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Le Président de la République s'est engagé personnellement sur le front de la pauvreté: précarité, emploi, logement, CMU. Mais il y a fort à parier que l'angle mort des plans de lutte contre la pauvreté le reste: les filière professionnelles de formation.

Ces structures scolarisent pourtant un million de jeunes, soit près de 40% des élèves après le collège.

C'est grâce à ses 180 000 bacheliers professionnels diplômés chaque année que l'objectif de 80% d'une classe d'âge au bac a été quasiment atteint en 2018. Ce sont eux qui entretiennent l'illusion d'une société dont les clivages de classe auraient disparu, résolus par la fonction émancipatrice de l'école.

Illusion !! Car ces filières, ce sont aussi des cohortes d'assignés à résidence scolaire et sociale. Car, si le bac reste le grand portail d'entrée à l'université et sa promesse d'ascension sociale, le baccalauréat professionnel est une porte de service débouchant trop souvent sur une impasse. En effet, à peine un tiers de ces bacheliers poursuivent leurs études dans le supérieur et, parmi eux, moins de la moitié avec succès. La moitié d'un tiers!! Mais qu'advient-il des autres? Cette écrasante majorité? Alors que leur nombre a doublé depuis les années 2000; le nombre de places en BTS, en IUT, filières les plus adaptées à leur cursus reste stable sur la même période.

Pour celles et ceux qui choisissent de rentrer dans la vie active, l'horizon est sombre: 60% de titulaires d'un CAP sont au chômage 7 mois après leur diplôme, et 30% le sont encore trois ans plus tard. Ces chiffres sont respectivement de 50% et de 24% pour les bacs professionnels.

Heureusement, il existe de belles réussites mais elles demeurent beaucoup trop rares. Notre système éducatif n'est pas en mesure de proposer une formation qui permette à tous les élèves de trouver leur place dans la société. La plus grave, c'est que la promesse d'égalité des chances cache en fait une sélection, un tri qui ne dit pas son nom.

L'Ecole républicaine est pourtant le pilier du contrat social français. La pauvreté en France ne saurait se résumer au spectacle poignant des sans-abri ou des files d'attente aux Restos du coeur. Si nous voulons vraiment la combattre, rompons avec le caritatif et attaquons-nous vraiment à la fabrique des pauvres: Notre Ecole !!!

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Dernière modification le mercredi, 17 octobre 2018
Figeac Patrick

Proviseur honoraire, bénévole à Radio 4 en Lot-et-Garonne, président d’une association intermédiaire par l’activité économique, auteur. Pour retrouver les chroniques sur http://www.radio4.fr/radio rubrique "Magazine", puis "Paroles".

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