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Aurélie Dupont-Laurent, professeure à l'école élémentaire du Mont Saint-Michel de Châlons-en-Champagne, et Laëtitia Pérardel, « maîtresse plus », présentent la mise en place d'un cahier numérique de réussites dans leur classe.
L'origine du projet - La mise en place du cahier numérique de réussites repose sur plusieurs paramètres :

  • la présence de la « maîtresse plus » qui fait le lien entre toutes les classes de l’école et assure la mise en place du temps de la réussite, afin de favoriser la continuité pédagogique et surtout la fluidité des parcours des élèves ;
  • l’envie de modifier les pratiques d’évaluation, d’en avoir une vision plus positive, d’être au plus près des acquis des élèves et de les rendre acteurs de leur évaluation ;
  • l’équipement numérique de l’école (TNI, tablettes) qui a favorisé la mise en place du dispositif.

Le déroulement de l'activité

Dans ce dispositif, les élèves sont acteurs de leurs évaluations.
En dehors du temps de la réussite :

  • ils ont un tableau de suivi personnel des compétences à acquérir sur l’année scolaire, tableau qu’ils consultent dans et hors la classe ;
  • ils s’inscrivent sur le tableau pour proposer de valider une compétence.

Durant le temps de la réussite :

  • ils réalisent l’évaluation correspondant à la compétence à valider.

Si la compétence est validée, l’élève la reporte sur son tableau de suivi individuel et sur son cahier numérique de réussites.
Si la compétence n’est pas validée, des pistes de remédiation lui sont proposées.

Les compétences mises en œuvre

Ce temps de la réussite programmé permet de mettre en œuvre des compétences du socle commun de compétences, de connaissances et de culture. 
Dans le domaine 2, l’élève apprend par ce temps et son inscription préalablement librement choisie, à organiser son travail, à planifier seul ou avec l’aide du maître, les révisions nécessaires et ciblées. Il peut utiliser pour cela tous les outils à sa disposition (cahiers de leçons, vidéos à visualiser librement sur les tablettes…). Les élèves ont même élaboré des vidéos (des protocoles de réalisation de constructions de formes géométriques, par exemple), pour pouvoir les réviser ultérieurement si besoin, librement. Cela permet ainsi de travailler la coopération. 
Enfin, l’élève est responsable et responsabilisé sur son parcours : il se fixe lui-même des objectifs et se donne les moyens de les atteindre.

Les apports du numérique

L’utilisation des tablettes et de l’ENT motive les élèves, elle les rend plus autonomes. Ils travaillent à leur rythme et gèrent leurs activités. Ces outils numériques leur permettent également d‘avoir une vision globale de leur parcours individuel. 
Ils ont facilité la mise en place du dispositif d’évaluation, la mise en mémoire des traces des apprentissages. Pour l’enseignant, le suivi individualisé des élèves et la communication des acquis à l’ensemble de la communauté éducative, dont les parents, sont simplifiés.

Fluidité des parcours des élèves

Sur l’école à ce jour, le cahier de réussites est réalisé de la moyenne section de maternelle jusqu’au CM2. 
L’objectif est qu’il puisse être réalisé par chacun des élèves, à son rythme, durant les années de cycle. Le format numérique permet une transmission de classe en classe : il suit l’élève durant son parcours.

L’impact sur les pratiques d’évaluation, sur la pédagogie, sur la vie de classe

L’évaluation n’est plus imposée à tous au même moment : certains peuvent l’anticiper, d’autres pourront la retenter ultérieurement.
Cela a permis également de procéder à des évaluations orales (avec enregistrement libre de la part des élèves sur tablette s’ils le souhaitent, enregistrements qu’ils gèrent totalement, qu’ils peuvent recommencer jusqu’à obtenir le niveau de satisfaction qu’ils souhaitent). 
Echanger avec les élèves sur les procédures mises en place lors de la réalisation d’une évaluation nous permet d’apporter une remédiation au plus près du besoin de l’élève : l’erreur retrouve toute sa place dans le processus d’apprentissage et cela dédramatise pour certains l’acte d’évaluation. 
C’est une véritable évaluation positive, puisque nous parlons des réussites des élèves. Les enseignants l’ont incluse dans leur pédagogie, et annoncent dès les débuts des séquences les notions travaillées qui permettent de valider des compétences dans le cahier de réussites. Cela redonne du sens aux apprentissages, les élèves savent sur quoi ils seront évalués : les attendus de fin de séquence en quelque sorte…
Pour réaliser cela, la pédagogie est devenue plus explicite. 
Le regard croisé entre les enseignants permet une dynamique plus importante, une réactivité et de nouvelles idées pour perfectionner le support et les évaluations proposées. 
Les élèves comprennent que c’est une équipe enseignante qui les encadre et ils peuvent faire appel indifféremment à la maîtresse de la classe ou à la maîtresse plus. Cela permet aussi d’échanger sur les niveaux d’exigence et d’ajuster. 
Ce système apaise le climat de classe : les élèves savent ce que l’on attend d’eux et ils se recentrent sur leurs capacités propres.

Perspectives 

  • Généraliser l’utilisation de vidéos et de cartes mentales comme trace écrite par les élèves eux-mêmes.
  • Intégrer l’oral aux évaluations : proposer aux élèves une évaluation orale et non plus écrite, notamment par le biais de l’enregistrement audio sur tablette.
  • Etendre les nouvelles modalités d’évaluation du cahier de réussites à toutes les disciplines : proposer notamment des évaluations orales et numériques en histoire et en EPS.
  • Permettre de faire des évaluations à tout moment des séquences d’apprentissages et de la journée, en dehors du temps de la réussite.

 Aurélie Dupont-Laurent et Laëtitia Pérardel

Article publié sur le site : http://www.cndp.fr/agence-usages-tice/temoignages/un-dispositif-d-evaluation-en-elementaire-le-cahier-de-reussite-numerique-1276.htm
Auteurs : Aurélie Dupont-Laurent et Laëtitia Pérardel

Dernière modification le lundi, 16 janvier 2017
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