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Notre humanité a cette fâcheuse tendance à s'habituer à tout et même au pire bien souvent. Les médias nous amènent chaque jour son lot de catastrophes en tous genres et si, dans un premier temps, nous pouvons ressentir une quelconque émotion, être choqués par ce que l'on découvre et dont nous n'étions pas "encore" habitués, nous arriverons cependant à oublier, à "digérer" assez vite tel ou tel évènement dramatique. Notre monde va en effet très vite, une info en chasse une autre et nous en sommes bien souvent, moi y compris, devenus les spectateurs un peu blasés et quelque peu indifférents à force d'en absorber à longueur de journée.

Bien-entendu, tel ou tel drame pourra faire l'objet de bien des discussions pendant quelques jours ou quelques heures entre amis, voisins ou au sein de la famille et chacun ira de son commentaire pour dire son émotion, son horreur, sa colère devant ce qu'il vient de découvrir, dans son pays ou plus loin dans le monde. Mais, au fil du temps, le débat sera clos et chacun retrouvera sa petite vie tranquille, ses banales préoccupations. Le quotidien reprendra très vite le dessus, comme pour chasser presque instinctivement la morosité ambiante, comme pour conjurer le mauvais sort en détournant le regard devant ce qui est pourtant insupportable et surtout incacceptable !

L'école sait-elle vraiment former de futurs citoyens qui demain auront une véritable capacité à s'indigner et donc à s'engager pour refuser dans un premier temps les injustices et, dans un deuxième temps, tout faire pour les faire reculer ? C'est bien la question dérangeante que je pose ici car je sais que cette éducation peut faire débat dans la société dans la mesure où celle-ci souhaite tout de même avoir en son sein des citoyens plutôt dociles et non des individus qui seraient en permanence à revendiquer, à dénoncer, à batailler pour des choses qui leur sembleraient juste à défendre.

Que les élèves soient formés au respect des lois de la République, aux valeurs fondamentales qui régissent notre humanité, cela apparaît comme normal et juste, personne ne dira le contraire ! Mais que l'on envisage un temps soit peu de commencer à faire de nos élèves des "révoltés du justice", des "empêcheurs de touner en rond", de véritables lanceurs d'alerte impliqués concrètement dans des causes, il y a là un pas que l'on n'est sans doute pas prêt encore à franchir. L'Education Nationale, en tant qu'institution étatique, ne désire pas, pour le moment en tous les cas, mettre cette orientaiton salutaire dans les programmes, pensez-donc, ce serait tellement risqué de former des citoyens incontrôlales et rebelles  !

Pourtant, au fil des générations, il se trouve toujours une petite minorité de gens un peu bizarres qui se lèvent parce qu'ils n'acceptent pas les inégalités de toutes sortes qui salissent notre humanité. On les appelle des "idéalistes illuminés" et ceux-ci se battent bien souvent au milieu d'une majorité silencieuse qui accepte tout, même l'intolérable, avec une indifférence ou une résignation qui laissent tout de même pantois, c'est le moins qu'on puisse dire ! L'école sait former des individus pour que ceux-ci réussissent dans la vie, en leur permettant d'acquérir ce qu'on appelle le socle commun des connaissances, pour avoir une "bonne position sociale" demain, un "beau métier" qui les fera vivre eux et leur famille. J'aimerais aussi qu'ils acquièrent dans le même temps le "socle commun de tout ce qui fait l'humanisme" pour qu'ils puissent réussir aussi leur vie tout simplement, c'est une ambition qui porte l'être humain vers le haut, en lui donnant une autre dimension avec cette envie d'agir surtout et spontanément pour le bien commun !

Tant de maux plombent notre humanité : pauvreté, racisme, discriminations, homophobie, inégalités flagrantes, etc, etc... la liste est longue ! Si, à la base, on forme les enseignants (formation initiale et continue intensives) à ressentir cette capacité d'indignation devant tout ce qui est intolérable, ceux-ci pourront alors transmettre à leur tour cette envie de faire bouger les choses, avec leur personnalité, leur sensibilité, pour peu qu'on leur laisse cette liberté de faire, ce n'est pas gagné non plus au passage ! Certains en doutent encore, mais oui, je le dis ici avec FORCE, c'est aussi et surtout le rôle de l'école d'entamer ce virage pour compléter ou corriger l'éducation des parents qui sensibilisent ou pas de leur côté leurs enfants à la maison ............ et c'est bien là la question ESSENTIELLE à se poser pour avancer dans le bon sens et souhaiter une société plus apaisée, plus juste !

Dernière modification le mardi, 14 juin 2016
Gillet Guy

Initiateur de l'asso festive et humanitaire "Je bouge pour les autres"  Site : http://pourlesautres.fr - Ancien Responsable-bénévole (au Téléthon - au Secours Catholique - à Saint Vincent de Paul) - Editorialiste libre à vocation éducative, pour défendre des valeurs fondamentales, afin de susciter le débat et l'engagement de tous - E-mail : g.gillet@libertysurf.fr
 
Mes Editos sont LIBREMENT utilisables par tous pour lancer le débat, la réflexion en direction de la jeune génération et ceci à partir de mon blog que vous pouvez faire connaître autour de vous, MERCI : http://echangessolidaritefraternite.centerblog.net/

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