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Cela fait un certain temps déjà que plane à l’horizon un Supernuage, qui n’a rien à voir avec ceux qui nous plombent le ciel et le moral en cette avant-veille d’été. Les anglophones, et à leur suite un certain nombre de francophones, le nomment le cloud.

D’autres l’aiment en français : le nuage.

Cloud = nuage. Pas besoin de chercher midi à quatorze heures pour la traduction. En revanche, la réalité que désigne ce terme reste passablement… nébuleuse.

 

Du moins si l’on en croit cette enquête réalisée en août 2012 auprès d’un millier d’Américains, (si vous êtes moins à l’aise avec la langue de Shakespeare, préférez ce lien-ci) : près d’un tiers des sondés, pourtant loin d’être des illectrés, déclaraient que le cloud est un concept lié de près ou de loin à la sphère météorologique, tandis qu’une bonne moitié estimait qu’une tempête est susceptible de perturber son fonctionnement.

En fait, la petite histoire ne leur donne pas tout à fait tort. Il se raconte en effet que le terme cloud a été choisi en référence au croquis de nuage par lequel les architectes de réseaux, ceux qui conçoivent les réseaux informatiques intra- et interentreprises, matérialisent la « nébuleuse » Internet dans leurs schémas.

Nous avons donc ici affaire à un « néologisme de sens », c’est-à-dire un terme dont la forme est connue, mais qui se charge d’une signification nouvelle, comme au siècle dernier le mot « souris ».

Pour faire simple et court, le terme « nuage », quand il relève du domaine informatique, désigne donc le réseau Internet. Partant de ce constat et sans entrer davantage dans les détails, les termes « infonuagique », « informatique en nuage » ou encore l’anglicisme « cloud computing » désignent quant à eux le modèle informatique qui permet d’effectuer des opérations via Internet.

Vu sous cet angle, cela fait belle lurette que nous nous y déportons, dans ce fameux nuage, pour feuilleter un album photo partagé, payer nos factures en ligne, sympathiser sur les réseaux sociaux, etc.

Le livre numérique y vit également une partie de sa vie, puisque ce même nuage permet, entre autres, de le dédicacer, de le ranger dans sa bibliothèque personnelle (comme dans le modèle de distribution MO3T), de marquer ses pages, de l’enrichir de commentaires, de partager impressions et recommandations sur les réseaux sociaux de lecture, d’en commander une déclinaison papier, de le composer avec Wikipedia (ou en bon vieux mode local grâce à cet outil du Labo BnF), ou même de le coécrire, à deux, quatre, six mains ou bien davantage, commeDragon Lords.

Ici s’achève, pour aujourd’hui, notre chronique. À défaut d’une éclaircie durable dans notre ciel, nous vous promettons pour le début de l’été les définitions terminologiques des concepts de « nuage » et d’ « infonuagique » et un inventaire des différentes formes linguistiques qu’ils prennent en discours spécialisé, le tout arrosé de quelques recommandations d’usage.

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Service de la Langue française

Publié le 31 mai 2013 par Rédaction Lettres numériques
Dernière modification le mercredi, 04 janvier 2017
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