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Et si, pendant 85 minutes, nous sortions de nos microcosmes, de nos quotidiens pollués, surchargés, pour voir Impulso, le documentaire filmant Rocío Molina, réalisé par Emilio Belmonte ? 

Impulso, ça veut dire élan. 

Or... l'élan... ça ne serait pas une composante indispensable de notre quotidien ?   

Le réalisateur dit : "J’étais fatigué de voir les mêmes danseurs tournés vers le passé, représentant toujours l’Andalousie et ses clichés folkloriques, ses castagnettes... J’avais l’impression que le flamenco devenait une danse enterrée dans mes souve-nirs. Israel Galván d’abord, Rocío Molina ensuite, ont bouleversé ces certitudes. Leur courage et leur curiosité ont transcendé l’éternelle opposition entre pureza (tradition) et avant-garde. Leur danse flamenco parle à l’homme que je suis aujourd’hui comme jadis le flamenco post franquiste des peñas d’Almería avait parlé à l’enfant émerveillé."

“Je réfléchis toujours à la façon de transformer la tradition, dans la danse
comme la musique. Le flamenco est codé, mais il laisse la liberté d’une part
d’improvisation”.

Rocío Molina

“Ça m’intéresse d’explorer les stéréotypes, les rôles, les lieux communs, et dans ce sens, j’aime bien aller là où ça dérange, pour montrer qu’il existe des chemins tous tracés, mais aussi d’autres routes [...]. C’est un espace d’une liberté absolue.” Rocío Molina

La bande-annonce : 

 

 

"Chorégraphe iconoclaste, Rocío Molina a forgé un langage qui lui est propre à partir de la tradition réinventée d’un flamenco qui respecte ses origines tout en embrassant les avant-gardes. Radicalement libre, elle allie dans ses pièces virtuosité technique, recherche contemporaine et risque conceptuel. Sans craindre de tisser des alliances avec d’autres disciplines et d’autres artistes, ses chorégraphies sont des événements scéniques singuliers nourris d’idées et de formes qui vont du cinéma à la littérature, en passant par la philosophie et la peinture.

Créatrice inapaisée, Rocío Molina est née à Malaga en 1984. Elle n’a que trois ans quand elle commence à danser et sept ans lorsqu’elle ébauche ses premières chorégraphies. Elle en a dix-sept quand elle obtient, avec les félicitations du jury, son diplôme du Conservatoire royal de danse de Madrid. Elle est aussitôt engagée dans des compagnies professionnelles pour des tournées internationales. À vingt-deux ans, elle crée Entre paredes. Une première pièce suivie de plusieurs créations qui ont en commun un regard curieux et transgresseur sur un art flamenco qui refuse d’emprunter les chemins habituels, de marcher sur les traces des autres : El eterno retorno (2006), Turquesa como el limón (2006), Almario (2007), Por el decir de la gente (2007), Oro viejo (2008), Cuando las piedras vuelen (2009), Vinática (2010), Danzaora y vinática (2011), Afectos (2012), Bosque Ardora (2014) et Caída del Cielo (2016)."

"Rocío Molina est devenue l’une des danseuses (contemporaines ? Elle n’aime pas toujours qu’on l’appelle comme ça...) les plus admirées au monde aujourd’hui.
Impulsive, charnelle, sauvage, dotée d’une technique qui éblouit, le mythe est peut-être déjà en construction : son énergie et sa grâce ont ébloui Mikhaïl Barychnikov qui, après l’avoir vue danser, s’est agenouillé devant elle dans les loges lors de sa chorégraphie Oro Viejo en 2010 au Festival Flamenco de New York. “ Elle a une colonne vertébrale puissante, alerte, et elle peut cambrer le dos dans une attitude fière puis, soudain, modifier la posture, lumineuse, le corps toujours arqué. [...] Lorsqu’elle exécute une pirouette rapide, buste incliné, cela produit un effet que je n’avais jamais vu chez aucun autre danseur de flamenco. Le tour fini, on a l’impression que le mouvement résonne encore dans son corps. Rocío Molina apparaît comme une figure essentielle, totalement libre dans sa pensée de ce que le flamenco peut ou doit inclure.“ Alastair Macaulay

(The New York Times)

"Et voilà la clé : l’envie d’aller plus loin, là où on ne l’attend pas, et d’entraîner dans ses pas la culture flamenca. Comment a-t-elle fait, à 25 ans, pour pousser les murs de la danse flamenco ? Ces murs de la tradition qui, comme dans une image kafkaïenne, répètent : tu ne passeras pas, tu ne passeras jamais, le flamenco a été figé dans la nuit des temps et tout ce qui s’écarterait n’est pas du flamenco.

"Dans le film nous assistons au déplacement du centre de gravité de la danse flamenco, ouverte désormais aux influences d’autres danses, d’autres thématiques. Peu de danseurs ont osé transgresser à ce point les thèmes classiques du flamenco (tels que l’origine magique du duende, le regard vers le passé et ses lois immuables, le deuil, la tragédie ou encore la domination masculine) pour s’intéresser à la sexualité féminine, la notion de limites et leur dépassement, l’humour, la mythologie ou la “poésie du quotidien ”.

https://www.jour2fete.com/distribution/impulso 

 

 

Dernière modification le mercredi, 31 octobre 2018
Elbaz Jennifer

Vice-présidente de l'An@é.

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