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La liberté pédagogique n’est pas une expression vide de sens et elle s’exerce largement dans notre système éducatif même si cela est bien sûr dans le cadre, certes contraignant, des horaires et des programmes - Décret de 2005-
 
 
Ainsi ce ne sont ni les IEN dans l’enseignement primaire, ni les IA-IPR ou les chefs d’établissement dans l’enseignement secondaire, ni les présidents d’université dans l’enseignement supérieur qui constituent des freins majeurs au développement, trop lent dans chacun de ces trois secteurs, du numérique pédagogique.
Ces cadres du système éducatifs ne sont pas les bras armés du complot de tous les conservatismes : ce serait trop simple ! Ce sont pour la plupart des enseignants même s’ils ont choisi d’autres responsabilités. Personne ne leur donne pour mission de casser du personnel innovant et ils ne le font pas. Tout professeur peut leur dire en parodiant la tirade d’Oreste à Jupiter dans « les mouches » de JP Sartre : Vous êtes inspecteur et je suis libre : nous sommes pareillement seuls et notre angoisse est pareille.
 
 
Il ne s’agit pas, pour autant, de dédouaner à bon compte le système éducatif et ses cadres de leur responsabilité dans la lenteur du processus d’innovations occasionné par l’entrée inévitable de l’Ecole dans le monde du numérique. L’enseignant qui se lance dans ce processus se heurte à toutes sortes de difficultés : matérielles d’abord (son appropriation des outils et leur mise à disposition de ses élèves), conceptuelles ensuite ( création de nouveaux protocoles et modules d’apprentissage, auto évaluation et régulation de pratiques nouvelles, auto formation…)
Face à ces défis, il s’épuisera si nul ne lui vient en aide : il a impérativement besoin d’une équipe pour mutualiser, de formations y compris théoriques pour accompagner l’acquisition de compétences autres, d’évaluation par des tiers et de validation pour poursuivre, infléchir, approfondir, s’approprier…ne pas se décourager.
 
 
Et c’est là que IEN, IA-IPR, chefs d’établissements, présidents d’université… ont un rôle essentiel à jouer. Ils doivent être mandatés, entre autre et avec d’autres, mais clairement, par le ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche pour être des facilitateurs et même des accélérateurs d’innovation. Ils sont les mieux placés, à condition d’être eux aussi formés, pour repérer les pratiques innovantes, pour les accompagner, pour les évaluer, pour diffuser les plus intéressantes. Ils sont les mieux placés pour encourager et valoriser les personnels porteurs de ces pratiques. Ils sont les mieux placés pour organiser, en liaison avec les ESPE, les formations nécessaires ( à condition que la formation continue soit sortie du coma profond dans lequel elle a été plongée ).
 
 
Tout comme pour les professeurs dans leur classe, il s’agit d’un changement de point de vue rendu simplement indispensable par l’attente des usagers de l’Ecole et par celle des collectivités locales qui équipent à grands frais les établissements en matériels numériques ( ordinateurs, tableaux interactifs, tablettes…).
 
La liberté (d’innover), c’est vraiment mieux lorsqu’elle peut s’affirmer collectivement… mais il serait dangereux d’attendre que toutes les conditions soient réunies pour la pratiquer.
Dernière modification le samedi, 10 janvier 2015
Puyou Jacques

Professeur agrégé de mathématiques - Secrétaire national de l’An@é

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