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Le lundi 14 juin, Sébastien CÔTE a invité Valérie JOUSSEAUME, Enseignant-Chercheur à l’Université de Nantes en Géographie des campagnes à présenter les éléments de son livre avec une approche historique, socio-économique, politique pour l'Aménagement rural, les territoires dans la transition, l'Initiation à la recherche.

En 2021, elle a publié le livre Plouc Pride aux éditions de l’Aube et elle sera présente à RURALITIC 2021 pour évoquer les conditions d’émergence d’une « fierté rurale », à partager avec les jeunes générations.

Une utopie "lucide sur ce qui est insoutenable et visionnaire sur ce qui doit être inventé", dans un monde où toute certitude a disparu. 

Dans le contexte flou de la crise de notre modèle de société, ce livre est né des questions sur notre devenir, c’est-à-dire sur le sens des évènements, et sur notre avenir, c’est-à-dire notre pouvoir d’action sur ce monde : « Et maintenant on fait quoi ? ».

Comprendre où en sont les campagnes pour imaginer où elles vont, participer à la construction d’un récit cohérent sur et pour les campagnes, donner du sens à la transition en cours pour les territoires, permettre aux acteurs de terrain de retrouver un pouvoir de réflexion et d’action, tel est l'objectif de cet ouvrage. Ce livre extrait la question rurale hors du cadre mental actuel de l’ère de la modernité, de ses mesures, de ses indicateurs et de ses certitudes, pour libérer le regard sur notre histoire et notre territoire.

Le livre est organisé en 4 parties.

La partie 1 — le temps ou la campagne comme mémoire — donne une perspective élargie à la transition en cours.

La  partie 2 — le néant ou l’éclipse conceptuelle de la campagne — déconstruit la pensée verrouillée, qu’il convient de dépasser pour penser de façon nouvelle la ruralité.

La partie 3 — l’espace ou la campagne comme lieu — propose de reformuler les attentes d’un habiter rural contemporain en questionnant la désurbanisation et l’idée d’un droit au village.

La partie 4 — l’espace-temps ou la campagne comme éthos — propose de visualiser de façon nouvelle, la construction d’un nouveau monde, la ruralité et l’aménagement du territoire pour demain.

"Nous vivons une transition anthropologique majeure depuis des siècles."

L'histoire le démontre : de l'ère sauvage - Révolution néolithique, à l'ère paysanne - Révolution industrielle, à l'ère de la modernité - Révolution numérique, à l'ére de la noosphère ! Notre culture actuelle c'est la révolution culturelle. La modernité fait du passé table rase. Et l'invention de caricatures médiatiques : Les sauvages, les ploucs, les gilets jaunes se transforment vers les hypers-modernes, ayant des projets d'un futur hyper-connecté, via l'ère de la noosphère.

L'ère de la modernité vers l'ère de la noosphère  implique de prendre en compte les effets des excès de l'accumulation : la crise écologique, l'inégalité et compétition, la marchandisation, la mutation de notre relation à la nature, la justice sociale et coopération, la réhumanisation des rapports sociaux, et sous l'effet de la révolution numérique apparait, l'effondrement de l'emploi salarié, l'inadaptation de la logique marchande des biens matériels, l'inadaptation des organisations hiériarchiques, le pouvoir numérique et le rique démocratique.

La transition imaginée vers la noosphère implique-t'elle : La mutation de la place sociale du travail et de sa rémunération ? L'élargissement des communs sociaux ? L'organisation horizontale collaborative ? L'internet public ?

Ne jamais oublier nos mémoires et notamment les natifs, les mémoires paysannes, les Lumières et les bohèmes...

L'épicentre de la culture moderne sont le mental (cerveau logique), des hommes, des classes bourgeoises, des grandes villes, de l'Occident et les altérités sont dans les marges : l'imaginaire (cerveau créatif), le féminin, les classes dominées, les campagnes, la nature sauvage et le non-occidental.

 Inventons les campagnes de demain !

- La 1ère ruralité : les ruralités paysannes ( 1945).

- La 2ème ruralité : les ruralités modernes ( 1975).

- La 3ème ruralité : les ruralités bohèmes (2000). Dans l'ére de la noosphère.

Ne faut-il pas s'appuyer sur les besoins humains fondamentaux pour concevoir un "droit au village ?"

Et ainsi : Premettre aux corps de se protéger, de permettre aux cerveaux d'atterir, de permettre aux coeurs de se relier et de permettre aux esprits de s'élever !

Les échanges avec les auditrices et auditeurs ont permis de rappeler qu' il faut mélanger les métiers de la culture et les métiers de la ferme, ne pas oublier les arts dans la ruralité, la ruralité existe au sein de la modernité.

Idéologiquement ils'agit bien de mettre en valeur les territoires ruraux, surtout en cette période où il existe un afflux de population de la ville vers les campagnes.

Ne jamais oublier l'éducation populaire et la création de campus numériques ruraux.

Ecouter et voir l'intervention de Valérie JOUSSEAUME.

 https://ruralitic-forum.fr/la-plouc-pride/

 

2021-CONF-RuraliTIC14juin.pdf

Dernière modification le mercredi, 16 juin 2021
Desvergne Marcel

Citoyen numérique mobile, vice-président de l’An@é, responsable associatif accompagnant le développement numérique. Directeur du CREPAC d'Aquitaine,  Délégué général du Réseau international des universités d'été de la communication de 1980 à 2004, Délégué général du CI’NUM -Entretiens des civilisations numériques de 2005 à 2007, Président d’Aquitaine Europe Communication jusqu’en 2012. Président ALIMSO jusqu’en 2017, Secrétaire général de l’Institut du Goût de la Nouvelle-Aquitaine.