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Depuis plus d'un siècle, on tente de dévoyer le concept de laïcité. Le débat actuel, sur fond de terrorisme, fait resurgir des antagonismes qui existent depuis son invention. Ceux qui s'en prétendent les plus ardents défenseurs aujourd'hui sont souvent les mêmes qui ont tenté de la transformer en une notion rabougrie. 

Rappelez-vous les propos de Nicolas Sarkozy plaidant pour une laïcité "positive". "Dans la transmission des valeurs et l'apprentissage, la différence entre le bien et le mal, l'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé." Puis, de "positive" elle est devenue "ouverte", "de combat", ou encore "intransigeante". Or, la laïcité ne peut avoir de qualificatif. Il lui suffit d'être .... la laïcité. Ni oecuménisme, ni neutralité. Elle n'est pas non plus la religion de la République, ni de celles et de ceux qui n'en ont pas.

En avril 1905, Jean Jaurés écrit :

"Non seulement je n'ai jamais compris la séparation des Eglises et de l'Etat comme une persécution, mais je ne l'ai jamais comprise non plus comme une vexation, ni comme une taquinerie." Des mots qui résonnent dans l'actualité.

Mettre en question la loi de 1905, ne serait-ce que pour "renforcer" la laïcité contre le "séparatisme islamique", ce serait admettre que la version de l'Islam qu'en donnent les intégristes est peu ou prou celle de l'ensemble des musulmans. Rien n'est plus faux!!! Et ce serait sortir du cadre de la laïcité.

"Nul individu ou nul groupe ne peut se prévaloir de son origine ou de sa religion pour s'exonérer de la règle commune." Tout est dit dans cette loi plus que jamais d'actualité.

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Dernière modification le lundi, 09 novembre 2020
Figeac Patrick

Proviseur honoraire, bénévole à Radio 4 en Lot-et-Garonne, président d’une association intermédiaire par l’activité économique, auteur. Pour retrouver les chroniques sur http://www.radio4.fr/radio rubrique "Magazine", puis "Paroles".