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Partir en colonie de vacances, c'est sortir prématurément de l'enfance, quitter sa famille, s'approprier une identité hors du cadre parental ou scolaire, transgresser les règles sans toutefois s'exposer à des conséquences fâcheuses. Pour les jeunes, prendre des initiatives, c'est jouer avec le cadre de vie établi, et ce sont justement ces expériences à la marge qui font que ces événements deviennent marquants et s'inscrivent durablement dans nos mémoires.

Contrairement aux vacances familiales solitaires et sans espoir de rencontre, les colonies facilitent les premiers émois amoureux. Premier flirt, premier slow, premier baiser, premier déboire. L'amour est souvent platonique et codifié par les normes de socialité. Mais, tout doit être publié car la reconnaissance passe par sa visibilité et surtout par la médiatisation auprès des proches.

Oui, les colos ont bien changé depuis leur âge d'or au moment du Front populaire. Cette machine à initier de la vie collective, à fabriquer de la fraternité républicaine idéale s'est heurtée, dans les années 80, au rouleau compresseur néolibéral et à la multiplication des séjours thématiques trop onéreux pour continuer à brasser milieux populaires et bourgeois. Nous sommes nombreux à le regretter!!

Et pourtant !! Même si les colos n'ont aujourd'hui plus rien à voir avec l'image d'Epinal des centres d'accueil d'antan, leur mythe perdure dans la "mémoire collective." D'un concept s'inscrivant dans la culture d'un groupe, des vacances pour tous les petits Français, est née une "mythologie de la colonie."

Expérience collective unique dans la vie de nos enfants et de nos ados, les colos, temps bref à l'échelle d'une vie, marquent de manière indélébile nos esprits par les rencontres, les activités qui rythment jours et nuits, loin du tumulte de la ville, loin des parents. Parenthèse enchantée, formatrice à plus d'un titre qui contribue à rassembler le temps d'un été, des jeunes autour d'un projet et de valeurs partagés.

Alors que les colos continuent à vivre et qu'on en parle longtemps !

Le podcast

 

Figeac Patrick

Proviseur honoraire, bénévole à Radio 4 en Lot-et-Garonne, président d’une association intermédiaire par l’activité économique, auteur. Pour retrouver les chroniques sur http://www.radio4.fr/radio rubrique "Magazine", puis "Paroles".

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