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par Claude TRAN vendredi 10 janvier 2014 -

Pour un modèle européen des MOOCs visible et interopérable

Genevieve FIORASO aux Assises du Numérique

Dans son intervention résolument optimiste aux Assises du Numérique, Geneviève FIORASO, Ministre de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, évoque le profond bouleversement que le numérique provoque « dans la Formation, la méthodologie de la Recherche et la Recherche elle-même ».

 

La Formation

Dans le domaine de la formation, le numérique va faire « évoluer considérablement la pédagogie », et « permet une autre pédagogie » affirme la Ministre qui apporte quelques précisions sur FUN, la nouvelle plateforme française de MOOCS que son ministère vient de créer.

Face à l’omniprésence de poids des géants anglo-saxons comme Udacity, Coursera, edX, Futurelearn...il était en effet urgent que la France se positionne sur ce secteur stratégique.

 

La plateforme FUN reprend la technologie Open source utilisée par edX, créée à l’origine par le MIT associé à Harvard en avril 2012 . « L’objectif était de fournir une alternative crédible à Coursera et de développer une technologie open source de qualité. Le consortium a tenu ses promesses et le code d’Open edX a été libéré le premier juin 2013, donnant à l’ensemble de la communauté internationale un des outils les plus performants qui soit pour organiser des cours en ligne ».

Il faut préciser que « contrairement à Coursera et Udacity, edX est une association à but non-lucratif. » Le choix d’asseoir la plateforme de MOOCs à la française sur la technologie openedX a fait craindre à certains une forme de dépendance mais affirme Mathieu CISEL,

http://www.educavox.fr/actualite/in...

doctorant spécialiste des MOOCs sous la direction d’Eric BRUILLARD à l’ENS de Cachan, « cette solution très performante ...est un choix pragmatique ». et « Pour les établissements français, il est vital de disposer d’un portail qui serve de vitrine commune. »

http://blog.educpros.fr/matthieu-ci...

 

« Il y avait urgence », précise Genevieve FIORASO, et il faut certainement voir dans ce propos la principale raison du choix.

La construction ex-nihilo d’une plateforme française constituait certes une performance utile à la mobilisation et à la création de compétences, mais aurait nécessité, outre son coût, un travail titanesque de longue haleine, qui n’aurait pas permis de proposer aussi rapidement des MOOCs produits par les institutions universitaires. Ces mêmes institutions auraient immanquablement été tentées par les plateformes américaines comme c’est déjà le cas pour certaines.

 

Or le souhait affirmé de Geneviève Fioraso c’est la création d’une plateforme européenne à partir de FUN car dit-elle : « il est important de développer des MOOCS qui tiennent compte de la culture européenne ».

Mais il ne faudra certainement pas compter sur les anglais qui ont également quelques longueurs d’avance avec la plateforme Futurelearn qui s’appuie sur leur "Open University" dont un ancien recteur nous disait dans une interview à Educavox la place importante qu’elle occupe depuis longtemps dans le paysage universitaire anglais.

http://www.educavox.fr/actualite/in...

Ni sur la Commission européenne qui « soutient le projet OpenUpEd porté par l’European Association of Distance Teaching Universities avec l’Open University britannique ».

 

FUN associe de nombreux partenaires dont l’INRIA pour le déploiement de la plateforme, le CINES pour l’hébergement, RENATER pour les infrastructures réseaux, le CNRS, pour la recherche sur l’évolution des pratiques pédagogiques mais également des experts publics et privés et des représentants des équipes pédagogiques universitaires pour la conception de la plateforme, en particulier de ses contenus et de ses usages.

 

FUN qui veut être également un outil de développement de start up, des éditeurs du numériques, a toutefois surpris tous les observateurs par la rapidité avec laquelle de très nombreux « étudiants » se sont empressés de s’inscrire. Ils sont plusieurs dizaines de milliers à attendre les premiers cours qui doivent débuter ce mois ci. Effet de mode ? Curiosité ? Ou réelle appétence pour une formation en ligne de qualité ?

 

Il faut dire que des établissements universitaires de renom proposent de nombreux MOOCs qui couvrent des thématiques variées : environnement, juridique, management, numérique, santé, sciences, histoire, relations internationales. https://www.france-universite-numer...

 

La Recherche

Le numérique par ailleurs bouscule et vient enrichir la Recherche : il va « l’accélérer et permettre une nouvelle recherche , plus coopérative plus ouverte », affirme Geneviève FIORASO qui prend l’exemple, dans la recherche fondamentale, du calcul haute performance (HPC pour high-performance computing), où le numérique est présent, en particulier « pour traiter le big data, enjeu de souveraineté et d’excellence scientifique ».

 

La simulation numérique par le calcul haute performance est en effet devenue un outil essentiel de la recherche scientifique, technologique et industrielle. Elle permet de remplacer les expériences qui ne peuvent être menées en laboratoire quand elles sont dangereuses (accidents), de longue durée (climatologie), inaccessibles (astrophysique) ou interdites (essais nucléaires). La simulation améliore également la productivité en procurant un gain de temps important. Mais la simulation numérique concerne également la cryptoanalyse, la cybersécurité, les simulations en finance et assurance (Calcul stochastique), etc. Il s’agit donc bien de domaines stratégiques et essentiels à l’indépendance d’un pays.

 

Les grands défis que le HPC doit relever dans les prochaines années sont multiples :

  • développement d’architectures matérielles et logicielles permettant d’accéder aux très grandes puissances de calcul
  • méthodes de modélisation couplant différentes échelles et modèles physiques
  • maîtrise de très grands volumes de données.

Il faut dit-elle, consolider au niveau européen des programmes comme PRACE ( Partnership for Advance Computers in Europe ) qui participent à la production d’outils de compétition industrielle.

La France, avec GENCI ( grand équipement national pour le calcul intensif ) société civile créé par l’état avec le CNRS, l’ INRIA, le CEA et la CPU possède sa propre structure qui assure la coordination des principaux équipements français dans le calcul haute performance.

 

Si toutes les disciplines vont être bouleversées, il faudra inventer de nouveaux modèles économiques en particulier en droit car « la propriété intellectuelle va être bouleversée » ajoute Geneviève FIORASO qui conclut ainsi son intervention :

« Cette France du 21 siècle a pris un peu de retard ...mais elle a envie de communiquer, de créer... Le numérique est un outil exceptionnel de modernisation et d’invention de nouveaux usages .. »

Claude TRAN

Geneviève FIORASO aux Assises du Numérique à Paris.


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