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Participer à un colloque sur le numérique est une chose. Mais faire participer ses élèves à un colloque en tant qu'acteurs est une expérience bien différente. Elle exige une symbiose complète entre vos dires et vos faires. Vous ne pouvez pas inventer, broder, fantasmer. Ils sont votre pratique.

 

Ils dévoilent avec leurs mots ce qu'ils font de vos expériences et comment ils se les approprient. Mais avant tout, ils s'autorisent à verbaliser leurs ressentis quant à une pratique qui, à la base, ne leur appartient pas.

Ils se devaient d'interroger leurs espaces et leurs temps d'apprentissage à l'ère du numérique.

Il a été décidé en conseil de coopérative de créer des vidéos explicatives sur 2 supports: Adobe Voice et Imovie. La ruche s'est mise en action. Comment faire comprendre à des enseignants que nous ne fonctionnons pas comme les autres?  Je parle en nous car il est indéniable, aujourd'hui, suite à leurs propos au micro devant un public adulte totalement inconnu, que nous formons un groupe au sein duquel les modalités de travail sont connues, intériorisées, intégrées, et dont les valeurs sous tendues semblent partagées. Coopération, collaboration, entraide, tutorat...Ce sont leurs mots. Aucun briefing en amont... ils se sont exprimés librement.

Ils n'ont parlé ni de ressources numériques, ni de classe inversée, ni d'outils 2.0, ni d'usages, ni de Freinet, ni d'Oury.... Ils ont parlé de ce qu'ils réalisent, EUX, de leurs projets, de ce qui les font se placer acteurs de leurs apprentissages. Et le renversement est là. Ils sont dans la capacité aujourd'hui de raconter comment Evernote les aide à planifier leurs tâches, à collaborer, à coopérer, à structurer leurs pensées. Ils peuvent argumenter qu'un blog, une radio et un réseau social leur permettent d'exercer leur liberté d'expression à travers l'écriture d'articles et de chroniques, qu'ils progressent et visualisent leurs compétences acquises ou travaillées avec des référentiels badgés.

Avec le sourire, ils osent prendre le micro, suite à la question : "comment gérer vous tous les plans de travail individualisés? (personnalisés...), question à l'adresse de  l'adulte, et verbaliser que si leur plan de travail qu'ils imaginent et mettent en place de leur propre chef en début de semaine n'est pas finalisé le vendredi, leur professeur les rappelle à leurs bons souvenirs toujours en termes de compétences et qu'une remédiation s'impose.

Ils décrivent avec minutie ce que le Travail de fin de scolarité, l'atelier et les stages d'observations en entreprise leur apportent.

Ils n'étaient pas obligés de venir un mercredi après midi. Ils n'étaient pas obligés de se prendre à ce jeu de questions réponses. Ils n'étaient pas obligés de suivre leur enseignante dans une telle ouverture à l'inconnu. Mais un point les a fait se positionner : l'acquisition de compétences en langage oral et communication, le développement d'une posture nouvelle  à donner à voir, et ... ok on va être des stars... Ils sont ados.

Ils étaient libres de choisir de venir, et choisir c'est renoncer... à une partie de jeux vidéos avec les copains.

Il est 15h55. Les applaudissements de la salle retentissent à travers les hauts parleurs. Ils sont fiers. Ils peuvent l'être. Leur travail est reconnu par une communauté éducative autre que celle en présence. Eh oui, de Suisse, ils ont tenu une conversation pendant une heure avec des enseignants situés à des centaines de kilomètres de là.

Ces élèves venaient de gérer une visioconférence sur Skype. Chapeau bas.

Anne Andrist

crédits photo: ©cavaoubien ©canva

Dernière modification le mercredi, 31 août 2016
Andrist Anne

Enseignante spécialisée
- Lausanne Suisse

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