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Nous sommes à la mi-mai et un petit rappel :  la classe s’est arrêtée le 13 mars au soir.

Un rappel historique s’impose : Le 13 mars, après l’annonce de notre président, les écoles ont fermé, la classe s’est arrêtée. Nous avons dit « au revoir » assez hâtivement à nos élèves sans trop savoir ce qui nous attendait et heureusement d’ailleurs car nous aurions peut-être versé quelques larmes…

Une très longue période de 6 semaines de continuité pédagogique

 

Chaque enseignant a fait de son mieux avec les moyens dont il disposait pour assurer le suivi de chaque élève (en essayant d’être le plus explicite et le plus aidant possible pour accompagner chaque parent dans ses nouvelles fonctions).

Il a fallu également communiquer par téléphone ou par d’autres moyens de communication avec certaines familles, très mal équipées, qui ne disposaient pas d’ordinateur ou d’un seul ordinateur pour une famille composée de plusieurs enfants (collégiens ou lycéens). Un jonglage difficile sur une journée…

Certains enseignants ont utilisé également les classes virtuelles pour faire travailler leurs élèves et tout simplement pour échanger et ne pas couper le lien entre les familles et l’école (faut-il encore savoir utiliser et optimiser la classe virtuelle aussi bien du côté enseignant que du côté élève). Sans formation, certains n’ont pas osé s’y lancer.

Les vacances de printemps sont arrivées et une sensation d’essoufflement a été ressentie aussi bien du côté des familles que des enseignants.

 

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Moins de retours des parents, moins de renvois du travail des élèves…. C’est humain, la classe à distance, personne ne l’avait expérimenté et encore moins sur une période aussi longue.

Pendant les vacances de printemps, les enseignants volontaires ont été également sollicités sur une semaine pour assurer le soutien scolaire (sous quelles modalités) uniquement à distance pour leurs élèves et d’autres élèves dont ils ne connaissaient pas exactement le niveau de compétences.

Au retour des vacances, le Ministre nous informe que nous devons être très vite prêts pour la réouverture des écoles (accueil des enfants du personnel prioritaire en respectant le protocole sanitaire, pour information, 63 pages).

Dans l’urgence, les enseignants se sont concertés (en lien avec les Mairies) pour être prêts en temps voulu. Questionnement, fatigue, angoisse, appréhension…. Tout s’est mélangé mais encore une fois, les directeurs et les enseignants ont fait face.

Premier jour de reprise, nous voilà revenus dans l’école pour accueillir les élèves dits prioritaires (que devons-nous faire ? de l’enseignement ? de la garderie ?)

2 enseignants pour 10 élèves, nous nous appliquons pour réaliser chaque jour un programme complet souvent pour un triple niveau PS/MS/GS, pour des élèves de notre école et d’autres écoles maternelles de la ville. On s’adapte, on se concerte et on assure.

Pendant ce temps, les enseignants sont invités à poursuivre la continuité pédagogique pour ceux qui restent à la maison mais dont un des deux parents a repris le chemin du travail. Difficile dans ces conditions pour certains parents de continuer à faire travailler leur enfant. Certains s’en excusent et nous demandent un délai plus long pour rendre le travail. Nous devons donc les rassurer et leur témoigner de notre compréhension (bien légitime).

La reprise pour tous les élèves s’approchant, nous anticipons pour être moins pris au dépourvu comme au début du confinement ; nous demandons à chaque famille de nous informer si leur enfant reprendra le chemin de l’école (PS/MS/GS) afin de pouvoir constituer des groupes (avec le respect du nombre d’élèves par groupe incluant également les enfants prioritaires). Un calcul… un vrai casse-tête pour les directeurs et les enseignants. Comment s’y retrouver dans ce flot d’informations ?

Nous serons prêts mais à quel prix !

 

Nous éprouvons un méli-mélo de sentiments et d’émotions : épuisement, lassitude, frustration, satisfaction d’avoir fait notre travail mais de ne pas avoir pu aller au bout de notre travail, ne plus se sentir vraiment enseignant à certains moments …

Ce mois de juin sera le mois des retrouvailles avec nos élèves. Retrouver un rythme de travail en fin d’année après cette longue coupure, cela ne va pas être évident. Allons-nous pouvoir retrouver tous nos élèves ; certains ne reviendront pas par choix des parents. Nous le savons déjà et nous respectons leurs choix.

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Une fin d’année se clôture toujours par une fête de fin d’année, une sortie scolaire, une auberge espagnole entre collègues…. Cette année scolaire se finira en « queue de poisson » sans grandes prévisions pour la rentrée prochaine.

Restons malgré tout positifs, nous sommes allés au bout ; le principal reste la santé et le bien-être de chacun (aussi bien les enfants que les enseignants). Les parents nous ont aidé « à tenir le coup » au quotidien et nous remercient tous les jours pour notre travail. Certains enseignants se sont épuisés en restant 10 heures par jour derrière leur écran (pour assurer la continuité pédagogique, pour répondre aux messages de chaque parent…). Ils ont eu besoin notamment de déconnecter complètement des écrans pendant quelques jours.

Une sacrée expérience pour tous et nous espérons pouvoir repartir en forme et avec des perspectives réjouissantes à la rentrée !

Fin du journal d’une maîtresse confinée en maternelle.

STORTI Sylvie

Dernière modification le samedi, 16 mai 2020
Storti Sylvie

PEMF, Enseignant Référent aux Usages du Numérique (ERUN) en Lot-et-Garonne, Sylvie Storti est également membre du Conseil d’Administration de l’An@é.

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