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Communiqué par Indeed le 2 février 2024 – Ce début d’année 2024 est marqué par la gronde des professeurs : que ce soit contre leur ministre de tutelle, contre leurs conditions de travail, contre le non-remplacement des professeurs absents… Les enseignants n’en finissent plus d’exprimer leur mal-être et leur inquiétude pour le futur de la profession.

Dans une récente étude réalisée avec OpinionWay, la plateforme de matching et de recrutement Indeed a cherché à mieux comprendre la profonde crise d’attractivité que connaît ce secteur depuis plusieurs années.

Plus de la moitié des professeurs se sentent dégoûtés par leur travail

Sur le papier, l’enseignement est un métier qui a du sens : quoi de plus utile et nécessaire que de former les générations de demain et leur apprendre à devenir des citoyens informés et cultivés ? Les professeurs interrogés dans cette étude confirment d’ailleurs, pour 94% d’entre eux, se sentir utiles (et 48% d’entre eux ont ce sentiment tous les jours). 27% se sentent épanouis dans leur travail tous les jours, et 60% de temps en temps.

Mais derrière ces deux points positifs, se cachent d’autres sentiments ou pensées qui, à moyen ou long terme, contribuent à éloigner les enseignants de leur vocation initiale, voire à les faire jeter l’éponge et se réorienter. 95% d’entre eux se sentent par exemple fatigués (dont 44% tous les jours), 73% disent qu’il leur arrive de perdre patience en faisant classe, 67% ressentent de l’anxiété en travaillant (et 19% tous les jours), 64% expriment une crainte de l’avenir, et 44% se sentent en burn out.

A ceci s’ajoute la sensation d’être peu soutenus par leur hiérarchie (82%) – 83% des répondants se disent d’ailleurs en désaccord avec leur hiérarchie au moins de temps en temps – ce qui mène inévitablement à se sentir un peu “seul contre tous” : 51% ressentent ainsi de la solitude dans leur métier, une profession où l'on n’est pourtant presque jamais seul (au sens littéral) ! 

Très alarmants également, ces chiffres qui font malheureusement écho assez régulièrement à l’actualité : 40% des professeurs ont peur de certains parents d’élèves, et 25% ont peur de certains de leurs élèves (4% en ont d’ailleurs peur tous les jours). Il n’est alors pas étonnant que l’étude révèle que 57% des enseignants se sentent dégoûtés par leur travail. C’est encore plus vrai dans les établissements publics, où 61% des professeurs font part de ce dégoût (contre 43% dans le privé, ce qui est loin d’être négligeable tout de même).

Une multitude de raisons de démissionner

L’étude révèle que les professeurs ne manquent pas de raisons de vouloir prendre le large. Les deux qui sont le plus souvent citées (par 81% et 80% des répondants respectivement) sont la succession de réformes du ministère de l’Education Nationale, et le manque de soutien de la part de l’administration de l’Education Nationale (rectorat ou ministère). Le manque de reconnaissance du travail réalisé (pour 78% des répondants) ferme ce “podium” des situations générant des envies de reconversion. Le niveau de salaire est aussi un facteur de démotivation pour 73% des enseignants, suivi du nombre d’élèves dans les classes (pour 69%).

Cette longue liste inclut également la charge de travail, le comportement de certains parents d’élèves, l’évolution des programmes scolaires, le comportement des élèves, l’évolution du niveau scolaire, la gestion de la violence à l’école, les critiques formulées à l’encontre des professeurs, le manque de soutien de la part de la direction de l’établissement, et même les modalités de notation et d’évaluation des élèves (qui donnent envie de démissionner à 47% des enseignants) !

Seuls 4% des professionnels interrogés ne voient aucune raison de quitter l’enseignement, tandis que 96% trouvent au moins un aspect dans leur travail qui leur donne envie de se réorienter.

Entre l’envie de démission et la concrétisation, il existe un pas que tous ne sont pas prêts à franchir pour le moment : 30% des enseignants envisagent réellement de changer de métier prochainement. C’est certes beaucoup moins que 96%, mais ce chiffre reste inquiétant pour une institution qui a déjà de plus en plus de mal à recruter et à assurer que chaque classe ait son (ou ses) professeur(s). Les enseignants les plus susceptibles de démissionner sont ceux qui ont entre 40 et 49 ans (34%) et ceux qui ont entre 11 et 20 ans d’ancienneté (33%), les plus jeunes étant probablement un peu moins “usés” et les plus âgés sans doute plus enclins à se résigner.

Méthodologie

L’étude a été menée par OpinionWay pour Indeed en septembre 2023 auprès de 409 enseignants en poste âgés de 18 ans et plus. Cet échantillon est représentatif de la population des enseignants de la maternelle au lycée en France. L’échantillon a été constitué selon la méthode des quotas, au regard des critères de sexe, d’âge, d’académie d’enseignement, de niveau d’enseignement et de statut de l’établissement scolaire.

 

A propos d’Indeed

Indeed est le un site d’emploi qui permet aux chercheurs d’emploi d’accéder à des millions d’offres dans plus de 60 pays et dans 28 langues. Environ 3,5 millions d’employeurs utilisent Indeed pour chercher et recruter de nouveaux salariés. Plus de 350 millions de personnes utilisent Indeed chaque mois pour faire une recherche d’emploi, publier leur CV, rechercher une entreprise, etc. Pour en savoir plus, rendez-vous sur indeed.com.

Dernière modification le samedi, 03 février 2024
An@é

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