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Depuis un certain  temps, nous entendons cette rengaine selon laquelle l'immigration serait la cause de la chute de la France dans les classements internationaux !! Oui, notre pays fait partie du "ventre mou " des pays participants, avec une dégringolade en mathématiques entre 2018 et 2022, la plus importante depuis la première étude PISA qui mesure les performance des élèves au niveau international. 

Ce n'est pas l'immigration qui tire ces résultats vers le bas. Si c'était le cas, nous constaterions une chute du niveau concentrée spécifiquement sur les milieux défavorisés. Or, ce n'est pas le cas et nous notons même une baisse tant chez les jeunes autochtones que chez les allophones. Quel que soit le statut, les performances diminuent y compris au sein de l'élite, dans les écoles privées où le nombre d'élèves immigrés est passé de 15% en 2012 à 16% en 2022.

Reconnaissons toutefois que les élèves issus de l'émigration ont deux fois plus de chances que leurs camarades français de se retrouver parmi les moins performants, cependant, cet écart scolaire se réduit quand la comparaison porte sur la seconde génération et ne devient plus véritablement  significatif quand l'origine sociale est prise en compte.

Nous avons souvent souligner le fait que les inégalités éducatives sont  conditionnés au statut de l'élève.

Cette fracture scolaire  persiste et nous n'arrivons pas à la réduire. Au contraire, les suppressions de postes et la réductions des moyens annoncés risquent même de l'aggraver. Or, le manque de formation des professeurs, la pénurie d'enseignants dans certaines zones géographiques, le faible taux de remplacements contribuent à cette baisse de niveau!! Mais mieux vaut stigmatiser l'immigré !! Bouc-émissaire plus porteur électoralement!

Les moyens sont prétendument mis de manière prioritaire sur les écoles accueillant les élèves les plus faibles et souvent immigrés en Réseau d'Education Prioritaire mais ce n'est pas le cas.  Comme les professeurs y sont de façon structurelle plus jeunes et moins expérimentés, le ministère y octroie en définitive moins de moyens qu'ailleurs. Comme les mutations et l'absentéisme y sont importants les élèves ont des conditions d'apprentissage dégradées malgré le bonne volonté des personnels qui doivent faire classe à des publics hétérogènes sans avoir reçu de formation spécifique.

Il serait temps que l'Education devienne la priorité des priorités car c'est l'avenir de notre jeunesse qui se joue sur les bancs de nos écoles !

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Dernière modification le mercredi, 04 février 2026
Figeac Patrick

Proviseur honoraire, bénévole à https://radiobastides.fr/ en Lot-et-Garonne, président d’une association intermédiaire par l’activité économique, auteur. Pour retrouver les chroniques et autres actualités : https://radiobastides.fr/