallette pédagogique de tous les enseignants. Les ESPE qui ont cette charge sont particulièrement actifs. Ils participent par exemple à la réalisation de ressources pédagogiques avec les opérateurs comme Canopé.

Ils ont pu s'appuyer sur un MOOC ouvert en octobre 2015 sur la plateforme FUN qui s'adresse à tous les acteurs de l'éducation et tout particulièrement aux professeurs du second degré, expérimentés ou non, aux étudiants en formation ESPE, aux formateurs. Ce cours, précise la page de présentation, ne nécessite pas de prérequis particulier si ce n'est un intérêt pour les domaines de l'éducation et de l'innovation pédagogique.

Les MOOC et la classe inversée, deux sujets qui accompagnent un monde de l'éducation qui s'interroge ?

Claude TRAN
Vice-Président de l'An@é

Dernière modification le lundi, 15 février 2016
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc.
A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. 
Tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, il est aujourd’hui Vice Président de l’An@é co-fondatrice d'Educavox et membre du Comité de rédaction .

1 Commentaire

  • Lien vers le commentaire emplois samedi, 13 février 2016 11:40 Posté par emplois

    on a toujours besoin de l'innovation sur tout dans nos école, dans les cours et dans la méthode de les apprendre. merci pour le partage bon article

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