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La laïcité, la liberté, le vivre ensemble cela s’apprend tous les jours, partout, par l’exemple et également par le numérique. Les enseignants, tous les enseignants doivent s’impliquer, pour une fois de la maternelle à l’université. Face aux enjeux, il n’est plus tolérable de baisser les bras, de se réfugier derrière un paravent disciplinaire, d’invoquer une pseudo dichotomie entre instruire et éduquer, de considérer qu’il s’agit d’un autre métier sans bien savoir lequel ni qui l’exercera.

Le vivre ensemble commence vraiment à la maternelle, où les tous petits sont à l’évidence concernés et le vivre ensemble cela s’apprend, mieux, cela se construit, ensemble justement, par la parole et par le débat. L’exercice de la parole, la culture du débat sont  des objectifs d’apprentissage tout au long de la scolarité et la laïcité se vit au quotidien. Les manières d’enseigner sont ici remises en cause bien au delà des contenus. Construire les valeurs de la république avec des élèves ou des étudiants, c’est déjà considérer ceux-ci avec la bienveillance nécessaire, c’est les prendre pour ce qu’ils sont : des acteurs de leurs apprentissages, c’est leur donner des responsabilités, c’est les regarder comme des adultes en devenir.

Il ne s’agit pas de faire fi des contenus. L’histoire, la géographie, l’instruction civique, la philosophie…cela existe et permet de mettre en perspective les faits d’une actualité, fût-elle dramatique, avec des lois, des institutions, des concepts, des idées. L’école a le devoir de poser clairement les problèmes et de les sortir de l’urgence pour les situer dans le temps. C’est ainsi qu’elle pourra atténuer les fractures culturelles et lutter contre toutes les confusions et tous les amalgames qui polluent les débats au sein de notre société. Les exemples sont nombreux d’emplois à contre sens qui génèrent des tensions : confusion entre peuple et religion, entre communauté et religion, entre laïcité et athéisme…

Bien évidemment, les enseignants ne pourront pas livrer seuls, individuellement et à mains nues une telle bataille. Leur formation initiale et continue doit être reconsidérée pour mieux les aider, les outiller, leur permettre de s’adapter sans cesse. Cela est dit et redit depuis des années ; les enjeux récemment mis en lumière en font une nécessité. Par ailleurs l’atteinte d’objectifs aussi ambitieux ne se fera pas sans un véritable travail en équipes, équipes d ‘enseignants bien sûr mais coordonnées par les chefs d’établissement et incluant psychologues scolaires, assistantes sociales et tous les acteurs de la vie éducative. Ne rien lâcher devant les incivilités, les tensions, les fractures,  nécessite plus que jamais de faire la somme des compétences et des énergies.

Les parents d’élèves ne peuvent pas être tenus à l’écart de ce processus de reconquête. Ils sont le premier lien entre l’école et le monde qui la presse et leur adhésion au projet et méthodes d’apprentissage est une condition nécessaire de réussite. Le système éducatif doit se rapprocher des parents pour capter leurs attentes et leurs angoisses et transformer celles-ci en confiance en l’institution. La rencontre et le dialogue sont les outils privilégiés de cette mutation.

Il ne faut pas croire que l’école pourra, à elle seule, recréer,  autour de ses valeurs, le ciment  de la cohésion qui fait défaut. Les élèves ont changé et les fractures tant culturelles que sociales se sont creusées entre eux et leurs professeurs sans que ces derniers puissent en être tenus pour responsables. Or la laïcité, la liberté, le vivre ensemble ne peuvent guère se développer que dans la présence, la proximité, l’exemple. Il est indispensable que les endroits où ces valeurs sont mises à mal soient de nouveau investis par l’école mais aussi par le tissu associatif et les mouvements d’éducation populaire. Ceux-ci sont à même de recréer du liant et du proche, c’est-à-dire d’implanter les valeurs dans les lieux du quotidien pour les rendre concrètes et exemplaires. Ils ont à placer des jeunes devant des jeunes qui leur ressemblent pour leur montrer comment vivre ensemble plutôt que de dealer ou partir faire le djihad. Ils ont à aider des parents parfois dépassés par leur rôle et par le décalage entre institution scolaire et communauté de vie.

La société est devenue numérique et l’actualité est véhiculée, traversée, amplifiée par des flux continus d’informations relayées par des réseaux sociaux dont le poids est grandissant.

Educavox est au cœur de ces flux et, dans ce cadre la question des valeurs doit y  être abordée, traitée par l’intermédiaire  de dossiers, par la production de textes, d’interviews et de reportages. Nous pouvons également, ensemble aider à l’édification de passerelles numériques entre les parents et l’école entre les éducateurs périscolaires et l’école. En s’appuyant sur l’humain, le vécu, l’expérience, l’exemple mais aussi sur une réflexion plus théorique, Educavox doit être, dans ce domaine également, une force de propositions. N'hésitez pas à contribuer !

Le conseil d’administration de l’An@é

Dernière modification le lundi, 02 mai 2016
An@é

L’association, fondée en 1996, à l’initiative de la création d’Educavox en 2010, en assure de manière bénévole la veille et la ligne éditoriale, publie articles et reportages, crée des événements, valorise les innovations, alimente des débats entre les différents acteurs de l’éducation sur l’évolution des pratiques éducatives, sociales et culturelles à l’ère du numérique.

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