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Au Théâtre Auditorium de Poitiers, dans le cadre de l’Université du Futur, mise en place par le Conseil-Régional de la Nouvelle-Aquitaine, lycéennes et lycéens puis grand public se sont retrouvé(e)s le 17 décembre 2019 pour suivre les échanges autour de la thématique : « Éduquer dans un monde en pleine révolution digitale. Quelles compétences pour réussir au 21ème siècle ? »

Dans un premier temps, trois cents lycéens ont échangé avec des experts, François VINCENT, Conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine en charge de l’Université du Futur, Laurence DEVILLERS, Professeur en Intelligence Artificielle au LIMSI-CNRS, Véronique CHAÎNE, du CLEMI, Centre pour l’éducation aux médias et à l’information, Bruno LAFORESTRIE, Directeur radio Mouv' - Groupe Radio France et Jean-François CERISIER, Vice-président de l’Université de Poitiers, directeur de l’unité de recherche TECHNÉ avec la participation du journaliste et animateur de radio David ABIKER.

Quelles compétences pour réussir au 21ème siècle ?

Aux trois piliers de base de tout système éducatif – lire, écrire, compter – il faudra désormais ajouter trois autres : empathie, créativité, pensée critique. Comment éduquer à ces aptitudes indispensables, acquises généralement ailleurs que dans les programmes scolaires ?

La rencontre s'est élargie ensuite au grand public, qui a d’abord visionné le document suivant :

https://youtu.be/3NbrIWYhhHQ

Une ouverture « officielle »

Toujours animé par David ABIKER, l’ouverture officielle s’est déroulée avec les interventions de :

● Alain CLAEYS, Maire de Poitiers et Président de Grand-Poitiers qui a rappelé que cette Université du futur était la 2ème et qu’à l’initiative de l’Etat et du Conseil régional N-A, se déroulera, à Poitiers du 2 au 5 juin 2020 le « Forum International pour l’Education du Numérique » au Parc des Expositions.

Indiquant que l’IA est « partout » il est nécessaire d’éduquer au numérique, d’adapter les contenus pédagogiques, de changer les pratiques et de maitriser les données. L’importance des sciences cognitives est évidente. Les démarches citoyennes sont essentielles.

● Francois VINCENT, Conseiller régional de Nouvelle-Aquitaine en charge de l’Université du Futur confirme que la Région a voulu trouver des lieux (dont Poitiers) pour débattre de ses questions, que la place de l’IA oblige à poser la manière d’éduquer et comment on arrive à avoir une pensée nouvelle avec le numérique. Les Universités du futur en Nouvelle-Aquitaine sont bien des lieux pour aider et donner la capacité à penser le monde différemment.

Jean-Marie PANAZOL, Directeur général du Réseau Canopé indique que Canopé produit des ressources pédagogiques pour les usages liés au tsunami numérique en cours. Les réflexions pédagogiques sont au centre des réflexions actuelles en relation avec l’évolution des savoirs. Il insiste sur le fait que TOUS les éléments territoriaux sont des acteurs de l’évolution de la société.

● Bénédicte ROBERT, Rectrice de l’académie de Poitiers insiste sur comment on remet de l’humain dans l’éducation et que les démarches pédagogiques sont essentielles. La réforme des ESPE devenu INSPE - Institut National Supérieur du Professorat et de l’Education, est en cours et elle souhaite que les enseignants doivent avoir une bonne compétence dans l’Internet, les réseaux sociaux et donner un esprit critique aux enfants. Il faut éduquer aux risques et remettre le lien social au centre de l’éducation.

Poitiers, déjà lieu de Canopé, CNED, Universités, Académie va s’organiser pour un service régional du numérique éducatif pour la Nouvelle-Aquitaine (Académie de Bordeaux, de Limoges, de Poitiers), en janvier 2020.

 

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Il est par ailleurs intéressant de lire l'édito d'Alain Rousset, président du Conseil régional Nouvelle-Aquitaine présentant le concept de l’Université du futur : 

" Parce que l’anticipation et l’innovation constituent la clef de voûte de notre développement, la Région a créé l’Université du Futur pour répondre aux grands défis du siècle. Porté par le Docteur François Vincent, président de la Commission « enseignement supérieur » de la Nouvelle-Aquitaine, l’UF est un outil de prospective et de réflexion sur la révolution numérique et ses conséquences vertigineuses dans tous les domaines.

