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Communiqué de presse : Paris, le 18 avril 2019 - L’arrivée de l’intelligence artificielle et l’accélération de la technologie vont considérablement changer les habitudes et celles des entreprises. D’après de nombreuses études, la nouvelle génération de diplômé évoluera dans 5 métiers différents au cours de sa carrière. 80% de ces métiers n'existeront qu'à partir de 2030.

Les hard skills ont-ils encore leur place dans le monde de demain ?

Ces compétences vont-elles petit à petit se substituer à de nouvelles compétences organisationnelles et intellectuelles qualifiés "soft skills" ? Le modèle d'éducation doit-il s'adapter à cette tendance ?

Ce sont ces pistes de réflexions que PSB Alumni en collaboration des speakers de grande envergure, aux parcours très variés et ayant une forte expérience dans leurs domaines, ont abordé lors de cette conférence inédite le 26 mars dernier.

⭐️ Philippe Boulanger - Conférencier International, intervenant régulièrement sur les TedX ou les Lean Startup Week / Partner chez SENSEII Ventures, collectif d’investisseurs accompagnant les jeunes entreprises à fort potentiel disruptif. Il intervient sur les secteurs de l’innovation et de la transformation digitale avec une vision globale de l’évolution des métiers en entreprise.

« Je veux pouvoir démontrer qu’il faut savoir se projeter très loin, mais aussi savoir construire et déconstruire son parcours professionnel au gré des opportunités, mais surtout au gré de ses envies. Pour ma part, après avoir voulu être vétérinaire puis pilote, je suis devenu doctorant IBM en 1986. Puis j’ai quitté cette entreprise et à l’époque, on me l’a assez dit, on ne démissionnait pas d’IBM ! Mais je n’avais pas envie d’y rester alors j’ai créé mon entreprise, puis une autre, je les ai revendues… Puis j’ai travaillé chez Apple, Sony…. Mais en fait, je ne souhaitais pas travailler dans une grande entreprise, comme quoi il faut toujours se projeter et profiter des transitions ! Mais chaque fois, je me formais à certaines compétences. C’est quelque chose de très important se former tout au long de la vie. C’est ainsi que j’ai continué d’apprendre : l’IA, la VR… Tout va très vite.

Pokemon Go, 50 millions d’utilisateurs… en 19 jours !

Regardez le téléphone. Il a fallu 50 ans pour toucher 50 millions d’utilisateurs, Pokemon Go, 19 jours !! Des chiffres l’attestent : 38% des jobs aux USA seront remplacés par des robots en 2030. Mais cela ne veut pas dire qu’il y aura plus de chômage, les métiers seront valorisés autrement, nous travaillerons différemment car 85% des métiers de 2030 n’existent pas aujourd’hui ! Les métiers ne vont pas tous disparaître, ils seront différents et variés.

Vous savez quelle est l’émotion la plus ancienne de l’humanité ? La peur. La peur de l’inconnu, qui est finalement la définition du futur. Certains pays sont plus en avance que d’autres sur tout ça. La Suède par exemple est un pays très ouvert, il aime les nouvelles technologies mais se garde du temps pour autre chose. Il faut continuellement se former de sorte que lorsqu’un job disparaît, on se forme sur un autre. N’attendez pas que l’on vous forme, faites-le vous-même ! Il faut faire et… dormir. »

 ⭐️ Laurence Danon Arnaud - Siège au conseil d’administration de grands groupes français et belges (TF1, Amundi, Gecina, Groupe Bruxelles Lambert) / Membre de l’Académie des Technologies, Chevalier de la légion d’honneur et membre de la liste des 25 femmes françaises les plus puissantes publiée par Challenges.

« J’ai passé un tiers de ma vie professionnelle dans l’industrie, un tiers dans le retail, un tiers dans la finance, ce qui montre bien combien de métiers vous allez exercer et vous en aurez bien plus encore que moi ! Tout cela montre que l’on s’adapte tout au long de sa vie professionnelle. » Avec une carrière incroyablement diversifiée, Laurence Danon Arnaud était venue en tant qu’experte donner aux étudiants son éclairage des métiers qui existent, mais aussi sa vision de la femme dans le milieu professionnel.

