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Chaque année, dès le printemps venu, les inspecteurs d'académie de France et de Navarre se livrent à un drôle de calcul: compter les élèves et décider du sort des postes d'enseignants et des classes à  ouvrir ou à fermer.

Exercice rendu plus facile aujourd'hui avec la baisse démographique qui sert trop souvent d'arguments pour justifier la fermeture d'écoles en zone rurale essentiellement. Logique comptable, froide, méthodique qui méconnaît les réalités locales.

Le ministère de l'éducation nationale est par ailleurs le seul ministère qui adapte ses moyens au comptage des élèves à  l'unité près de ses usagers. L'égalité républicaine peut-elle se réduire à  cette seule logique comptable et budgétaire ? Pense-t-on aux dommages collatéraux de telles mesures: allongement du temps de transport, fatigue des enfants, éloignement des parents de l’école...

Replacer l'élève au centre du système scolaire  n'est pas un slogan, mais une nécessité pédagogique. Les bons résultats des écoles rurales rappellent une vérité simple: un système scolaire efficace est avant tout celui qui est capable de s'adapter aux enfants et non l'inverse: classes à  effectifs réduits, proximité des professeurs avec les élèves et leurs familles,  climat scolaire apaisé; autant de conditions qui favorisent un accompagnement individualisé, et renforcent le sentiment de sécurité  et la confiance des enfants. 

Bien sûr, la baisse démographique est une réalité à  laquelle nous devons faire face mais plutôt  que démanteler progressivement ces petites structures utiles à  la collectivité ne devrions nous pas plutôt engager des réformes de fond pour repenser l'organisation de notre école?

L'approche actuelle résulte souvent d'une succession empirique de fermetures au fil du temps, sans réflexion globale sur l'organisation pédagogique qui en découle. Il est temps aujourd'hui de repenser l'offre éducative dans sa globalité  avec tous les acteurs concernés. Plutôt que de comptabiliser les élèves, calculons les temps de trajet, adaptons les aux déplacements  quotidiens des familles.

Défendre les écoles rurales ce n'est pas défendre une vision nostalgique du passé mais porter un idéal simple: chaque enfant, qu'il vive à  la ville ou à  la campagne doit bénéficier des mêmes chances de réussite. Il est nécessaire de définir une procédure rénovée de la carte scolaire et de construire une offre éducative réellement partagée pour la ruralité.

Dernière modification le samedi, 28 mars 2026
Figeac Patrick

Proviseur honoraire, bénévole à https://radiobastides.fr/ en Lot-et-Garonne, président d’une association intermédiaire par l’activité économique, auteur. Pour retrouver les chroniques et autres actualités : https://radiobastides.fr/