Donner au grand public une vision panoramique d’un nouveau monde numérique dominé par les géants du Net – GAFA américains et BATX chinois –, en débattre, créer des vocations, et permettre à chacun de mieux anticiper l’avenir, notamment pour l’orientation des jeunes, seront les missions principales de l’Université du Futur. Interdisciplinaire par définition, l’UF devra contribuer à transformer les menaces des nouvelles technologies en autant d’opportunités de développement économique, et donc en création de valeur et d’emplois.

Dans un contexte mondial de changement ultrarapide, souvent anxiogène pour le citoyen –tant il bouleverse son quotidien et ses habitudes –, le besoin de pédagogie et de formation permanente devient plus indispensable que jamais. « Mise à jour » est le mot d’ordre de l’époque. Dans un univers numérique largement anglo-saxon, l’UF dispensera une vision francophone, humaniste et raisonnée des technologies de rupture qui impactent ou impacteront tous les domaines : économie, santé, mobilité, agriculture, sécurité, éducation ou encore culture.

Au sein du pôle Développement Economique de la région Nouvelle-Aquitaine, l’Université du Futur a également pour vocation de contribuer au développement des technologies d’avenir à travers nos territoires : nanotech, biotech, infotech, sciences cognitives et IA, pour ne citer qu’elles. Et de veiller à toujours privilégier l’intérêt de l’humain en accompagnant le progrès, car « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ". Alain ROUSSET, Président du Conseil régional Nouvelle-Aquitaine

Une intervention de type KEYNOTE

Puis un Keynote a été organisé sur le thème : « Quelle place pour les humanités dans le nouveau monde numérique ? » avec une intervention « spectaculaire » de Raphaël ENTHOVEN, Professeur de philosophie, producteur et animateur de radio, auteur.

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Publié sur la nouvelle République.fr : En quoi l’intelligence artificielle change-t-elle à vos yeux notre rapport à nous-mêmes ? « En rien. Nous n’avons pas attendu l’intelligence artificielle pour être enfermés dans nos comportements à la façon dont un algorithme prétend le faire. Nous n’avons pas attendu l’IA non plus pour nous demander si la machine était plus forte que l’homme. Nous n’avons pas attendu la mise en chiffres de nos comportements pour céder à l’illusion que l’amour était un phénomène qu’on pouvait prévoir et organiser. Nous n’avons pas attendu l’IA pour redouter que nos créatures nous échappent. C’est même une angoisse qui traverse l’humanité depuis le Golem et qui passe par Frankenstein et Terminator. En vérité, c’est une angoisse qui remonte à la Genèse. La première créature à avoir désobéi à son créateur (et trouvé sa liberté dans cette transgression), c’est l’homme. En redoutant que nos machines nous échappent, nous rejouons une partie vieille comme le monde où l’humanité vit comme une peur ce qui relève d’abord de l’orgueil (se prendre pour Dieu). Bref, rien de nouveau sous le soleil. Les moyens changent, les passions sont immuables. »
Faut-il en craindre les effets ? « Il faudrait le faire si l’IA menaçait de produire des humains, des robots pervers ou lâches… Or, nous sommes aussi loin d’y parvenir que de remplir une baignoire avec une seringue. L’abîme qui sépare la conscience de soi d’un logiciel (si puissant soit-il) n’est pas franchissable par la technique.

Accès à l'article : https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/les-passions-sont-immuables

Un Débat : Comment répondre à Michel Serres ?

Dans son livre culte « Petite Poucette », évoquant les jeunes collés à leur Smartphone, Michel Serres affirmait : « Face au nouvel humain en train d’advenir, tout est à refaire en matière d’éducation ». Avait-il raison ?

Gérard BLANCHARD, Vice-président du Conseil régional Nouvelle-Aquitaine en charge de l’enseignement supérieur et de la recherche, professeur d'université, Eric LAMBERT, Chercheur CNRS, professeur à l’université de Poitiers, Responsable du projet DysApp et Serge RAVET, Directeur de projets internationaux à l'Espace Mendès France, Co-créateur des Open Badges en ont débattus.

