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Ils sont aujourd’hui près de 60000 inscrits aux cinq MOOC que propose le CNAM sur la plateforme FUN ouverte en janvier. Cette plateforme réalisée en six mois par le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche propose à ce jour une trentaine de MOOCs à plus de 230 000 inscrits.
Le CNAM aux côtés d’établissements prestigieux comme l’Ecole Polytechnique, Sciences Po, l’Ecole Normale Supérieure, l’Institut Mines télécoms et de nombreuses universités y tient donc une place toute particulière. 

 "Les cours ouverts c’est une tradition du CNAM" nous dit Isabelle GONON chef de projet MOOC a la direction nationale du numérique du CNAM que l’An@é a rencontrée et interviewée lors des rencontres EducPros .
 
Comme l’Ecole Polytechnique et l’Ecole Normale supérieure, cet établissement d’enseignement supérieur et de recherche est une réalisation de la Révolution française, créée en 1794.
 
La diffusion de la culture scientifique et technique, la formation tout au long de la vie et la recherche technologique et l’innovation, constituent les trois missions du CNAM qui délivre quelques 500 diplômes par an et accueille 90000 inscrits. Il était donc dans la logique même de cet établissement de s’engager dans la création de MOOC .
 
Mais un MOOC c’est avant tout l’œuvre personnelle d’un enseignant avec l’aide d’une équipe technique .
 
Le CNAM a donc fait appel au volontariat pour se lancer dans ce projet.
Pourquoi innover ainsi ? Que recherche un enseignant en se lançant dans la démarche ? Le travail en amont est important, mais ce qui freine parfois les initiatives c’est la « crainte » de l’exposition aux critiques. Plus d’ailleurs à celles des pairs que de la part des étudiants.
 
Aux quatre cours créés dès janvier, "Introduction aux technologies des médias interactifs numériques" de Pierre-Henri CUBAUD, « du manager au leader » de Cécile DEJOUX, "Concept et Méthode en épidémiologie" d’Arnaud FONTANET, et " Eléments de santé au travail pour les ingénieurs et managers " de William DAB, s’ajoute depuis peu un cinquième MOOC intitulé " le droit des contrats de travail en France " crée par Anne LE NOUVEL.
 
Le nombre et le profil des inscrits à chacun de ces MOOC est différent. Le MOOC de Cécile DEJOUX rencontre un énorme succès avec 36000 inscrits selon Isabelle GONON. Et l’on s’inscrit de très loin, d’Afrique francophone en particulier.
Car l’originalité du MOOC est bien là : offrir en langue française des cours de qualité faits par des universitaires de renom que les étudiants internautes peuvent suivre de manière interactive et collaborative, à leur rythme , en temps réel ou différé, à de grandes distances, mêlant vidéos enregistrées, hangout, forums, quiz interactifs, partage entre apprenants …cela constitue une réelle innovation au service de la diffusion de la culture scientifique dans le monde.
 
Les Etats Unis ne s’y sont pas trompés qui multiplient la création de MOOC en langue chinoise, arabe .. et qui avaient trouvé en France avec Coursera un outil de diffusion des cours de Grandes Ecoles françaises.
Une des questions que pose les MOOC et ceux du CNAM n’y échappent pas, c’est le faible taux d’apprenants qui poursuivent jusqu’à la fin du cours.10% des inscrits sur Coursera vont jusqu’au bout . Cécile DEJOUX a pu fidéliser 20% des inscrits.
L’autre question c’est bien évidemment la validation de la formation en ligne .. sa "certification".
 
Mathieu CISEL, l’un des meilleurs spécialiste français des MOOC qui vient d’ailleurs d’ouvrir avec l’ENS de CACHAN un MOOC permettant d’appréhender en cinq semaines les principaux aspects de la conception d’un MOOC – " Monter un MOOC de A à Z " - ne s’en émeut pas outre mesure car dit-il " si l’entrée dans un MOOC est libre et gratuite, la sortie est tout aussi libre et gratuite ". Il ne s’agit pas poursuit-il "de considérer les inscrits au même titre que des étudiants dans une école, et donc une non-certification au même titre qu’un abandon ".
 
La majorité des inscrits dans un MOOC est constituée de diplômés voire d’actifs ou de retraités qui trouvent là des formations leur permettant de compléter leur propre formation.
Et l’avenir pour le CNAM ?
 
Le CNAM envisage de proposer une dizaine de MOOC par an et fort des informations qu’il en retire fera évoluer sa stratégie d’offre. Et poursuivra ses Formations ouvertes et a distance qui constituent de fait des SMOC (small private online classes) qui allient cours en ligne et tutorat, difficile a mettre en œuvre …avec 36000 inscrits.
Dernière modification le jeudi, 16 octobre 2014
Tran Claude

Agenais de naissance Claude TRAN a été professeur de Sciences Physiques en Lycée, chargé de cours en Ecole d’Ingénieur, Inspecteur pédagogique au Maroc. A 34 ans il accède aux fonctions de chef d’établissement puis s’expatrie à nouveau, cette fois en Algérie comme proviseur du lycée français d’Oran ; en Aquitaine il dirigera les lycées Maine de Biran de Bergerac, Charles Despiau de Mont de Marsan et Victor Louis de Talence. Il a été tour à tour auteur de manuels scolaires, cofondateur de l’Université Sénonaise pour Tous, président de Greta, membre du conseil d’administration de l’AROEVEN, responsable syndical au SNPDEN, formateur IUFM et MAFPEN, expert lycée numérique au Conseil Régional d’Aquitaine, puis Vice Président de l’An@é, actuellement administrateur de l'An@é et de l'association Inversons la classe, journaliste à ToutEduc, chroniqueur à Ludomag.

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