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par Claude TRAN samedi 7 septembre 2013 - 4 réactions |

Pédagogie et e-learning : les 5 alertes de Philippe MEIRIEU

La réussite des usages numériques en pédagogie

Quels enseignants ne connaissent pas Philippe MEIRIEU ?

 

Pour Wikipédia Philippe MEIRIEU est un chercheur et écrivain français, spécialiste des sciences de l’éducation et de la pédagogie. Il a été l’inspirateur de réformes pédagogiques (instauration des modules au lycée ainsi que des IUFM au début des années 1990). Il est actuellement vice-président de la région Rhône-Alpes, chargé de la formation tout au long de la vie.

 

En s’appuyant sur les écrits des grands pédagogues (de Rousseau à Freinet), il met en exergue les tensions inhérentes à l’éducation. Il a contribué à diffuser en France les principes pédagogiques issus de l’Éducation nouvelle et est considéré selon le journal Libération comme « le pédagogue le plus écouté de nos gouvernants ».

 

Tour à tour professeur de philosophie, instituteur, professeur de français en collège privé, en lycée professionnel, professeur des Universités en Sciences de l’Education, directeur d’IUFM, directeur de la collection « Pédagogies » chez ESF Editeurs, il revendique pour l’école le double rôle d’instruire et d’éduquer, la finalité étant l’émancipation de l’élève et le développement de son autonomie.

 

Invité aux Journées du E Learning de Lyon dont le thème cette année était « réussir en E Learning », il y a fait une conférence particulièrement appréciée des participants car elle confronte les thèses que défend Philippe MEIRIEU et nombre de spécialistes de la Pédagogie en Education avec l’entrée rapide et massive du numérique dans l’école comme dans la société tout entière.

 

Educavox, partenaire de cette manifestation internationale a choisi de publier l’intégralité de cette conférence en quatre parties.

 

Dans la première partie de cette conférence intitulée « la réussite des usages numériques en pédagogie » qu’il qualifie d’introduction, Philippe MEIRIEU s’interroge sur le « fabuleux outil de libération que constituent les technologies du Numérique » telles qu’elles sont présentées dans l’ouvrage de Michel SERRES où « la Petite Poucette tient une partie de son cerveau entre ses mains ».

 

Libération ou prolétarisation ?

 

On utilise la machine ou la machine nous utilise ?

Il explique pourquoi il craint qu’une « collusion idéologique se construise entre une conception libérale du monde, une conception behavioriste du sujet selon laquelle les être ne sont que la somme de leurs comportements et doivent faire l’objet de formations ciblées sur la construction de compétences visant à leur employabilité, et une conception mécanique des savoirs ».

Claude TRAN

 

Réactions à la vidéo
  • (xxx.xxx.xxx.45) 7 septembre 2013 20:51

    Est ce que quelqu’un peut préciser de quelle "fable" du XVIIème siècle parle Philippe Merieu ?

  • par Educavox (xxx.xxx.xxx.40) 8 septembre 2013 09:16

    Il s’agit bien sûr de « la fable des abeilles » de Bernard Mandeville (1670-1733). La biographie qu’écrit Benoit Pépin est la suivante :

    Né en Hollande en 1670, Bernard Mandeville fait ses études en philosophie et en médecine à Rotterdam. Il se spécialise dans les maladies nerveuses, que l’on appelle à l’époque les "passions".

    Il fait d’ailleurs paraître, en 1711, son Traité des passions hypocondriaques et hystériques. Il émigre en Angleterre au début du 18ième siècle afin d’y pratiquer la médecine.

    Il développe alors un intérêt non seulement pour la politique et l’économie, mais également pour les fables. En 1703, il traduira en anglais les Fables de La Fontaine et y joindra deux de ses propres fables : "La carpe" et "Le rossignol et le hibou". On se passionne à l’époque pour les fables animalières car elles permettent d’évoquer le principe de l’ordre naturel - on représente l’Homme sous les traits d’un animal - en plus de souligner la tyrannie des passion - orgueil du corbeau, paresse de la cigale.

