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Mercredi 24 janvier l’atelier CANOPE47 organisait à Agen, dans ses murs, la deuxième édition du Printemps du numérique éducatif en Lot et Garonne, journée animée par Michelle laurissergues, présidente d’honneur de l’An@é et responsable éditoriale d’Educavox.

Le printemps était bien là, quoique en avance sur le calendrier, puisqu’il a fait 17° dans l’après midi et, pour ce qui est du numérique, l’invité d’honneur de cette manifestation venait du froid. C’était Thierry karsenti, titulaire de la chaire de recherche sur les technologies en éducation  au Canada à l’université de Montréal.

Deux conférences et un atelier complémentaire sur le thème du numérique et de son intégration à l’école.

La première de ces conférences avait pour titre " le numérique en éducation : stratégies pédagogiques pour participer à la réussite scolaire des apprenants. "

Constat est fait que le numérique, à l’échelle mondiale, transforme tous les secteurs de la société et ce monde qui bouge devient de plus en plus complexe. Ainsi le numérique s’impose dans l’éducation comme une tendance irréversible. De toutes façons, le numérique est dans les écoles même si l’on croit qu’il n’y est pas…alors autant l’employer au mieux et à bon escient.

Cela conduit Thierry Karsenti à énoncer l’objectif de son intervention : « vous aider à accomplir votre mission avec le numérique ». Pour l’atteindre, il s’appuie sur des recherches effectuées tant en France (Académie de Versailles), qu’au Canada ou en Asie (lycée français de Singapour) et sur 1500 heures d’observation de classes.

Pour décrire l’environnement actuel de l’école, il faut avoir présent à l’esprit que, très tôt, les apprenants sont connectés à internet et présents sur les réseaux sociaux. Pour étayer cet état de fait quelques chiffres parlent d’eux mêmes.

  • Chaque jour 6 milliards de questions sont posées à Google qui se trouve en première position des outils utilisés par les jeunes.
  • Facebook est le deuxième avec 1,7 milliards d’usagers de part le monde.
  • Wikipédia vient ensuite et il faut savoir à son propos que l’intelligence collective des collaborateurs à la plus fameuse des encyclopédies en ligne assure une régulation amenant la fiabilité des informations qu’elle contient à surpasser celle des meilleures encyclopédies papier.
  • Ce n’est pas tout : les 13-17 ans envoient chacun entre 4000 et 6500 SMS par mois sans compter les notifications.

Dans ce contexte, l’intégration du numérique dans les pratiques de classe engendre tout à la fois des succès qui permettent d’avancer et des défis qui ne doivent pas empêcher de continuer.

Parmi les succès il y a avant tout l’impact sur les apprentissages.

Et à la question " est ce que l’on apprend plus avec le numérique ? " Thierry Karsenti répond résolument oui et ajoute que l’on apprend mieux :

  • L'utilisation des technologies change les façons d’apprendre et facilite l’apprentissage en augmentant l’intérêt des élèves ;
  • Le numérique a un fort impact sur la motivation des apprenants ils sont plus actifs et plus engagés ;
  • Les avantages sont à la fois cognitifs et affectifs.

Il ne faut pas pour autant gommer les points négatifs qui sont ici appelés défis pour mieux souligner la nécessité qu’il y a à les dépasser :

  • On ne peut pas cacher que le numérique est une source de distraction y compris en classe, un jeune reçoit par jour 200 SMS et 300 notifications ;
  • Les technologies sont chronophages tant pour les élèves que pour les enseignants ;
  • Elles posent le problème de l’expertise et il ne faut pas s’y tromper si les experts de l’utilisation des divers réseaux peuvent être les élèves ceux de l’enseignement sont, en revanche, les enseignants ;
  •  Les médias sociaux nécessitent une gestion rigoureuse et un apprentissage de leur utilisation ;
  •  La passivité numérique des apprenants devient le principal fléau à combattre.

Alors face à ces défis la réponse est pédagogique et le numérique n’a d’intérêt qu’au travers des usages qui en sont faits, qu’au travers des équilibres à trouver entre le papier-crayon et le numérique. Cette  seule assertion légitime toute la place de l’enseignant dans la conception et la scénarisation des apprentissages.

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Thierry Karsenti liste alors quelques pistes pour bâtir avec le numérique des séquences qui " fonctionnent " :

  • Proposer des tâches signifiantes ;
  • Profiter du numérique pour « ludifier » les apprentissages et il site l’exemple de Minecraft ;
  • Encourager l’expérimentation et l’innovation ;
  • Proposer des tâches collaboratives ;
  • Faire confiance ;
  • Encourager la création ;
  • Garder des traces et les exploiter.

La conclusion reprend le rôle fondamental des usages pédagogiques du numérique qui seront au cœur de tous les ateliers présentés dans cette journée.

Les propos de Thierry Karsenti ont le double mérite de faire un inventaire des entrées du numérique à l’école avec ses avancées, ses difficultés et ses pistes de travail et de montrer que cet inventaire vaut à l’échelle mondiale.

Jacques Puyou

http://www.karsenti.ca/17passivite.pdf

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Accès au document :  http://www.karsenti.ca/17passivite.pdf

Thierry Karsenti, M.A., M.Ed., Ph.D., est titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l'information et de la communication (TIC) en éducation. Le Programme des chaires de recherche du Canada se situe au cœur d'une stratégie nationale visant à faire du Canada l'un des meilleurs pays en matière de recherche et de développement.

Dernière modification le jeudi, 14 juin 2018
Puyou Jacques

Professeur agrégé de mathématiques - Secrétaire national de l’An@é

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