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Episode 2 : Je rentre à peine d’un séjour de deux mois à l’étranger où tout oeil, toute oreille, j’ai exploré, observé, analysé, pensé et réfléchi et où j’ai appris. Cette intervention est la seconde partie d’une réflexion qui porte sur deux domaines en particulier : la recherche; le sytème d’éducation français.

image0502183Une nouvelle Renaissance 

Laetitia Marcucci est philosophe et chercheur entre autres au Centre de Recherche en Histoire des Idées à l’université Nice Sophia Antipolis et participe à une recherche sur la créativité dirigée par le docteur Cindy De Smet du Laboratoire d’Innovation et du Numérique pour l’Éducation. C’est dans ce contexte que je l’ai croisée et j’ai retenu de sa présentation lors de cette rencontre son idée que nos sociétés vivent présentement une nouvelle Renaissance.  Cette idée m’a séduite et j’ai poussé un peu la réflexion à ce sujet. 

Je propose l’analogie suivante.  Dans le contexte de la formation des enseignants, je compare nos universités actuelles, dont les structures pyramidales et les parcours visant une spécialisation de plus en plus pointue, aux cathédrales gothiques du moyen-âge dont les flèches des clochers s’élèvent vers un dieu inaccessible.

Ce style a été remplacé par l’architecture de la Renaissance qui valorise la symétrie, l’équilibre, l’humanisme, qui donnera graduellement place à des modes d’expressions libres et variées. C’est un peu ce qui se produit présentement par la prolifération des MOOC.  Et quant à la formation des enseignants, ce sont le "Carnaval numérique Même pas peur", l’apprentissage libre offert pas des groupes tel Eduvoices ou Ludovia, cette " Université d’été " qui en répondant à un besoin a su faire des petits.  Les colloques se multiplient et tous apprennent les uns des autres. Les industries EdTeck tel Google ou Apple offrent des certifications.  L’apprentissage se fait " hors les murs ", à l’horizontale. 

La Renaissance a vu apparaître la naissance d’une identité européenne.  Notre époque voit apparaître la naissance d’une identité planétaire. De plus en plus nous sommes tous membres de l’équipage du vaisseau spatial Terre, pour reprendre l’expression de MacLuhan. 

L’imitation de l’Antiquité que reconnaît la Renaissance, se rapproche du détachement de la survalorisation des sciences dures par les programmes d’enseignement du siècle passé pour la redécouverte des humanités et des soft skills.  Et STEM (Science, Technology, Engineering, Math) a évolué en STEAM (Science, Technology, Engineering, ARTS, Math).

À la Renaissance, l’imprimerie naissante a vu la diffusion de l’information auprès d’une population auparavant inculte.  Le WEB et les réseaux sociaux de notre nouvelle Renaissance donne à tous l’accès immédiat à tous les savoirs, vrais ou FAKES. 

Et nous pourrions sans difficulté pousser plus loin la comparaison. 

Enseigner, instruire et éduquer à la française 

On ressent en France une certaine déprime, particulièrement chez les autorités et les gouvernants.  On lit fréquemment dans divers journaux et autres publications, multiples critiques relatives à la médiocrité du système d’éducation français dont les résultats très moyens aux divers concours internationaux inquiètent.  Son apparente déchéance actuelle est " dure pour le moral " du peuple, des intellectuels et des élus. 

Pendant près de 100 ans le système d’éducation de France a été considéré comme l’un des meilleurs au monde, si ce n’est le meilleur.  Ce système a, comme on dit d’un édifice ancien à rénover : " It gots good bones ».  Il lui faut simplement s’adapter à l’évolution de la société et à la culture numérique.  Tout comme il y a 100 ans,  on a changé les lampes à l’huile dans les édifices pour les remplacer par l’éclairage électrique.

En tant qu’observateur externe, voici comment je vois les choses.  Ouvrez vos yeux et regardez ce qui se passe dans votre pays.  Soyez conscient de l’effervescence, du bouillonnement d’expériences pédagogiques, de la vitalité de ces nouvelles pousses d’enseignants, conseillers pédagogiques, inspecteurs sur le terrain et aussi les excellents travaux de certains centres de recherche, les projets des Savanturiers en sont un exemple et le travail poursuivi depuis de nombreuses années à l’université de Grenoble, à Poitiers et tant d’autres ! À Nice, j’ai eu la chance de rencontrer quantité de pédagogues qui transforment l’éducation au quotidien et la mène vers ce que l’on nomme souvent l’éducation du 21ème siècle.

Lisons Ludomag, Educavox ou Café pédagogique, quelques-unes des nombreuses publications qui font état de la créativité et du dynamisme des enseignants et éducateurs de France.  Peut-être faut-il comme moi, vivre " dans la rue ", sortir des tours d’ivoire issues d’un système pyramidal pour devenir conscient de la richesse des initiatives et de la créativité " du peuple ".

Qu’est-ce que la France, que l’Europe peut offrir au monde? se demandaient administrateurs et politiques à Bruxelles au First European Education Summit le 25 janvier dernier.  Il importe de conserver l’esprit des Lumières, de rappeler l’importance pour le développement de l’humanité que furent les grandes découvertes et y ajouter une bonne dose de bienveillance. :-)

Peut-être s’allier à l’Unesco, qui dispose déjà depuis 1978 du Centre du patrimoine mondial pour imaginer une éducation de base que se partageraient tous les humains. 

" Le patrimoine est l’héritage du passé, dont nous profitons aujourd’hui et que nous transmettons aux générations à venir. " — Extrait de la convention de 1972.

Qu’est-ce que l’Afrique peut offrir au monde, et l’Asie, l’Inde, l’Amérique? Pourquoi ne pas orienter les recherches de ces savants diplômés des universités dont on ne sait quoi faire vers un certain inventaire, vers la création à l’aide des technologies numériques d’activités éducatives dont pourraient disposer les enseignants, à partir entre autres, des immenses collections des musées, mémoires du long chemin parcouru par l’Homme depuis qu’il a quitté son Afrique natale.

Peut-être ceci est ce que la France, ce que l’Europe peut offrir au monde. C’est un sujet de réflexion à développer.

En conclusion

Paraphrasons Guillaume Apollinaire qui écrivait :

Des temps en temps

Il est bon d’arrêter notre quête du bonheur
Et d’être simplement heureux

De temps en temps
Il est bon d’arrêter notre quête de la solution miracle
Et simplement d’agir au meilleur de notre intelligence

Je termine évidemment en faisant la promotion du concept éducatif que j’ai conçu : Pour le petit de l’Homme

Merci à l’ESPE de l’Académie de Nice qui m’a offert, par l’entremise de sa directrice madame Isabelle Negro, le billet d’avion.  Cette participation financière a facilité ce voyage d’étude.

Vous pouvez aussi suivre chez Ludomag et École branchée  pendant quelques mois, la série : Une québécoise en PACA.

 Louise Lepage

Dernière modification le mardi, 06 février 2018
Ninon Louise LePage

Sortie d'une retraite hâtive poussée par mon intérêt pour les défis posés par l'adaptation de l'école aux nouvelles réalités sociales imposées par la présence accrue du numérique.

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