« Bien sûr, il y a de nombreux secteurs où de nouveaux métiers apparaissent, avec chaque fois des évolutions professionnelles possibles. Tous les secteurs actuels de l’économie se sont justement considérablement adaptés au 21ème siècle en développant de réelles opportunités. Dans les trois secteurs que je connais bien, beaucoup de choses ont évolué.

« Les taxis volants, d’est pour dans dix ans ! »

L’industrie : on ne pollue presque plus de nos jours, les normes ont évolué et sont devenues très contraignantes. Il y a aussi eu une conscience générale. Total par exemple aujourd’hui est une entreprise en pointe sur le solaire et le secteur des batteries, indispensable dans les entreprises est en plein développement.

L’automobile : c’est un secteur qui a changé de façon incroyable ! Aujourd’hui on parle de voitures électriques, de pare-chocs connectés, de véhicules autonomes… Les taxis volants, c’est pour dans dix ans ! L’IA et la Data rentrent également en jeu dans ce domaine, d’où des opportunités là encore de nouveaux métiers.

Le retail : c’est un secteur qui a beaucoup changé depuis cinq ans. Le e-commerce a pris ses marques notamment. Saviez-vous par exemple que 80% des robes de grossesses se vendaient sur internet ? Les marques n’ont de cesse de vouloir sans cesse communiquer avec les clients. Développer le commerce numérique, repenser la physionomie des centres-villes… On habitera peut-être un jour dans des centres commerciaux !

Les finances : dans les années 2000, on parlait de blockchain, de bit coin… Tout ce qui sécurise les données bancaires est l’avenir dans ce secteur. On apprend de nouveaux métiers et on fait évoluer les anciens.

Alors il y a deux leçons à tirer de tout cela. Quoi qu’il arrive, il faut toujours chercher à comprendre ce que l’on fait et aller à la source de l’information. Il faut comprendre pourquoi les choses se font. Si l’on avait raisonné comme ça lors des subprimes, on n’aurait sans doute pas eu de crise, en tout cas pas aussi forte ! Soyez sceptique ! Il faut toujours comprendre les sous-jacents.

Toute sa vie, il faut continuer à se former et à apprendre. Moi je l’ai fait, je suis l’une des premières de ma génération à l’avoir fait. Il faut apprendre ses cours, rencontrer des gens ; il faut aller loin dans la prospection. »

Concernant les femmes, Laurence Danon Arnaud préconise surtout de ne pas se poser des questions, ne pas douter, jamais.

« Je suis la génération solidarité féminine et réseau pour réussir. Il faut prendre du temps, penser au temps, échanger et cultiver ce réseau. Les femmes doivent choisir leurs entreprises avec un très grand soin, être sûres que ce sont des endroits où elles seront respectées. C’est facile de voir ça : dans l’entreprise sélectionnée, les femmes sont-elles présentes à tous les niveaux de hiérarchie ? Y a-t-il beaucoup de turnover ? Existe-t-il des programmes de responsabilités et de mentoring ?...

Les femmes doivent aussi s’exposer et savoir prendre des risques. J’apprends ainsi que dans l’association des Alumnis de PSB, il n’y a pas de femme à des postes à responsabilités car aucune d’entre vous, jeunes filles, n’avaient candidaté ?! il faut oser, se battre et ne pas voir peur ! C’est à la fois gratifiant et amusant, alors allons boire ensemble un café et nous en parlerons ! »

⭐️ Christian Makarian - Directeur délégué de la Rédaction de l'Express / Journaliste spécialiste Relations Internationales BFM TV / Conférencier

Il a ouvert le bal des conférences de la soirée en parlant de l’évolution des métiers dans le secteur du journalisme, et notamment des fake news.