En 2017 il y avait 15,7 millions d’apprenants et ¼ de la population suivait des études. Et en conséquence au-delà des idées défendues par Michel Serres qu’est-ce qui a changé dans l’éducation ?

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Il est recommandé, après que la majorité des intervenants rappellent qu’ils sont d’accord avec Michel Serres, que l’on doit ajouter des compétences aux enseignants qui doivent DOMINER LE NUMERIQUE. Le « zéro » numérique n’existe pas. L’école ne peut être un sanctuaire en dehors du monde des écrans. Il faut donc des compétences pour savoir se défendre. Au fond, que change le numérique ? Mais la reconnaissance est importante alors que parfois l’élève est comme un égal de l’enseignant dans l’univers numérique. Il est donc suggéré que l’élève doit être co-constructeur de l’école… Le numérique a changé le monde et l’accès à la connaissance est présent dans tous les temps de l’éducation.

Les filaires des GAFA (Amérique) et des BATX (Chine) s’organisent, l’éducation nationale doit elle aussi s’organiser en conséquence.

Michel Serres avec, en autres la « Petite Poucette », « Face au nouvel humain en train d’advenir, tout est à refaire en matière d’éducation », avait raison !

Une Conférence – Spectacle « Tribunal pour les Générations Futures » :

 

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Un événement Usbek et Rica sous forme de procès :

L’éducation a-t-elle encore besoin de l’Humain ?

Alors que tout bon professeur est avant tout décrit comme « passionné » et « pédagogue », comment le numérique et son corollaire, l’Intelligence Artificielle (IA), simples outils exempts d’émotion et d’imaginaire, pourraient-ils le remplacer ? Notre modèle d’apprentissage fondé sur l’humain doit-il être mis à jour ? L'IA menace-t-elle la pédagogie ?

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Avec Laurence DEVILLERS, Professeur en Intelligence Artificielle au LIMSI-CNRS, Borna SCOGNAMIGLIO, Fondateur de Pixis et VP de EdTech France, Sandrine GREGOIRE, Fondatrice de Magikeduk et la Présidente du procès Capucine LEBEAU, le Procureur, François FLUHR, l’Avocate de la Défense, Rosalie SALUN.

L’audience de ce jour :

Si les systèmes éducatifs différents d’un pays à l’autre, il existe pourtant au schéma que tout le monde connait : une salle, un instructeur, des apprenants. Pourtant, ce modèle n’échappe pas à la révolution numérique en cours. Internet a ainsi offert un vaste terrain de jeu aux autodidactes et permis à une génération « do it yourself » de s’épanouir en dehors de tout cadre formel d’apprentissage.

Alors que la formation ouverte à distance (FOAD) et les MOOC sont désormais presque datés, de nouvelles approches reposant sur le numérique telles que les Serious games, et le micro learning entendent offrir un nouvel essor à la formation et à l’éducation.

Dopées par la multiplication des écrans, les Ed Tech sont en ébullition numérique, l’Intelligence Artificielle a elle aussi fait irruption dans le secteur et s’attaque désormais à la personnalisation de l’expérience éducative. Notre modèle d’apprentissage fondé sur l’humain doit-il être mis à jour ? Faut-il déléguer la formation à des machines ? Doit-on apprendre à se former soi-même ? Nous sommes en droit de nous interroger : l’éducation a-t-elle encore besoin de l’humain ?

Et suite au procès mis en scène la salle a voté à l’unanimité :

OUI L’EDUCATION A BESOIN DE L’HUMAIN !

Reportage Marcel Desvergne - Michelle Laurissergues

Dernière modification le samedi, 11 janvier 2020
Desvergne Marcel

Citoyen numérique mobile, vice-président de l’An@é, responsable associatif accompagnant le développement numérique. Directeur du CREPAC d'Aquitaine,  Délégué général du Réseau international des universités d'été de la communication de 1980 à 2004, Délégué général du CI’NUM -Entretiens des civilisations numériques de 2005 à 2007, Président d’Aquitaine Europe Communication jusqu’en 2012. Président ALIMSO jusqu’en 2017, Secrétaire général de l’Institut du Goût de la Nouvelle-Aquitaine.

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