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Dans une tribune publiée dans Les échos, co-signée par l’équipe de recherche de l’Observatoire Netexplo, voici une mise en perspective de l’importance d’une nouvelle gouvernance des données pour les villes et de l’importance du respect de la vie privée des citoyens. Les raisons de l’échec de la « Smart City Google » à Toronto sont particulièrement à connaitre ! Cette décision peut apparaître anecdotique dans le contexte mondial actuel de catastrophe sanitaire, économique et sociale, en pleine pandémie. Nous pensons cependant qu'il s'agit d'une alerte importante sur l'utilisation des données massives, à retenir et prendre en compte pour « l'après Covid-19 ».

Les signataires

Les membres de l'Observatoire Netexplo Smart Cities en sont : Virginie Boutueil, chercheuse, directrice adjointe Lab Ville Mobilité Transports (Ponts Paristech) ; Bernard Cathelat, sociologue ; Thierry Happe *, président de l'Observatoire Netexplo ; Brice Laurent, professeur et chercheur au Centre de sociologie de l’innovation, Mines Paristech ; Gérard Memmi, professeur, directeur du département informatique et réseaux de Telecom Paris ; Gérard Naulleau, professeur à l'ESCP Business School ; Antoine Picon, architecte, ingénieur et historien, professeur à Ponts Paristech et Harvard University ; Francis Pisani, journaliste et écrivain ; Ben Voyer, professeur à l'ESCP Business School et London School of Economics.

Si les promoteurs des transformations urbaines s'appuient sur les données massives, alors ils ne peuvent faire l'économie d'une réflexion profonde sur leur politique.

L'abandon du projet Quayside à Toronto est un échec qui doit être compris comme une alerte. On a négligé de définir les règles du jeu, l'éthique de cette modernité. C'est à ce genre d'excès que vont s'opposer des citoyens, comme à Toronto. Ce sont eux aussi qui poussent de plus en plus d'acteurs à réclamer un principe de privacy by design qui impliquerait que tout projet repose sur une anonymisation des données privées, sauf accord explicite (opt-in) de chaque personne concernée.

L'échec de Sidewalk Labs nous force à inventer d'autres modèles pour les villes de demain, plus inclusifs, et dans lesquels les données ne seraient pas considérées comme des ressources économiques naturellement disponibles pour des multinationales, mais feraient l'objet de réflexions collectives. Cela veut dire produire et utiliser des données choisies pour les priorités qu'elles peuvent servir (par exemple environnementales) et dans les conditions qui permettent des échanges volontaires et fructueux pour tous. 

Cela nécessite d'inventer des institutions de débats, de suivi et de contrôle, mais aussi, et peut-être surtout, de réimaginer les perspectives futures de nos villes.

Plutôt que des « smart cities » produisant de la valeur économique grâce à la seule extraction des données, les villes de demain pourraient être des « linking cities », dont les valeurs multiples reposeraient sur la création et le maintien des liens entre habitants, territoires et priorités environnementales et sociales.

L'évolution est ambitieuse. Mais elle est nécessaire pour que les visées de la transformation des villes ne soient pas seulement technologiques, mais aussi environnementales et humaines.

Article disponible ici : https://www.lesechos.fr/idees-debats/cercle/opinion-google-city-de-toronto-les-raisons-dun-echec-1203831

*Thierry Happe co-fondateur et président de NetExplo fait partie du conseil scientifique de l'An@é. Il nous apporte une approche internationale sur la manière dont le numérique est utilisé de par le monde.

Même si cette réflexion concerne une conception de la ville, les questions éducatives et culturelles ne peuvent être absentes de ces perspectives !

Dernière modification le lundi, 01 juin 2020
Laurissergues Michelle

Tout d’abord enseignante en école maternelle, directrice d’école, maitre formateur, directrice du centre Départemental de documentation pédagogique en Lot-et-Garonne (actuellement CANOPE),  responsable associative au niveau des écoles maternelles de 1973 à 1994, présidente nationale de l’An@é de 1996 à 2017 qui a créé le site Educavox dont je suis responsable éditoriale.

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