« La communication ne se nourrit pas seulement du langage mais aussi de l’esthétique du langage. Ill ne faut pas confondre la communication et l’information ! On communique ensemble mais on vous informe par le biais de professionnels, et seulement des professionnels. L’information a de l’avenir sur les réseaux sociaux mais il faut savoir la cadre, et notamment par ces mêmes professionnels. Si vous supprimez les journalistes, vous allez assister à un déferlement de news sur les RS comme il y a eu récemment avec la tuerie de Nouvelle-Zélande, et ça, ce n’est pas du journalisme mais du self journalisme. »

 ⭐️ Éric Philippon - Président-fondateur de la Fondation famae, est une fondation familiale indépendante qui finance des projets permettant de réduire notre empreinte environnementale dans l’ensemble des domaines de l’économie circulaire : déchets, eau, alimentation, mobilité, air et de l’énergie - Ancien investisseur avec une longue carrière dans le private equity.

« En fait, il n’y a pas de honte à parler d’argent quand on l’utilise bien. Je voulais partager deux choses avec vous aujourd’hui. D’abord, vous dire que, dans le domaine du Conseil, vous serez souvent sollicités par des chasseurs de tête, ce qui n’est pas si mal. Pour ma part, après avoir passé 20 ans dans le Private equity, au milieu des énergies renouvelables, secteur qui représentait deux milliards d’investissements, je vous le confirme. Ce sont des métiers où l’on peut gagner beaucoup d’argent et faire du bien au monde ! C’est la deuxième chose que je voulais partager avec vous. Entre la finance, l’entrepreneuriat, et le développement durable, je peux vous dire que vous allez vous éclater si vous décidez de travailler là-dedans. Jamais de routine, les lois changent, les gens, les pays. Des métiers de demain dans ces différents secteurs dans le monde, il y en aura oui !

⭐️ Dominique Sciamma - Directeur de Strate Ecole de Design, classée parmi les meilleures au monde, réputée pour ses formations tournées vers l’innovation et les nouvelles technologies / Membre fondateur du Hub FranceIA, organisme moteur dans la filière Intelligence Artificielle française / Président de l’APCI, agence pour la promotion du design

D’abord chercheur en Intelligence artificielle, Dominique Sciamma a exercé de nombreuses fonctions avant de prendre la tête d’une école de design : développeur logiciel, consultant en stratégie, design multimédia, scénariste, business développeur international, directeur marketing… Il sait donc de quoi il parle quand il vient présenter les enjeux des nouveaux emplois futurs dans les milieux du design, du marketing et de la tech !

« Nous vivons dans un monde qui ressemble à une pyramide avec ses enjeux matériels, Descartes en ligne de mire, le père de l’analyse, une pyramide où l’on consomme ce que l’on produit. Mais le monde d’aujourd’hui, ce n’est pas ça en fait, c’est un monde dématérialisé, numérique, global, dérégulé, ouvert, avec des gens éduqués pour réfléchir sur le monde dans toute sa globalité. Ce n’est d’ailleurs plus le monde de Descartes mais celui d’Edgar Morin, un monde synthétique, complexe, parallèle et réticulé. On ne coupe plus les problèmes pour les résoudre. Ce sont des problèmes de la vie d’une dynamique comportementale. Du coup, nous sommes obligés de nous associer les uns avec les autres.

Un dessein comme un dessin

Chacun aura une fonction précise. C’est là où nous allons pouvoir parler de dessein. Il va falloir et pouvoir vivre ensemble. Un dessein comme un dessin, qui élabore le plan d’une vie. Je désigne, je design. J’ai l’habitude de dire que le monde est un chou Romanesco, un objet assez étrange qui, quel que soit l’angle que l’on prend, a la même forme. On ne sépare rien, aujourd’hui on réussit ensemble. »

 

L’association PSB Paris School of Business Alumni a été créée il y a quelques années déjà avec une ambition très claire : développer régulièrement des liens étroits et forts entre les anciens étudiants et les futures promotions.

Conférences, networking, événements sportifs ou remises de diplômes, l’idée est de conforter le réseau des anciens afin de faire exister et coexister des échanges toute l’année. Construire un réseau pour l’avenir !

PSB Paris Schoof of Business Alumni

http://www.alumni-psbedu.paris

Dernière modification le jeudi, 18 avril 2019
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