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Le 1er Congrès National sur la classe inversée a eu lieu les 3 et 4 juillet 2015 au lycée Montaigne à Paris. Les enseignants sont venus, très nombreux, de tous les coins de France et même de l'étranger au point que les organisateurs ont été obligés de limiter l'accès à cet évènement faute de place.

L'association Inversons la classe créée en 2014, organisatrice de ce Congrès se donne pour objectifs de « diffuser le travail des pionniers, pour que la classe inversée fasse partie de la boîte à outils de chaque enseignant, qu'il souhaite l'utiliser ou non. »
Le succès de ce premier congrès ne surprend pas Héloise DUFOUR qui préside l'association.

« Pourquoi 99% des enseignants qui se sont lancés dans la classe inversée veulent continuer l'année d'après ? C'est parce que s'il y a des élèves qui n'adhèrent pas, par rapport au nombre d'élèves que l'on perd ou qu'on ne touche pas quand on est dans le face à face, il n'y a pas photo ! » affirme-t-elle.

Les enseignants sont en effet de plus en plus nombreux à expérimenter la méthode « de la maternelle à l'université, dans toutes les matières : des mathématiques au français en passant par l'EPS. » et un rassemblement en fin d'année scolaire de toutes celles et ceux qui veulent sur ce sujet, partager des pratiques, mutualiser des expériences ne peut que qu'être le bienvenu.

C'est bien l'objectif que s'est fixée Héloise DUFOUR, ancienne élève de Normale Sup, docteur en neurobiologie, qui, « tout au long de sa carrière de recherche, a toujours été persuadée que le métier de chercheur consistait non seulement à produire de la connaissance mais aussi à la diffuser à un public plus large que le cercle restreint des initiés... Elle a découvert et expérimenté aux États-Unis la pratique de la classe inversée. »

En France, elle rencontre des dizaines d'enseignants qui mettent en œuvre la classe inversée à tous les niveaux et dans toutes les matières, et acquiert la conviction que « par son potentiel de diffusion la classe inversée représente un levier pour changer l'école et apporter des réponses aux problèmes qu'elle a aujourd'hui que ce soit les inégalités scolaires, l'entrée dans le numérique .. »

On comprend alors le succès fulgurant de l'association.

Mais qu'est-ce vraiment que la classe inversée ? Quelles en sont ses vertus et pourquoi cette pratique se développe-t-elle aussi largement et rapidement ?

 

"La classe inversée c'est le fait de sortir du cours les activités qui demandent moins d'interaction avec l'enseignant pour pouvoir consacrer plus de temps en classe aux activités complexes ou qui demandent plus d'interaction avec l'enseignant" précise Héloise DUFOUR.

"Le modèle de la classe inversée est particulièrement propice à l'utilisation du numérique, que ce soit par l'utilisation de vidéos disponibles en ligne pour que les élèves accèdent au cours à la maison, ou par la formation d'un portfolio numérique... La classe inversée c'est le bon niveau de nouveauté apporté par le numérique."

Car le numérique joue un rôle essentiel.

Il permet a l'enseignant d'investir le temps d'apprentissage de l'élève, avant, pendant, après le cours en face a face.

Il ne s'agit pas de placer les technologies avant la démarche pédagogique. Mais il faut la maitriser afin qu'elle vienne en soutien à la pédagogie.

Mais ne nous y trompons pas, « ce sont des pratiques qui existaient déjà mais elles sont potentialisées et facilitées par le numérique .. la classe inversée, c'est le bon niveau d'innovation qui s'appuie sur des pratiques pédagogiques anciennes »

Alors, la classe inversée c'est du Freinet 2.0 ?

C'est d'abord « passer plus de temps en pédagogie active ».
Aujourd'hui l'institution a la volonté de donner plus de liberté pédagogique aux enseignants qui partagent et mutualisent leurs pratiques pédagogiques.

La classe inversée c'est la mise en œuvre d'une pédagogie active qui permet la construction progressive d'une véritable autonomie des élèves.
Mais y-a-t-il des élèves réticents ? Pourquoi ?

Que faire si dans l'établissement des enseignants sont réticents voire opposés à la mise en œuvre de la classe inversée ?

« Un enseignant qui innove, c'est une remise en cause de ce que font des collègues ou cela peut être pris comme tel et donc comme aussi une menace ! ..C'est aussi parfois perçu comme étant la méthode miracle qu'on veut nous imposer ! »

L'association considère que la classe inversée doit faire partie de la mallette pédagogique de chaque enseignant qui décidera de l'utiliser ou pas. Et, précise Héloise DUFOUR : « chaque enseignant a la liberté pédagogique mais c'est plus simple quand on connait toute la palette des outils qu'on peut utiliser »

L'année scolaire qui s'ouvre est propice au développement de l'activité de l'association qui compte délocaliser et démultiplier l'esprit du CLIC dans toutes les académies et les régions francophones qui le souhaitent.
L'organisation de la CLISE ( CLasse Inversée : la SEmaine ) du 25 au 29 janvier 2016 sera l'occasion de permettre à chacun localement d'interagir avec des praticiens en classe inversée, pour en découvrir l'éventail des possibilités et échanger sur cette pratique. Les rectorats et particulièrement les DAN sont mobilisés pour apporter leur soutien a cette organisation
Pour tous ceux qui veulent participer l'association propose d'échanger sur Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. ou sur twitter, @clise2016

Nul doute que le prochain Congrès les 1 et 2 juillet 2016 sera très ouvert ce d'autant plus qu'une journée de formation supplémentaire sera dédiée aux outils (création de capsules, plateformes, questionnaires,...), le 30 juin ..ou le 3 juillet.

Claude TRAN

Dernière modification le jeudi, 01 septembre 2016
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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