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Jean-Michel BLANQUER, Ministre de l'Education nationale est un fin connaisseur du système éducatif. Il mène ses réformes au pas de charge, bien sûr, les syndicats pestent souvent mais il déroule son programme avec constance. Avec, dans la main gauche, le dédoublement des classes de CP et CE1  en zones difficiles, dans la main droite, une posture idéologique conservatrice. Avec un jour, le retour à la bonne dictée d'antan, la restauration de la semaine des quatre jours, le lendemain, l'entrée des neurosciences dans la classe.

Il a placé cette rentrée scolaire sous le signe de l'évaluation à tous les étages ou presque. Qui pourrait prétendre que c'est une mauvaise idée d'évaluer un système éducatif qui représente le premier budget de l'Etat  dont les résultats sont année après année décriés, notamment dans sa capacité à réduire les inégalités sociales et culturelles ?

C'est vite oublié que des pays comme les Etats-Unis, l'Angleterre ou la Suède ont abandonné cette visée évaluatrice qui présente beaucoup plus d'inconvénients que d'avantages. En effet, beaucoup d'enseignants ne se focalisaient que sur les disciplines soumises à ces tests au détriment des autres.

Derrière cette volonté de bon sens, se cache une vision libérale de l'école soumise au culte de la performance et de la concurrence.

Une révolution silencieuse dont les effets pervers se feront très vite sentir, surtout chez les élèves les plus fragiles ?

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Dernière modification le mardi, 18 décembre 2018
Figeac Patrick

Proviseur honoraire, bénévole à Radio 4 en Lot-et-Garonne, président d’une association intermédiaire par l’activité économique, auteur. Pour retrouver les chroniques sur http://www.radio4.fr/radio rubrique "Magazine", puis "Paroles".

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