    En 1714, Mandeville fait paraître un petit livre qui allait créer un véritable scandale en Angleterre : La Fable des abeilles, ou les vices privés font le bien public. Celui-ci contient un poème : "La ruche mécontente ou les coquins devenus honnêtes", en plus d’une vingtaine de remarques et d’essais sur la politique, l’éthique et l’économie.

    La Fable des abeilles décrit avec passablement de cynisme les ressorts de la prospérité de l’Angleterre du 18ième siècle. Mandeville y dénonce les fausses vertus que sont, par exemple, la modestie, la décence, l’honnêteté et le sens de la hiérarchie. Il tente de montrer comment la convoitise, l’orgueil et la vanité sont les ressorts de l’opulence. Il souligne, en somme, l’utilité économiques des vices et montre, du même souffle, l’harmonie naturelle des intérêts.

    La Fable provoquera un véritable scandale. Les journaux seront le lieux de débats acrimonieux, alors que l’Église condamnera ce diable d’homme ("Man-Devil"). Or, on semble avoir mal compris le sens de la dichotomie vertu/vice qu’utilise Mandeville. La vertu, selon lui, est toute action qui s’oppose aux impulsions de la nature et qui cherche à faire le bien public, alors que le vice est tout ce que l’homme accomplit pour satisfaire ses appétits sans considération pour le bien public.

    Les vices auxquels Mandeville prête une utilité économique ne sont donc pas l’ivrognerie, la pyromanie ou la luxure. Non, ce sont plutôt la convoitise, la recherche du profit individuel, l’orgueil. Ce sont ces passions naturelles toujours à l’oeuvre mais que dissimule l’état social. Ce sont, en un mot, tout ce qui pousse les Hommes à embaucher des domestiques, à se faire confectionner des robes magnifiques ou des bijoux coûteux, en somme à chercher à devenir riches et à dépenser sans compter pour montrer qu’on l’est devenu. Satisfaire l’extravagance du riche, écrit-il, donne du travail aux pauvres. La prodigalité est utile, la frugalité est nuisible. Malthus et Keynes auront compris la leçon...

    Le texte traduit est accessible sur le Web : http://www.audace-afrique.net/attac...

    Claude TRAN

  • par Richard J. Prataine (xxx.xxx.xxx.189) 8 septembre 2013 09:25

    "Satisfaire l’extravagance du riche, écrit-il, donne du travail aux pauvres. La prodigalité est utile, la frugalité est nuisible".

    C’est une belle formule, inversible, que Mr M. pourrait s’appliquer à lui-même et à ses pairs ! Riche pédagogie ou pédagogie du riche ? En tout cas, on ne s’enrichit pas en un jour, cela commence à durer...

  • par CRISTOL DENIS (xxx.xxx.xxx.34) 15 septembre 2013 07:35

    Bravo à Philippe Meirieu pour son oeuvre, mais je trouve dommage dans son intervention vidéo de ne pas regarder le potentiel éducatif d’une technologie au prétexte que certains pourraient avoir des conceptions du monde et de l’humain avec des arrières pensées (elles existent sans aucun doute)
    Pourquoi ne pas retrouver notre potentiel d’étonnement ? Pourquoi ne pas adopter un regard naif en se disant, ouah ! c’est dingue, que peut t-on faire de ça ?
    Un ordinateur/smartphone est comme un stylo-un livre-une masse de gens accessible, il ouvre sur le monde, il prolonge les possibilités de penser et d’échanger des hommes entre eux.
    Avec 5 milliards de téléphone dans le monde (bientôt une majorité de smartphone) il pénètre des régions peu dotées que jusqu’à présent les bonnes intentions éducatives n’ont pas pénétrées.
    Alors ne boudons pas notre plaisir de voir tout un chacun accéder à des informations, et demain peut être les transformer en connaissances. Appliquons nous à maîtriser ces technologies, à les socialiser et à nous garder des risques inhérents à tout artefact humain, à la fois poison et moyen de guerissement. Pour ma part j’ai décidé définitivement de voir le côté positif des situations.


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