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Vidéo de Serge Tisseron. Les écrans sont partout dans les familles et les enfants sont confrontés de plus en plus tôt et partout aux images numériques.

La télévision est elle bénéfique aux tout petits ? A quel âge un enfant peut- il utiliser un ordinateur ? Avec l’exemple des adultes et des camarades, le pré-ado est tenté par les réseaux sociaux ; quand et comment s’inscrire ? Faut-il contrôler ? Les parents sont interpellés par ces questions et partagés entre les bénéfices de ces usages pour leur enfant et les dangers qui les accompagnent .

La question centrale est celle de l’âge à partir duquel les bienfaits sont reconnus pour un développement harmonieux. Or les jeunes enfants grandissent aujourd’hui dans des familles où la télévision est très souvent allumée, sans que les parents ne se rendent compte que cela perturbe leur développement.

Serge TISSERON, docteur en psychologie, psychiatre et psychanalyste, directeur de recherches à l’Université Paris X, dans la conférence qu’il a donnée à Talence aborde ces questions et plus particulièrement celle de l’entrée sur Internet et les réseaux sociaux. Il a beaucoup écrit sur l’impact des images sur les jeunes et a énoncé une règle simple qui doit faire loi : la règle des 3-6-9-12.

Pas d’écran avant 3 ans  ; « Le temps passé par les bébés devant la télé, y compris les programmes des chaînes qui leur sont spécialement dédiées, les éloigne en effet de la seule activité vraiment utile à leur âge : interagir spontanément avec leur environnement grâce à leurs 5 sens. Jouer, toucher, manipuler les objets, se familiariser avec l’espace en 3 dimensions est fondamental pour leur développement. Il ne doivent pas rester devant un écran » . Et à fortiori bien sûr pas d’ordinateur.

Pas de console de jeu avant 6 ans ; « Lors de sa croissance, l’enfant développe son imagination en créant de ses propres mains, notamment par le dessin, le modelage et le jeu avec d’autres. Il en est tout autrement lorsque l’enfant s’initie trop tôt aux automatismes de la console de jeu, défavorisant ainsi le développement de sa motricité fine et de sa créativité. » Après 6 ans, l’ennemi, pour l’enfant, c’est l’ennui ; le temps de console doit donc être limité mais il est nécessaire de s’assurer que l’enfant sait encore jouer quand l’écran est éteint.

Pas d’Internet avant 9 ans ; « Avant de pouvoir naviguer sur la toile, l’enfant doit assimiler certaines notions qui lui seront nécessaires pour éviter les pièges du web. » Un accompagnement est donc à prévoir au cours duquel l’enfant doit intégrer trois notions fondamentales : tout ce que l’on y met peut tomber dans le domaine public, tout ce que l’on y met y restera éternellement, tout ce que l’on y trouve est sujet à caution : certaines données sont vraies et d’autres fausses.

Internet seul à partir de 12 ans avec prudence ; Le jeune adolescent peut »surfer » seul sur le Net , néanmoins, il est nécessaire d’adopter certaines règles d’usage et de convenir avec lui d’horaires prédéfinis de navigation. En principe Facebook est réservé aux plus de 13 ans ; pour contourner cette difficulté les adolescents indiquent un date de naissance factice ce qui les « vieillit » bien sûr. Ce vieillissement de fait suit les adolescents et les amène à rencontrer sur les réseaux sociaux des « amis » plus âgés qu’eux.

Les parents doivent donc veiller à ce que l’inscription de leur enfant sur Facebook se fasse dans les meilleures conditions : on veillera en particulier à faire avec lui les « réglages de confidentialité » qui conditionnent son e-réputation.

Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'association Inversons la classe, consultant.